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Sénégal 2012 : La proie, oui. L’ombre, non

En mars 2012, après cinquante et une années de mal gouvernance et, comme on le dit, de mission d’utilité douteuse, le peuple a eu une Election Présidentielle.


Rédigé par leral.net le Jeudi 21 Juin 2012 à 16:50 | | 0 commentaire(s)|

Sénégal  2012 : La proie, oui. L’ombre, non
Election qui aura marqué, après l’Alternance 2000, une réelle émergence citoyenne. Qui, désormais, assumera sa responsabilité en gouvernance et en encadrement de la démocratie. En luttant, surtout, contre l’enrichissement illicite, la corruption, le népotisme et l’impunité. En réalité, l’Election Présidentielle de 2012 a été une offre citoyenne qui aura aidé le citoyen à recouvrer son pouvoir qu’il avait délégué à des compatriotes qui, pour la plupart, n’auront fait que se servir au lieu de servir la Patrie et la Nation.

Nous voici, maintenant dans une autre effervescence politique : celle des Elections Législatives.
Une approche nouvelle, cependant, s’impose dans le contexte actuel. D’autant qu’avec la mort de la culture de parti unique et de son corollaire l’expression du culte de la personnalité, une carrière politique sans légitimité ou sans représentativité ne devrait plus être de mise. Les média, souvent, problématisent la légitimité et la représentativité politiques.

Léopold Sédar SENGHOR, Lamine GUEYE, Cheikh Anta DIOP, Abdoulaye LY, Majmouth DIOP (pour ne citer que ceux-là) et Abdoulaye WADE ont marqué véritablement, en tant que leaders, leur époque. Ceux des années 70,80 et 90(à l’exception d’Abdoulaye WADE) n’ont pas réussi à continuer. Car le recours à des coalitions et à des fronts illustre, parfaitement, les limites de ce leadership né entre 1968 et 2000.
Mamadou DIA, Seydou CISSOKHO puis Amath DANSOKHO, Babacar SANE puis Abdoulaye BATHILY (et les autres se réclamant de la même obédience comme Landing SAVANE) ont contribué à la conscientisation collective. Ce qui a débouché sur la promotion de la démocratie participative et la liquidation définitive de la culture de parti unique.

Il est utile, après le changement opéré au niveau des hommes ayant en charge le pilotage du pouvoir exécutif depuis mars 2012, de quitter les modes d’administration utilisés de l’indépendance à nos jours. De changer le contenu des pouvoirs institutionnels et d’épouser une autre démarche. Pour, enfin, assurer à la population du Sénégal un avenir moins incertain.

Il est à retenir l’impact notable de la pratique de la démocratie au Sénégal qui mérite, du reste, d’être magnifié. Mais les pré requis en démocratisation et en citoyenneté ne suffisent, guère, à eux seuls, à améliorer les conditions de vie des populations. Or, l’absence de bonne gouvernance empêche, dans une bonne mesure, le décollage de notre économie et la socialisation tant désirée au Sénégal. Un pays qui ne cesse de lutter, avec ardeur et rigueur, contre la pauvreté et le non développement.

Il convient de faire observer le fait que la pratique politique continue, malheureusement, de ne privilégier que le suffragisme. Au lieu de s’occuper de la réduction de l’intensité de l’expression des besoins, de l’amélioration du taux d’accès aux services sociaux de base. Et, particulièrement, de la promotion de l’emploi, dans un pays où seulement 20 % de la population active travaille. Or, l’espoir des populations se situe, d’abord, dans un encadrement judicieux des pratiques qui sont de nature à leur assurer un minimum social décent. A renforcer leur pouvoir d’achat, à leur garantir, à moyen terme, une sécurité humaine globale.

Mais le suffragisme et l’électoralisme ne constituent, point, les uniques signes de maturité en pratique de la démocratie. Bien que sanctionnant, souvent, une émancipation citoyenne. Ce qui ne veut pas dire que cela ne fausse pas, quelque part, le jeu démocratique.

Coalitions, « clubismes », coteries, groupes d’amis, affairistes et situationnistes, par exemple, animent les structures du pouvoir d’Etat. Or, la politique doit, surtout, dans un pays à construire, demeurer au service exclusif de l’intérêt général. Les formations politiques ou partis sont devenues, depuis 2000, des satellites au service unique de la coalition. L’accès aux positions et l’obtention de mandats électifs ne sont probables et possibles, désormais, que par le biais de la coalition.

Chaque citoyen s’interroge sur le fait que l’électoralisme s’érige en idéologie ou en doctrine. Parce que la politique est devenue, désormais, le moyen sûr pour avoir une rente de situation ou un élément de rapport pécuniaire inédit. Or, sa pratique dans un pays en développement exige une éthique et une déontologie. La prévarication, la patrimonialisation, la corruption et la concussion bloquent, par ailleurs, l’Etat du Sénégal. Et renvoient sa croissance, malheureusement, à des échéances difficiles à déterminer.

C’est pour cette raison que le combat à mener, pour bien normaliser et moraliser l’encadrement de la pratique de la démocratie au Sénégal, devrait privilégier une reformulation des règles inhérentes à la représentativité politique et à la légitimité populaire.
Aussi, les pouvoirs exécutif et législatif devraient inaugurer le septennat 2012-2019 par une étape caractérisée, essentiellement, par le redressement qui suppose, entre autres procédés :
• Une analyse de l’Etat du Sénégal de 2000 à 2012
• Une restructuration de la finance publique
• Une redéfinition des pouvoirs institutionnels
• Une réforme de l’Administration
• Une adaptation de la décentralisation

Le prochain pouvoir législatif aurait pour mission, entre 2012 et 2013, l’examen des quatre derniers points au moment où le pouvoir exécutif s’attèlerait à analyser le premier point.
Cette démarche est indispensable et contribue à travailler en évitant le coup par coup, l’improvisation et le pilotage à vue.

Les pratiques entre 1960 et 1970, 1970-80, 1980-2000 et 2000-2012 n’ont pas réduit la précarité et l’injustice sociales. Mais ont augmenté le niveau de l’enrichissement illicite, la paupérisation et l’impasse des politiques nationales.

Nos recommandations citoyennes restent, en substance, un redressement bâti, essentiellement, sur une réforme des méthodes. Et la mise en action d’un système capable de préserver, d’abord, les deniers publics. De rationnaliser la dépense budgétaire, de connaître la hiérarchie des urgences et de maîtriser les centres de coût qui débouchent souvent sur la gabegie, la corruption et l’impunité.

Wagane FAYE
Professeur d’Anglais
Secrétaire Exécutif de CARED AFRIQUE
E-mail : ngenbale@hotmail.fr








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