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Sarkozy nomme un préfet noir : La France fait son show autour de N’Gahane

Rédigé par leral .net le 13 Novembre 2008 à 10:57 | Lu 1011 fois

Hier, le Conseil des ministres français a nommé un Préfet d’origine camerounaise à la tête du département des Alpes-de-Haute-Provence. Une première pour un noir venu d’Afrique. Cette nomination qui intervient une semaine seulement après l’élection de Barak Obama aux Etats-Unis a du mal à être dissocié de cet évènement.


Sarkozy nomme un préfet noir : La France fait son show autour de N’Gahane
Le gouvernement français a beau s’en défendre, mais il est difficile de croire qu’il n’est pas en train de surfer sur la «vague Obama». Tant l’avènement d’un noir à la Maison blanche a suscité des critiques à l’encontre du modèle politique français. En effet, depuis une semaine, les comparaisons vont bon train. Et le lobbying noir s’active sans ménagement pour réclamer plus de considération. En témoigne cette audience du président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Patrick Lozès, lundi à l’Elysée où il a réclamé plus d’effort en matière de diversité. Il a été entendu, pourrait-on être tenté de dire. Car, le premier geste est tombé hier, avec la nomination, par le Conseil des ministres, de Pierre N’Gahane comme Préfet des Alpes-de-Haute-Provence.


Tous ces facteurs font donc croire que la France veut réparer sa mauvaise réputation, en donnant plus de places aux minorités issues de l’immigration. Mais pour le camp au pouvoir, il n’en est rien. Toute la journée, des personnalités de l’Ump et du gouvernement ont tenté de convaincre que la nomination de M. N’Gahane n’a nullement été encouragée par l’élection de Barack Obama. Simple hasard du calendrier, fait-on croire.


«C’est simplement la reconnaissance des qualités d’un homme qui exerçait déjà les fonctions de préfet», a soutenu la ministre Michèle Alliot-Marie, interrogée par la presse accréditée à l’Elysée. «Je ne pense pas que Nicolas Sarkozy ait entendu un quelconque effet en quoi que ce soit et de quiconque pour pouvoir faire ces actions volontaristes pour que l’élite, pour que la France d’en haut ressemble à la France d’en bas», appuie la Garde des sceaux, Rachida Dati, autre symbole de la diversité. Qui, néanmoins, laisse entendre que c’est une discrimination positive et qu’elle l’approuve : «C’est une politique volontariste d’intégrer une population qui au départ de la vie a plus de difficultés, c’est d’aider beaucoup plus ceux qui ont beaucoup moins au départ. Regardez son gouvernement, je crois qu’on semble l’oublier. Peut-être qu’Obama s’est inspiré du gouvernement français.»
De son côté, le numéro un de l’Ump, Patrick Devedjian, s’est empressé de préciser que N’Gahane n’est pas le premier noir à accéder à cette fonction : «Ce n’est naturellement pas le premier préfet noir que nous avons, mais c’est sans doute le premier préfet d’origine étrangère, les autres étant d’origine antillaise et donc français depuis Louis XIV.»


L’intéressé, lui-même, rejette aussi tout lien direct de sa nomination avec l’élection d’Obama. «C’est un aboutissement normal. Il y a un mois que j’ai été informé de cette nomination (…) J’estime qu’il y a une coïncidence des agendas», a-t-il réagi sur le 20 heures de France 2. En ajoutant : «notre pays a connu une série de flux migratoires, il faut que toute la société française se retrouve dans les médias, et dans les autres sphères.»
Né au Cameroun il y a 45 ans, cet économiste devient en tout état de cause le premier noir d’origine africaine à accéder à ce haut poste de la Fonction publique française. Sur le plan personnel, c’est une promotion. Car, depuis janvier 2007, M. N’Gahane est préfet délégué pour l’égalité des chances, auprès du préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.


Le nouveau préfet a tout de même un Cv bien garni. Arrivé en France à 18 ans pour y faire ses études supérieures, il décroche quelques années plus tard un doctorat en Sciences de gestion à l’Université de Lille-II. Sa thèse portait sur le marché du pétrole brut.


Il enseigna ensuite l’économie à l’Iéseg, une école de commerce et de gestion dépendant de cette Université, et à la Faculté libre des sciences économiques. Il sera d’ailleurs doyen de cette faculté de 1995 à 2005. De 1997 à 2000, il est le vice-président de la Faculté, chargé de la Recherche. Avant d’exercer, à partir de 2003, la fonction de vice-président chargé des questions de sens, solidarité et société.
Pour saluer son engagement, une réception a été organisée hier soir en son honneur à la mairie de Marseille. Les représentants d’associations lui ont rendu un vibrant hommage.

source le quotidien