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Scandale au Niger : Le Président Mahamadou Issoufou « financé » par un narcotrafiquant

le 6 Novembre 2015 à 09:15 | Lu 1117 fois

A l’occasion des élections législatives de février prochain, la liste du parti présidentiel (PNDS) pour la ville d’Agadez dans le nord du Niger devrait être conduite par le narcotrafiquant Shérif Abidine surnommé « Shérif Cocaïne » (voir ci-contre) et l’ancien rebelle touareg Rhissa Ag Boula.


Scandale au Niger : Le Président Mahamadou Issoufou « financé » par un narcotrafiquant

 

La liste socialiste à Agadez devrait être conduite, aux prochaines élections législatives de février, par un ticket sulfureux, à l’image de la réputation de la région du Nord du pays, où le tourisme n’est plus, depuis longtemps, qu’un lointain souvenir.

Cocaïne et Azawak

De rébellions en incursions djihadistes, la région Nord a du mal à se développer dans un cadre démocratique et légal, les trafics en tous genres offrant, depuis déjà des années, des revenus nettement plus rapides à ses natifs anciens nomades, jardiniers, guides touristiques ou chameliers. La fédération locale du parti au pouvoir (Parti nigérien pour la Démocratie et le Socialisme) est dirigée par Shérif Abidine, tout puissant opérateur économique arabe, grand argentier du parti dans la région, propriétaire d’une compagnie de bus et souvent surnommé Shérif Cocaïne, en raison des activités occultes qui seraient à l’origine de sa fortune.

Très logiquement, Shérif devrait conduire la liste mais flanqué d’une autre personnalité haute en couleur de la région, Rhissa Ag Boula, l’ancien chef rebelle touareg des années 90, comme suppléant. Très actif en affaires, Shérif Abidine démissionnerait de son poste dès son élection pour laisser le fauteuil à Rhissa Ag Boula. En effet, la Constitution nigérienne interdit aux députés de concourir aux marchés publics.

Rhissa Ag Boula, en sommeil politique depuis plusieurs années, s’est imposé dans l’entourage présidentiel depuis plusieurs années, via Shérif Abidine. Chef du Front de libération de l’Aïr et de l’Azawak, puis ministre du Tourisme de 1997 à 2004, il a vu sa carrière brisée par une accusation de meurtre de son rival politique au sein du parti MNSD, Adam Amangué. Elu conseiller régional en 2011, Rhissa Ag Boula s’est rapidement rapproché du régime, en défendant, notamment, une position officielle très hostile aux rebelles touaregs maliens.

La liste devra être validée officiellement par les différents comités du parti.

Sur cette liste, le Premier ministre Brigi Raffini pourrait figurer au titre de la circonscription de Tchirozérine, en troisième position, et l’actuel ministre de la Santé, Mano Aghali, natif de Timia, en cinquième position, ne serait pas éligible.

Mondafrique