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Savoir comprendre Mahammed Dionne !


Rédigé par leral.net le Jeudi 13 Novembre 2014 à 09:42 | | 0 commentaire(s)|

Savoir comprendre Mahammed Dionne !
La déclaration de politique générale(Dpg) du troisième Premier ministre du Président Macky Sall s’inscrit indubitablement dans une logique de rupture et d’innovation. Loin d’être un discours de plus, l’exercice a été plutôt un éclairage sur la vision à moyen et long terme de l’actuel locataire du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor. Avec à l’appui un chronogramme, un plan d’action et des modes de financements identifiés. Le champ lexical dépouillé du Premier ministre s’abreuve de vocables concrets comme la mise en œuvre, l’opérationnalisation, les stratégies, la transformation structurelle, l’évaluation ou la reddition des comptes. Rien à voir avec les déclarations d’intention qui s’inspirent mal de béquilles n’ayant trait aux principes généraux. Pour la première fois dans l’histoire politico-institutionnelle du pays, un pari clair, net et précis est décliné en faveur de l’agriculture, socle du Plan Sénégal émergent(Pse).Un échéancier et des instruments de mesure ont été aussi rendu publics. De quoi s’isoler du pilotage à vue qui avait jusque là droit de cité dans ce domaine sensible de l’économie nationale. Le secteur primaire ,pilier de cette stratégie innovante est donc appelé à assurer l’autosuffisance en riz à l’horizon 2017 au moment où la facture annuelle des importations de cette denrée de consommation courante avoisine la somme faramineuse de 500 milliards de francs cfa.Ce nouveau programme agricole est pourtant au cœur d’une controverse politicienne de mauvais aloi. Certains ont poussé le bouchon trop loin en trouvant l’objectif trop ambitieux au point de paraître pour des pessimistes, voire des Sénégalais au patriotisme douteux. C’est mal connaître les tendances actuelles d’un marché international du riz dont le caractère aléatoire n’est plus à démontrer avec à la clé des variations climatiques (inondations entre autres) qui ont fini de convaincre l’Asie du sud-est à se recroqueviller sur elle-même. Au grand dam des pays non producteurs comme le Sénégal. A l’évidence, cette volonté politique forte et affirmée d’atteindre l’autosuffisance en riz est dictée par les contraintes du marché. Notre pays n’a même plus le choix de rester dans cette dynamique d’importation d’une denrée dont il ne maîtrise point les nombreuses fluctuations. Plusieurs pays africains comme la Côte-Ivoire, le Rwanda et même la Gambie voisine ont déjà lancé leurs programmes d’autossufisance.Mieux, le voisin malien est en passe de réussir ce pari jugé audacieux par les plus pessimistes à la faveur des investissements massifs consentis par la puissance publique par le biais des activités de l’office du Niger. Alors, qu’est ce qui doit freiner la noble ambition du Sénégal d’aspirer à l’autosuffisance en riz ? Y-a-t-il des lobbies tapis dans l’ombre qui travailleraient à saper ce dessein louable ? Toujours est –il que l’articulation entre les ambitieux programmes liés à l’agriculture, les infrastructures et l’énergie augure de lendemains meilleurs pour ce pays doté d’énormes potentialités en sus d’un capital humain de qualité. La mise en musique de cette symphonie qui s’annonce ne se fera qu’avec une administration rénovée, réactive, dépouillée de ses scories et de ses sempiternelles lenteurs. D’ou la pertinence des réformes annoncées d’ici fin 2015 pour l’émergence d’une administration moderne, motivée et prête à donner l’impulsion pour une mise en œuvre diligente du Pse.

Mamadou Lamine DIATTA, journaliste spécialisé en Economie et finances.
Email : mamadoulaminediatta@gmail.com







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