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Saisie d'un camion-citerne de la Ben & Co avec à son bord 1, 3 T. de cannabis : La justice sénégalaise inculpe le chauffeur et l'apprenti et met hors de cause la Holding

Le Tribunal régional hors classe de Dakar a pris, le 30 janvier, une ordonnance inculpant le chauffeur Mamadou Traoré et son apprenti Bakary Diarra «d’association de malfaiteurs et de trafic international de stupéfiants» et restituant à la Holding Ben & Co son camion-citerne qui avait été saisi le 19 janvier précédent. Du coup, celle-ci est mise hors de cause, ce qui n’a rien d’étonnant.


Rédigé par leral.net le Lundi 2 Février 2009 à 03:46 | | 0 commentaire(s)|

Saisie d'un camion-citerne de la Ben & Co avec à son bord 1, 3 T. de cannabis : La justice sénégalaise inculpe le chauffeur et l'apprenti et met hors de cause la Holding
L'incident s'est produit le lundi 19 janvier, vers cinq heures du matin, à la sortie de Rufisque vers Dakar. Alertés, semble-t-il, par un coup de fil anonyme, des éléments de la Brigade de recherche du Commissariat de cette localité, située à 22 kilomètres de la capitale sénégalaise, ont interpellé un camion-citerne de la Holding Ben & Co, immatriculé CH 3694 / CH 5840. Une fouille rapide permettra la découverte de plusieurs sacs remplis de cannabis, estimés à 1 tonne 300 kg.

Le chauffeur, Mamadou Traoré et son apprenti, Bakary Diarra, ne tarderont pas à reconnaître leur culpabilité lors des interrogatoires auxquels ils seront soumis. Le premier avouera ainsi avoir été approché par un Sénégalais résidant à Bamako pour faire passer la marchandise en territoire sénégalais, moyennant un pécule de 150 000 F CFA.

Tous deux déclareront que leur employeur, la Holding Ben & Co, n'est en rien impliqué dans cette affaire.

Malgré tout, la Ben & Co procédera à leur licenciement immédiat et portera plainte contre eux pour avoir utilisé son véhicule à des fins de trafic illicite et atteinte à l'image de la Holding. Mieux, elle déplacera à Dakar son Directeur Général, Bouréma Bocoum, afin de dégager toute responsabilité auprès des autorités sénégalaises, leur offrir tout l'accompagnement et tout l'appui nécessaires pour l'éclatement de toute la vérité et livrer la bonne information à l'opinion sénégalaise et internationale, à travers une conférence de presse.

Celle-ci sera co-animée par Bouréma Bocoum et l'avocat sénégalais de la Holding, El Hadj Diouf. Une occasion pour les deux hommes de marteler que "la Holding Ben & Co n'est en rien impliquée dans cette affaire et dégage toute responsabilité la concernant. Elle ignorait tout des intentions du chauffeur Mamadou Traoré, pour qui il livrait la drogue et auprès de qui. Elle n'a jamais été liée, de quelque façon que ce soit, au trafic international de la drogue. Elle opère dans un domaine très lucratif qui est le pétrole et n'a nullement besoin d'aller s'éclabousser avec l'argent de la drogue".

A cet égard, il faut préciser que la drogue dont il s'agit est le cannabis, nom scientifique du chanvre indien, la drogue dite des pauvres, appelée aussi "l'herbe qui tue".

Cet aspect a dû être déterminant chez les autorités judiciaires sénégalaises qui ont vite compris que la Ben & Co, avec les dizaines, voire centaines de milliards de F CFA qu'elle brasse dans l'activité pétrolière au Mali et dans la sous- région ouest-africaine, ne peut se rabaisser en se livrant au trafic d'une drogue réservée aux plus pauvres. C'est pourquoi le 3e Cabinet d'instruction du Tribunal Régional hors classe de Dakar a inculpé et placé sous mandat de dépôt les sieurs Mamadou Traoré et Bakary Diarra pour «association de malfaiteurs et trafic international de stupéfiants», ce qui pourrait leur coûter entre dix et quinze ans d'emprisonnement, selon certaines sources.

En revanche, la même instance judiciaire "a ordonné la restitution de la cabine de camion Mercedes immatriculée CH 3694, la citerne immatriculée CH 5840 et le trousseau de clés du camion objet des scellés 12 et 13 du PV CUR du 19/01/ 2009 du CU de Rufisque à la société Ben & Co". (Voir fac-simile ci-dessous)

Pour éviter qu'un tel incident ne se reproduise, le PDG de la Holding Ben & Co, Alou Badra Coulibaly, a décidé de renforcer le dispositif sécuritaire autour de ses camions-citernes qui vont enlever les produits pétroliers aux ports de Dakar et d'Abidjan pour les acheminer sur les sites miniers de Sadiola, Morila, Loulo ou Bamako.

D'abord, la liste des produits interdits de transport est estampillée sur les portières des camions-citernes. Tout chauffeur qui ne la respecterait pas s'expose à un licenciement pur et simple, ce qui ne le mettrait pas à l’abri d’une poursuite judiciaire.

Ensuite, les policiers et gendarmes sont invités à fouiller systématiquement tous les véhicules de la Holding avant leur sortie du territoire national à destination de la Côte d'Ivoire et du Sénégal et à signaler toute anomalie décelée à la Direction de la Holding.

Pour rappel, la Ben & Co a été fondée en 1988 - elle a fêté avec faste ses vingt ans en octobre 2008- par un ingénieur chimiste, Alou Badra Coulibaly. Elle a été pionnière dans l'importation et la distribution des produits pétroliers parmi les promoteurs nationaux.

Au cours de sa première décennie d'existence, elle a été l'un des plus gros contributeurs au Trésor Public. Elle est spécialisée dans les grands approvisionnements et compte dans son portefeuille clients l'Office du Niger, la CMDT, SUKALA, EDM-SA, les compagnies minières sud africaines ou autres.

Pour l'exécution du faramineux contrat - près de 200 milliards de F CFA- qui la lie à ces dernières, elle s'appuie sur l'accompagnement de ECOBANK, le premier groupe bancaire en Afrique au sud du Sahara et de certaines banques locales.

En 2008, elle a exécuté un contrat d'approvisionnement de la Guinée Bissau en hydrocarbures et des perspectives se dessinent pour elles en Côte d'Ivoire et au Sénégal.






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