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Sarkozy s'excuse auprès des Harkis et courtise le vote pied-noir

le 9 Mars 2012 à 18:24 | Lu 929 fois

Sarkozy s'excuse auprès des Harkis et courtise le vote pied-noir
Au mea culpa personnel succède le mea culpa national. En déplacement de campagne ce vendredi à Nice, dans les Alpes-Maritimes, Nicolas Sarkozy a reconnu que les autorités françaises s'étaient rendues coupables "d'injustices" et "d'abandon" à l'endroit des harkis après la fin de la guerre d'Algérie et que la France avait une "dette" à leur endroit.

Lors de sa campagne électorale en 2007, Nicolas Sarkozy avait promis, s'il était élu, de reconnaître "officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre des harkis".

Cinq ans après, ni la reconnaissance d'une loi mémorielle, ni les réparations un temps suggérées, n'ont vu le jour. "Nous, les autorités, nous avons une dette à l'endroit des harkis (...) mais je ne veux pas que cette dette soit portée par une communauté nationale qui n'y était pour rien", a plaidé Nicolas Sarkozy, semblant écarter de fait toute réparation financière revendiquée par la communauté.

"Je suis venu porter témoignage de cette injustice pour qu'au fond, vous-mêmes, les descendants de harkis, vous puissiez pardonner ce qui est arrivé à vos parents", a néanmoins déclaré le candidat de l'UMP à l'occasion d'un discours prononcé devant des associations de familles de rapatriés d'Algérie et de harkis.

"Les harkis et leurs familles ont le droit au respect. Insulter un harki, c'est insulter un soldat français", a-t-il encore estimé, ajoutant qu'il "n'avait cessé de défendre" leur mémoire. "Les harkis ont le droit à ce respect, à cette reconnaissance, et ont le droit qu'on leur dise qu'à l'époque, les autorités françaises ne se sont pas bien comportées à l'endroit de ceux qu'elles auraient dû protéger".


Rapatriés: un électorat à reconquérir
Ce geste du candidat UMP, à dix jours des commémorations du cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie, n'intervient pas tout à fait par hasard. Dans un entretien accordé au quotidien Nice-Matin, Nicolas Sarkozy écarte toute "repentance" sur la guerre d'Algérie mais reconnait les souffrances qu'on enduré harkis et pieds noirs. "Les rapatriés et les harkis ont été les victimes de la décolonisation" et "chaque Français doit être conscient des souffrances qu'ils ont endurées", assure-t-il.

Selon une étude du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), "on recenserait actuellement 2,7% de personnes se définissant comme pied-noir". Elargie aux personnes revendiquant une ascendance pied-noir, cette "communauté" pèse jusqu'à 7,3% de la population française figurant sur les listes électorales, soit 3,2 millions de votants potentiels à la présidentielle de 2012. "Elle constitue dès lors un électorat important et dont les préoccupations peuvent devenir des enjeux significatifs dans la campagne présidentielle", note le Cevipof.

Fortement concentrée dans le sud de la France, la communauté dite des rapatriés d'Algérie est aussi et surtout un formidable réservoir de voix pour Nicolas Sarkozy pour le second tour. Car au premier, c'est Marine Le Pen qui arriverait en tête avec 28% des intentions de vote, juste devant Nicolas Sarkozy et François Hollande (26%). Une situation qui a évolué avec le temps. En 2007, ils avaient voté à 31% pour Nicolas Sarkozy, à 20,5% pour la candidate socialiste Ségolène Royal et à 18% pour Jean-Marie Le Pen.


Le FN accuse Nicolas Sarkozy de "manipulation"
Cette entreprise de séduction du président sortant à l'égard d'un électorat qui lui est favorable n'a pas échappé au Front national. Fondé en 1972, notamment par des partisans de l'Algérie française, le FN a toujours fait de la question des harkis un symbole.

"La chasse aux voix est ouverte, mais les rapatriés et harkis ne seront pas dupes. Ils n'attendent plus rien de ces gouvernements de menteurs. Durant quarante ans ils ont été trompés par la gauche et par la droite", a attaqué Louis Alliot, le numéro 2 du FN, après la publication de l'interview de Nicolas Sarkozy dans Nice-Matin.

Le chef de l'État y avait lancé un appel sans ambiguïtés aux électeurs du FN: "Ce n'est pas le Front national qui les protégera de la crise, ce n'est pas le Front national qui créera de la croissance en sortant de l'euro".

SOURCE:huffingtonpost.fr


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