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Scandale : Un marché de gré à gré entre la fédération de football et Romai Sports, le nouvel équipementier des Lions du Sénégal, La fédération et le ministre restent muets

La fédération sénégalaise de football est au cœur d’un nouveau scandale qui est loin de livrer tous ses secrets. Son président, Augustin Senghor, et son instance dirigeante sont accusés d’avoir octroyé, de gré à gré, le marché de l’équipement de l’équipe nationale à un illustre inconnu, alors que de grandes marques étaient intéressés pour habiller les Lions de la Téranga.


Rédigé par leral.net le Mercredi 16 Novembre 2016 à 11:14 | | 8 commentaire(s)|

Scandale : Un marché de gré à gré entre la fédération de football et Romai Sports, le nouvel équipementier des Lions du Sénégal
Scandale : Un marché de gré à gré entre la fédération de football et Romai Sports, le nouvel équipementier des Lions du Sénégal
Le monde de football est dans tous ses états. A l’origine de cette colère noire et la campagne de dénonciation qui suivra, sous peu, se trouve le choix non expliqué de M. Augustin Senghor, le président de la fédération sénégalaise de Football et son comité exécutif, de jeter leur dévolu sur un illustre amateur de l’habillement sportif. Romai Sports, la petite firme dubaïote a été choisie pour habiller nos Lions de la Téranga, pour les deux prochaines années, alors que de grands noms de l’équipement sportif ont courtisé le Sénégal pour se voir exclus sans aucune raison exprimée.

Séparés de son ancien équipementier, Puma -qui avait depuis deux ans exprimé sa volonté de ne pas renouveler son contrat avec les Sénégalais-, les Lions de la Téranga étaient sans habilleur officiel. Au regard de sa collaboration avec le Sénégal, (2006-2016) Puma avait jugé que les Sénégalais n’étaient attractifs: depuis 2002, l’équipe nationale n’a jamais été en Coupe du monde et les Lions n’ont jamais dépassé la phase du premier tour de la Coupe d’Afrique des Nations.

Ce motif valable de divorce est accentué par le fait que Puma s’est désengagé de 90% des équipes nationales africaines jugées non performante sur le plan commercial. « Aussi, il faut noter que Puma n’a jamais respecté les engagements qu’il avait signés avec le Sénégal« , a déclaré un officiel sénégalais qui a préféré garder l’anonymat.

Quels étaient ces engagements? Qu’est ce qui a été fait? Qu’est ce qui n’a pas été fait? Silence et boule de gomme. Ni notre informateur au sein de la fédération comme nos interlocuteurs au sein de Puma n’ont voulu en dire un mot.

Le seul qui a voulu témoigner, au cours de notre enquête, est un ancien international sénégalais, gêné par la tournure que ce scandale est en train de prendre dans le milieu du football international. « Elle (Puma) s’était engagé à ouvrir un ou des magasins au Sénégal; cela n’a jamais été fait. A fournir un ou deux bus à l’équipe nationale, cela n’a jamais été fait. Elle devait aider -ou accompagner- l’ensemble du football sénégalais, cela n’a jamais été fait. Ils se sont juste limité au minimum; en offrant juste des maillots et quelques affaires à l’équipe nationale. » A t-il reconnu, exigeant de ne pas être « mêlé à tout ça. »

Exit Puma, la fédération avait deux ans pour se choisir un nouvel équipementier. Entre temps, l’équipe du Sénégal est devenue attractive. Au classement FIFA, les Lions de la Téranga pointent 3 eme juste derrière la Côte d’Ivoire et l’Algérie; une aubaine pour tout équipementier qui a de l’ambition. Du diamant brut pour le comité exécutif de la fédération; conscient qu’il est de la valeur marchande de son bijou.

Ils cachent le cahier des charges à tous pour décourager tout le monde

« Plus tu as un bon classement FIFA, plus tu es attractif. Et c’est cela que les équipementiers cherchent. Donc, tout ce qui permet au Sénégal de prétendre aux meilleurs marques. » A déclaré un agent sénégalais de joueurs.

Ironie du sort, quand tout le monde est à la recherche du Sénégal, ses dirigeants se murent dans un silence assourdissant, obligeant les meilleurs à venir leur faire la cour à Dakar ou à les choper lors de leur déplacement internationaux.

Du haut de sa tour de verre, Augustin Senghor confortablement assis dans son fauteuil a été contacté par Kaapa Sport. « Mais, soutient un témoin de ce lobbying avorté, lui, il voulait Nike et s’est même approché de la fédération française de football pour qu’on les mette en contact. Mais, Nike n’a jamais été emballé par le Sénégal; même si la marque a fait une offre inférieure à celle de Puma. »

Sans qu’on ne connaisse ce qu’ils se sont dit, la fédération n’a pas donné de suites à cette offre. Et Adidas qui est, aussi, dans la cour des grands est restée dans son coin.

