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Sciences et techniques de l’Information: Le Cesti de Dakar à la reconquête de sa notoriété

Le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) de Dakar est un établissement de référence en Afrique. Mais depuis quelques années, l’école a perdu de son lustre d’antan du fait de certaines difficultés liées à son fonctionnement. Dans cet entretien qu’elle a accordé à Fasozine.com, le vendredi 5 mars 2010 dans l’enceinte même de cette structure, l’actuelle directrice de ce centre de formation, Eugénie R. Aw parle des mesures mises en place pour redonner au Cesti sa notoriété de l’époque et de la formation sur la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) que son établissement a accueillie.


Rédigé par leral.net le Samedi 13 Mars 2010 à 03:46 | | 1 commentaire(s)|

Eugénie R. Aw
Eugénie R. Aw
Fasozine.com: Que ressentez-vous en recevant des journalistes professionnels de l’espace Cedeao au Cesti pour une formation?

Eugénie R. Aw: C’est toujours un enrichissement pour le Cesti, de recevoir des journalistes professionnels venus de pays africains. Si nous donnons de la formation initiale à des jeunes qui n’avaient aucune connaissance véritable du journalisme, notre vocation est également de renforcer les capacités des journalistes déjà en activité, dans différents domaines. Pas seulement des journalistes sénégalais, mais aussi ceux venant de la sous région et d’autres régions africaines.


La réputation du Cesti de Dakar est grande, et de l’extérieur, on imagine cette structure dans un bâtiment plus imposant, ce qui n’est pas le cas.

Vous avez tout à fait raison. Moi-même, je suis quelques fois gênée de cette situation, quand je sais la réputation qu’avait le Cesti et au vu de ce qu’il est devenu aujourd’hui. C’est un problème récurrent qu’on connaît en Afrique depuis de nombreuses années. Le Cesti a été porté à bout de bras par le Canada pendant près de deux décennies. Juste après le départ du Canada, on a un peu continué sur la pente ascendante. Ensuite, le financement n’était plus au rendez-vous. Il n’y avait pas de volonté réelle d’avoir un financement conséquent, et probablement, les intérêts des uns et des autres qui étaient multiples n’étaient pas exclusivement centrés sur la vision du Cesti. Il y a aussi eu le passage d’une institution plus ou moins dépendante à une institution universitaire. Il y a aussi des difficultés d’investissement au niveau des infrastructures et dans d’autres domaines qui ont entraîné la dégradation du bâtiment du Cesti. Quand je suis arrivée à la direction, l’une des premières choses qu’on a eues à faire, parce qu’on n’avait pratiquement aucun moyen, c’est d’essayer de nous mettre à jour sur le plan pédagogique. Cela ne demandait pas beaucoup de moyens et me semblait important. Il fallait beaucoup d’investissement humain. Puis, petit à petit, faire en sorte que les bailleurs de fonds et les partenaires recommencent à s’intéresser à l’institution qui avait perdu un peu de son crédit. Pour que cette confiance se réinstalle, il a fallu éponger les dettes, travailler pour assainir les bases en terme de gestion. Nous avons aussi tenté d’investir dans les nouvelles technologies. Le matériel était resté ce qu’il était dans les années 80, il a fallu investir pour la radio et se mettre à l’heure du numérique. Nous avons introduit la formation en multimédia, et je pense que dans très peu de temps, le Cesti sera à la hauteur sur le plan équipement. Il restera les infrastructures et tout le travail d’anticipation sur les changements qui peuvent advenir dans la profession. C’est-à-dire développer les nouveaux métiers de l’audiovisuel. Pour cela, il nous faut des infrastructures conséquentes. Mais comme je finis mon mandat dans un an, cela restera un rêve, car je ne serai pas là pour voir ce qui va être fait par la suite, mais j’espère vraiment que cela sera fait.


De grands journalistes sont sortis de cette école, quel est donc le secret du Cesti ?

Le Cesti a été un grand succès. Son secret, c’est d’avoir fait en sorte qu’il y ait un encadrement africain extrêmement compétent et dévoué, que ce soit les enseignants universitaires permanents qui ont maintenu le niveau d’enseignement, ou des enseignants professionnels qui en dépit du fait qu’ils travaillent dans des médias ont continué d’assurer les cours. Et je crois que ce mélange de réflexions critiques sur le métier, d’approches par des thématiques diverses, par une formation de base universitaire, par la formation aux langues, etc., qui ont contribué au succès du Cesti. Au niveau de la formation professionnelle, nous faisons en sorte que les étudiants puissent pratiquer et qu’ils puissent aller de plus en plus sur le terrain et ne pas rester enfermés sur Dakar. Ce qui a aussi fait la renommée du Cesti, c’est que déjà, du temps des Canadiens, il y avait des sorties rurales. A l’époque il y avait aussi des sorties en France ou au Canada, que nous avons remplacées aujourd’hui par des sorties dans la sous région. En plus il y a la possibilité pour des étudiants d’aller en Afrique du Sud pour des formations complémentaires. Ce sont tous ces éléments qui ont donné au Cesti sa renommée. Quand je suis arrivée, nous avons essayé de perpétuer cet esprit panafricain et de toujours aller dans le sens de l’innovation.


Le Cesti bénéficie-t-il de l’aide de l’Etat sénégalais?

L’Etat sénégalais, jusqu’à l’année dernière, donnait au Cesti 35 millions de francs CFA par an et cette année ce budget a été augmenté à 45 millions. Souvent tous ces fonds ne sont pas mobilisables parce qu’on sait très bien que l’Etat a d’énormes difficultés pour payer les fournisseurs. C’est une nouvelle tâche qui s’ajoute donc, à savoir, rechercher des financements pour permettre au Cesti de s’en sortir.


Quelles perspectives avez-vous pour le Cesti avant la fin de votre mandat?

Continuer ce qu’on a appelé la pédagogie active, asseoir de manière durable le multimédia, car c’est quand même une voie pour l’avenir. Nous avons redoré le blason du Cesti qui s’était un peu terni, il y a quelques années, il faut poursuivre dans ce sens. On va continuer à apporter une nouvelle dimension qui touchera toutes les Universités, c’est-à-dire investir dans des projets et des compétences et faire en sorte que même une université publique puisse générer ses propres ressources, être capable d’identifier des sources de financements. Parce que je crois beaucoup aux partenariats public-privé. Il faut essayer d’intéresser les Africains au financement de leurs propres structures. Nous avons commencé à le faire. Je dirai aussi que le projet de durabilité et de pérennité doit être intégré à tout projet pédagogique, administratif d’une structure de formation
dans le domaine des médias et de la communication.


Qu’est ce qui a bien pu provoquer, concrètement, le ternissement de l’image du Cesti dont vous avez parlé plus haut?
Je pense que c’est le manque d’investissements, le manque de vision, de perception que le développement des médias exige. C’est sans oublier que ce développement est fondamental dans la démocratie en Afrique.

KPÉNAHIE TRAORÉ Fasozine.com:



1.Posté par Paco le 14/03/2010 04:09 | Alerter
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