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Sécurité publique : Ces services de renseignements parallèles qui sabotent le travail de la Police

Malgré quelques huées et autres jets de projectiles, le président de la République a réussi sa visite à l’Ucad. Une visite inédite dans ce temple du savoir caractérisé par l’indiscipline de sa composante estudiantine mais aussi sa violence à ce point exacerbée qu’aucun chef d’Etat au Sénégal n’a osé, depuis 1960, s’y balader comme le président Sall l’a fait vendredi. Certes, les présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade ont eu à s’aventurer plusieurs fois dans ce bastion de la contestation qu’est l’Ucad.


Rédigé par leral.net le Mardi 4 Août 2015 à 23:04 | | 2 commentaire(s)|

Mais ils n’y venaient que furtivement pour présider des séances d’ouverture de conférences internationales dans des amphithéâtres avant de disparaitre par des voies dérobées et ultra-sécurisées. Il a fallu attendre plus de cinquante cinq années pour qu’un chef d’Etat, en l’occurrence Macky Sall, ose venir communier avec les étudiants. Et surtout pour une visite d’ordre social et pédagogique quand on sait que le président Sall était venu inaugurer des infrastructures d’hébergement au campus social mais aussi huit nouveaux immeubles résidentiels destinés aux enseignants du Supérieur. Mieux, cette visite, le président de la République l’effectuait dans un contexte très hostile marqué par des revendications sociales (bourses non payées, hausse des frais d’inscription, non satisfaction de la revendication demandant le master pour tous) et politico-judiciaires (affaire Bassirou Faye). Face à cette situation lourde de dangers et très tendue, rien que le fait d’avoir promis de venir et osé le faire était un pari risqué, mais que le président a gagné puisqu’il a déroulé tout le programme de sa visite. Ce même s’il n’a pas pu effectuer son pèlerinage à la chambre 138 du pavillon A, dans laquelle il résidait lorsqu’il était étudiant dans cette même Ucad.
Des dysfonctionnements créés par des officines parallèles

Si la visite du Président a été un succès, il convient de regretter, hélas !, les quelques jets de pierres et huées dans le campus social et qui ont fait qu’il n’a pas pu effectuer le pèlerinage qu’il envisageait au pavillon A. Des jets de pierres qui vont donner du grain à moudre aux détracteurs de la Police nationale. Laquelle a, globalement, très bien sécurisé cette visite. Il n’empêche, les actes de sabotage isolés dans un bastion de protestation et de manipulation sont analysés par des esprits négatifs comme une faille dans la sécurité présidentielle. Et naturellement, dans ce genre de situation, tous les regards sont hélas toujours tournés vers la Police. Et qui Police dit forcément renseignements généraux et dispositifs de sécurité. Ce qui est totalement faux puisque nous sommes loin de l’époque où les renseignements et la sécurité présidentielle étaient l’apanage de la Police nationale. Du moins au Sénégal où, aujourd’hui, le travail de la Police nationale est plombé voire saboté par de nombreux services de renseignements parallèles ou « privés » se réclamant tantôt de la présidence de la République, tantôt du ministère de l’Intérieur lui-même. Mais le plus dramatique, c’est le fait que certains menteurs de la République s’en prennent aux renseignements policiers qu’ils jugent erronés sans être sûr que les rapports en question venaient de la Police. Or, la plupart des fiches d’informations et de renseignements erronés transmises à la présidence de la République à la veille de cette visite ne provenaient pas des services officiels de renseignements de la Police dont les agents sont des professionnels rompus aux taches de l’écoute, de l’infiltration, de la filature, de recoupement. Les actes de sabotage lors du passage du cortège du président Sall à l’Ucad ne sont que la partie immergée d'un iceberg. Car, tout le dispositif de sécurité et de protocole que la Police avait mis en place à l’Ucad a été chamboulé par des services de renseignements tapis dans l’ombre. Lesquels, malheureusement, ont plus eu l’oreille du Président à cette occasion, que les services officiels, hélas. Des services qui, encore une fois, sont marginalisés au profit d’officines parallèles ou privées dotées d’immenses moyens… qui font justement défaut à notre brave Police. Mais ainsi va le Sénégal des… ruptures.
« Le Témoin » quotidien







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