De son coté, fatiguée de ne pas recevoir de réponses à ses nombreux emails et coups de fil, la marque Kaapa est venue vers le Sénégal et commencé à faire des propositions. « Mais, dénonce une source française proche des milieux du football, rien n’a été fait dans les règles de transparence. » Le Sénégal n’a jamais accepté de faire d’appel d’offres, il n’a jamais accepté de donner de cahier de charges et a entrevu le suspens permanent; laissant croire à Kaapa que le marché lui était acquis.

Pourtant, sans cahier des charges, aucun appel d’offres n’est possible. Aucune marque ne pouvait alors soumissionner; puisqu’elle ne pourra pas connaitre les besoins du Sénégal, alors que tout le système est en demande de moyens. A la suite de Kappa, c’est Umbro –l’équipementier de Manchester United- qui s’est intéressée au Sénégal.

Ils font traîner les grands pour choisir une inconnue

Elle aussi a demandé le cahier des charges. « A défaut d’obtenir ce document qui semble être devenu un secret d’Etat, ils ont demandé celui qui avait été remis à Puma pour s’en référer. Mais, les fédéraux sont restés de marbres. » Accuse notre source.

Quand la fédération a refusé de leur remettre ce fameux cahier, les lobbyistes de Umbro et Kappa sont allés taper à la porte du ministre des Sports, Mactar Bâ, lui demandant d’intervenir pour trouver une solution au problème sénégalais.

A Kewoulo.info, nous avons fait la même démarche en contactant directement le ministre. Mais, comme ce sujet est sensible et personne ne semble vouloir se mouiller, Mactar Bâ n’a pas jugé utile de nous répondre.

« Néanmoins, le ministre a eu la clairvoyance de faire une ordonnance à la fédération pour qu’il donne un cahier de charges aux équipementiers. Mais, ce dernier a refusé de répondre à son ministre de tutelle. » Confie une source proche du ministère des Sports.

La seule fois qu’il a ouvert la bouche sur le sujet, Mactar Bâ a déclaré que « la fédération est indépendante et le ministère des Sports n’a aucun pouvoir sur elle. » Une manière polie de dire qu’il est incapable de demander quoi que ce soit à Augustin Senghor. Comme son ministre de tutelle, le président de la fédération na pas répondu à nos messages et demandes d’explication.

La fédération et le ministre restent muets

Pire, outragé de recevoir des questions dérangeantes de Kewoulo.info, Amadou Kane, le vice président de la fédération, a déclaré : « vous êtes nuls. Je ne parle pas aux journalistes qui ne connaissent rien. » Mais, deux minutes après nous avoir raccrochés au nez, «le super brillant» vice-président de la fédération sénégalaise de football nous a rappelés. « Je voulais juste vérifier que c’est le bon numéro. Vous verrez avec moi » (sic) A Kewoulo.info, on attend toujours de voir.

Dans son règlement intérieur, la CAF exige de toutes les équipes participant à la CAN de présenter leur équipementier deux mois avant l’ouverture du championnat. Or, jusqu’en cette fin Octobre, le Sénégal n’avait pas, officiellement, porté son choix sur une marque. Ses équipes nationales ne s’habillaient qu’avec de vieux jeux de maillots offerts par Puma. « D’ailleurs, soutient un membre du staff de l’équipe nationale, après chaque match on récupère les maillots pour les laver. Pire, il nous arrive même d’avoir un haut qui n’est pas conforme au bas de maillot. » Ironise t-il.

Pendant ce temps, plus le temps passait, plus le Sénégal s’approchait de la date fatidique exigée par la CAF. Mais, bizarrement, loin d’être préoccupé, le trio du comité exécutif était serein; sûr certainement d’avoir conclu un accord caché à tous.

C’est ce mystérieux équipementier qui a été annoncé à l’opinion, ce 2 novembre, à une semaine de la date limite -qui était le 10 Novembre- mettant tout le monde devant le fait accompli. Espérant, ainsi, éviter toute contestation de leur choix: Romai Sports.

Le monde entier mis devant le fait accompli

Illustre inconnu du monde du football, Romai Sports choisi par le comité exécutif du football sénégalais n’existe que depuis le 18 juillet 2012; soit 4 ans d’existence et n’a aucune expérience de l’habillement d’une grosse équipe nationale; en dehors de celle symbolique de la Jamaïque. C’est une petite firme des Emirats Arabes Unis -créée par Khamis Al-Rumaithy, un businessman dubaïote- et qui n’a même pas pu habiller l’équipe nationale de son pays. Interpellés pour connaitre les tenants et les aboutissants de cet accord qui fait de Romai l’habilleur de notre équipe nationale, les officiels Sénégalais refusent de se prononcer.

Au ministre des Sports comme aux membres de la fédération, Kewoulo.info a posé les questions suivantes: « Pourquoi avoir choisi un illustre inconnu alors que les grands du monde se sont offerts au Sénégal? Qu’est-ce que Romai vous a proposé pour refuser de recevoir d’autres offres? Pourquoi avoir attendu le dernier moment pour rendre public le choix du comité exécutif?

A toutes ces questions, nous n’avons reçu que le silence méprisant des officiels sénégalais. Une attitude louche qui fait naître des suspicions dans nos têtes d’investigateurs.

Source : Kewoulo
 






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