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Samedi, jour de Révolution au Parti socialiste

Ça passe ou ça casse, samedi au Parti socialiste (Ps). La formation politique du Secrétaire général Ousmane Tanor Dieng a convoqué son Comité central inaugural pour entériner les décisions issues du Congrès de juin dernier. Ces décisions sont marquées par des réformes qui vont remettre profondément en cause le fonctionnement du parti et vont menacer aussi des intérêts individuels et de groupes. Déjà, à Kaolack, les responsables n’émettent plus sur la même longueur d’ondes que leur leader, Ousmane Tanor Dieng, accusé de favoritisme. Les frondeurs menacent même de paralyser l’Union régionale. Alors que certains responsables se projettent sur la Présidentielle de 2017, le chargé de la communication des jeunesses socialistes des départements de Pikine et Dakar suggère à son parti de ne pas présenter de candidat. Non sans donner des arguments.


Rédigé par leral.net le Jeudi 18 Décembre 2014 à 16:19 | | 4 commentaire(s)|

Samedi, jour de Révolution au Parti socialiste
PROPOSITIONS A ENTERINER

Ces réformes qui vont chambouler le fonctionnement du Ps

Le Parti socialiste (Ps) sera méconnaissable après le week-end prochain. Cette formation politique se prépare à une mue, voire une révolution. Tout va se jouer lors de la réunion du Comité central inaugural convoqué, après-demain samedi, pour entériner les décisions du Congrès tenu au mois de juin 2014. Lesquelles décisions vont aboutir à une mutation profonde. C’est le cœur du fonctionnement du Parti socialiste qui est touché avec des réformes très importantes.

Les nouveaux éléments de la refonte du Comité central

Ces réformes vont, d’une part, toucher le Comité central lui-même. Cette structure sera chamboulée aussi bien dans sa composition que dans sa structuration. Le nombre des membres du Comité central va sensiblement augmenter. D’environ 600 membres, il va passer à plus de 1 000 membres. Une évolution numérique qui s’explique par la hausse des coordinations qui sont maintenant à près de 138, réparties dans les 14 Unions régionales du Sénégal. Chacune des coordinations devra être représentée dans le Comité central par au moins trois membres, dont un adulte, une représentante des femmes et un(e) mandant(e) des jeunes.

Seulement, le nombre de représentants des coordinations dans le Comité central n’est pas fixe. Il sera calculé au prorata des cartes vendues lors des renouvellements. A ce nombre, il faudra ajouter les représentants des structures nationales des jeunes, des femmes, des cadres, des universitaires, sans compter d’autres responsables cooptés en qualité de leur profil personnel. L’autre innovation à entériner sur le fonctionnement du Comité central, c’est la mise en place de commissions techniques spécialisées qui seront confiées à des personnes ayant les compétences de faire valoir ces commissions.

Vers la mise en place d’un Bureau exécutif national d’environ 20 membres

Les mutations annoncées au Parti socialiste intègre, d’autre part, la mise en place d’une nouvelle instance. Sauf changement de dernière minute, elle devra se nommer Bureau exécutif national. Cette entité sera une formule plus légère du Bureau politique traditionnel qui, du reste, sera maintenu avec quelques améliorations dans son fonctionnement.

Même si sa composition reste à être déterminée, le Bureau exécutif national devrait accueillir une vingtaine de membres dont les patrons de certaines Unions régionales. Pour le moment, le Ps ne compte pas suivre le découpage administratif des régions. L’option prise est de partir des anciennes zones géographiques comme les régions du Fleuve, de la Casamance naturelle, du Cap-Vert… pour former le Ben. La composition sera complétée par des propositions faites par le Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng. Ce schéma, encore à l’étude, devrait permettre au leader élu d’avoir les coudées franches durant tout l’exercice de son mandat.

Ce Ben ou groupe restreint aura, entre autres, les missions de préparer les réunions du Bureau politique, d’exécuter les tâches urgentes dévolues au Bp. Il sera, en quelque sorte, l’Exécutif du parti. Le leadership de la formation politique devra être incarné par ce groupe restreint qui seconde aussi le Secrétaire général dans l’exécution de ses missions.

Des adjoints pour Tanor, un Bureau politique hiérarchisée

Par ailleurs, le Bureau politique, tel que pensé par les socialistes dans les réformes à faire entériner par le Comité central, pourrait subir des modifications. La possibilité d’en faire une structure hiérarchisée n’est pas à écarter. Cela devrait aboutir à la désignation de Secrétaires généraux adjoints. Si la formule est adoptée, il reviendra au Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng, de désigner ses adjoints en tenant compte du rang des uns et des autres.

L’instauration de la loi sur la parité peut aussi intégrer les changements en vue au Parti socialiste (Ps). La présidente du Mouvement national des femmes du Ps, Aminata Mbengue Ndiaye, s’active pour faire appliquer la parité dans le prochain Bureau politique du parti. Elle en a déjà parlé à certains de ses camarades de parti. Mais, aux dernières nouvelles, la question a été laissée à l’appréciation du Secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng, qui n’avait pas encore dit son dernier mot.

Ces mutations attendues au sein du Ps sont un exercice risqué. La nécessité de rajeunir l’équipe et la volonté de donner une place importante aux femmes dans les différentes structures ne seront pas sans faire naître des frustrations. Les enjeux sont énormes en raison des batailles de positionnement et des combats pour des survies… politiques. La réunion du Comité central est aussi une rencontre qui devra aboutir à la conciliation des intérêts divergents. Deux camps s’opposent déjà, en douce. Il s’agit, d’une part, des loyalistes dévoués qui ont toujours défendu les intérêts du parti, malgré les positions inconfortables dans lesquelles ils sont installés. D’autre part, il y a les activistes et «puissants financiers» et/ou privilégiés de l’âge. L’arbitrage ne sera pas sans difficulté, surtout dans un contexte où le parti s’inscrit dans une dynamique de recrutement de jeunes à qui il faut présenter un modèle attrayant et une offre programmatique convaincant. Un nouvel avenir du Ps en construction… Avec tous ses risques.

L'Observateur






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