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Second tour des Régionales : le FN revendique une « défaite victorieuse »

Malgré que le parti de Marine Le Pen n'ait pas conquis de région, les cadres du FN s'attachent à positiver autant que possible les résultats de ce second tour des élections.


Rédigé par leral.net le Lundi 14 Décembre 2015 à 09:26 | | 2 commentaire(s)|

Ce dimanche soir, le Parti socialiste (PS) comme les Républicains (LR) se gardent de tout triomphalisme. Pour le Front national, qui n'emporte finalement aucune région malgré ses très bons scores du premier tour, les cadres espèrent conférer à la défaite un parfum de victoire. « Rien ne pourra nous arrêter », a lancé Marine Le Pen, une demi-heure après avoir appris sa défaite face à Xavier Bertrand (42% au FN contre 58% aux LR). Interrogé par France 2 ce dimanche soir, le député Gilbert Collard n'hésite pas, lui, à parler de « défaite victorieuse ».
« Il y a une absence de changement, malgré les alternances », a fustigé Marine Le Pen dans son allocution depuis son QG de campagne à Hénin-Beaumont. « Dans ses bastions du Nord et du Sud, nous avons éradiqué un parti socialiste malfaisant (…) Élection après élection, la montée du courant national est inexorable », s'est félicitée l'eurodéputée, pourtant largement battue par Xavier Bertrand (42% au FN contre 58% pour LR). Pour la fille de Jean-Marie Le Pen, le résultat de ce second tour des élections régionales doit « interroger sur les dérives et les dangers d'un système à l'agonie », alors que le FN n'emporte aucun exécutif malgré les 6 millions de voix réunies au premier tour.

Le FN encore et toujours seul contre tous

Toujours à Hénin-Beaumont, fief symbolique du FN en Nord-Pas de Calais-Picardie, le maire Steeve Briois se fait presque fanfaron sur Tweeter: « Ce soir, Marine fait 61% des voix à Hénin-Beaumont. Sur toute la France, notre score n'a jamais été aussi fort. Ce n'est qu'un début ! ». « Le fait que nous n'ayons pas de région ne nous fait aucunement reculer ! », martèle pour sa part le candidat qui menait la liste FN en Ile-de-France, donné largement battu avec seulement 14% des suffrages pour ce second tour. « Nous sommes le seul parti à ne pas nous être déshonoré ! », poursuit Wallerand de Saint-Just, qui relève encore sur France Info: « Nous aurons un nombre record d'élus ».

Invité sur TF1, le sénateur David Rachline n'adopte pas un ton moins victorieux : « La montée du FN est inéluctable. Le vrai clivage, celui entre les mondialistes, et les patriotes, se posera aux présidentielles », annonce-t-il. Selon lui, le parti de Marine Le Pen a dû « faire face seul au grand rassemblement des forces mondialistes du système ». « Nous réalisons plus de voix encore qu'à la présidentielle de 2012 », se réjouit encore le maire de Fréjus. Le secrétaire général du FN, candidat en Normandie, semble lui aussi satisfait malgré la défaite : « Le FN continue inexorablement de progresser. Nous générons un vote d'adhésion de plus en plus fort ».

« Leur succès n'est pas final, notre échec n'est pas fatal », a pour sa part affirmé Marion Maréchal-Le Pen. « Il y a des victoires qui font honte aux vainqueurs. Au nom des valeurs de la république ils ont sabordé la démocratie. Gagner à 120 contre un n'est rien d'autre qu'une défaite », a affirmé la députée du Vaucluse, largement distancée par Chirstian Estrosi. « Où est le plafond de verre lorsque nous gagnons 200 000 voix entre deux tours, lorsqu'ici en Paca nous obtenons le meilleur score FN de France », s'est elle interrogée sous les « hourras » de ses partisans.

Si le FN n'a aucun exécutif régional, le parti de Marine Le Pen peut au moins se féliciter d'avoir acquis au moins 350 conseillers régionaux supplémentaires au terme du scrutin (selon le ministère de l'Intérieur). Avec les nettes progressions du nombre d'élus du parti à chaque élection depuis 2012, le Front national ne devrait donc rencontrer aucune difficulté à réunir les 500 parrainages nécessaires pour présenter un candidat à l'élection présidentielle.

Le Figaro






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