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Santé: Obama marque un point devant la Cour suprême

le 29 Juin 2012 à 15:10 | Lu 398 fois

À cinq mois de la présidentielle, sa grande loi sur la santé est validée.


Santé: Obama marque un point devant la Cour suprême
Barack Obama a dû pousser un immense soupir de soulagement. Après un suspense qui aura duré depuis mars, la Cour suprême lui a finalement donné raison jeudi: sa loi sur l'assurance-maladie est constitutionnelle et sera maintenue dans sa totalité.

À 10 heures moins une à Washington, tous retenaient leur souffle. Le président et son équipe, retranchés dans le Bureau ovale, sur des charbons ardents; la classe politique américaine, les lobbys pharmaceutiques et ceux des assureurs, les associations de patients et de médecins, les administrations des hôpitaux; et des dizaines de millions de citoyens sans assurance. Dans une ville où tout, d'ordinaire, se sait à l'avance, nul, à part les neuf sages de la Cour, ne pouvait dire qui allait l'emporter: le président et sa loi pour la santé ou les 29 États, soutenus par le Parti républicain, qui avaient soumis la constitutionnalité de l'«Obamacare» aux juges suprêmes. Des centaines de citoyens faisaient le pied de grue sur les marches de marbre blanc de la Cour: militants du Tea Party, allergiques à une loi qui «brime leur liberté», partisans de la législation qui voient dans l'accès universel à l'assurance-maladie «un devoir» de la nation, constitutionnalistes à l'affût des arguments de la Cour, tous voulaient être là pour ce moment historique, de nature à peser lourdement dans la campagne pour la présidentielle de novembre.

Une énergie colossale
C'est à dix heures passées que le suspense s'est dénoué. Aux cris de «Oyez, Oyez», qui accompagnent les décisions des neuf sages, le président de la Cour suprême, John Roberts, un juge conservateur nommé par George W. Bush, a prononcé le verdict, point d'orgue d'une décision juridique complexe. L'enjeu central était de savoir si l'obligation de s'assurer, imposée par la réforme d'Obama, était conforme à la Constitution. L'Administration démocrate avait défendu sa position au nom de la «clause du commerce», qui donne pouvoir au Congrès pour réguler les relations économiques entre États. La partie adverse estimait que cette obligation était une atteinte aux libertés des Américains. La Cour a surpris tout le monde en estimant que la clause du commerce ne pouvait s'appliquer, mais que l'État fédéral pouvait taxer les citoyens qui refuseraient de s'assurer, en vertu de ses droits d'imposition. Quatre juges libéraux et Roberts lui-même ont voté pour le maintien de la loi, les 4 autres juges conservateurs votant contre cette législation phare de l'Administration Obama.

Ce résultat est un succès majeur pour le président à cinq mois du scrutin. Toute autre issue aurait constitué un «Trafalgar politique», vu l'énergie colossale dépensée durant quatorze mois pour faire passer cette loi au forceps. La décision de la Cour est aussi une défaite cuisante pour les républicains, qui ont tout fait pour barrer la route à la réforme. Certains analystes prédisent que cet échec mobilisera les «troupes républicaines» lors du scrutin de novembre.

Jeudi, les leaders de l'opposition ont promis de lancer une contre-offensive au Congrès dès juillet pour abroger la loi. «Si je suis élu, je ferai abroger “Obamacare”, car c'est une mauvaise loi», a réagi Mitt Romney, invitant les Américains «à se débarrasser» du président pour «prévenir des milliards de déficits supplémentaires» avec l'extension de la couverture santé à quelque 30 millions de citoyens.

Beaucoup d'assurés craignent de voir leur police augmenter à partir de 2014, quand la mesure deviendra obligatoire. Près de 56% des Américains se disent toujours opposés à la réforme. La Cour n'a pas clos le psychodrame américain sur la santé, qui divise la nation depuis un siècle.


Par Laure Mandeville