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Sénégal : encore du pétrole découvert, mais attention au paradoxe de l’abondance


Rédigé par leral.net le Mercredi 9 Août 2017 à 14:28 | | 0 commentaire(s)|

La plus récente découverte de réservoirs de pétrole au Sénégal a été faite par Cairn Energy, dans le puits d'exploration SNE North-1, à 20 kilomètres de La pointe de Sangomar, une flèche littorale située sur l'océan Atlantique. (Crédits : Reuters)
La plus récente découverte de réservoirs de pétrole au Sénégal a été faite par Cairn Energy, dans le puits d'exploration SNE North-1, à 20 kilomètres de La pointe de Sangomar, une flèche littorale située sur l'océan Atlantique. (Crédits : Reuters)

Les découvertes de champs de pétrole au Sénégal n’intéressent presque plus la presse locale, tellement elles sont nombreuses. Pourtant, d’autres découvertes plus importantes sont attendues. Sauf que le Forum civil s’inquiète de «l'octroi à tout va» des contrats pétroliers aux compagnies étrangères .

Au pays de la teranga, l'on ne compte plus le nombre de puits de pétrole comme en témoigne la toute dernière découverte de colonnes d'hydrocarbures dans trois réservoirs du puits d'exploration SNE North-1, dans le bloc Sangomar Deep Offshore. L'annonce a été faite hier 7 août via un communiqué de presse par la société Far Limited et son partenaire Cairn Energy. Les deux sociétés viennent de signer ainsi leur onzième découverte de pétrole et de gaz au Sénégal. Selon toujours les compagnies pétrolières,«les sites comprennent une colonne de pétrole et de gaz de haute qualité dans le champ pétrolier SNE».

Et ce n'est que le début !

Et pourtant, ce n'est que le début, car «Il faut s'attendre à d'autres découvertes plus importantes», confie l'expert pétrolier Sénégalais Bachir Dramé à La tribune Afrique, en ajoutant que le potentiel pétrolier sénégalais est encore très sous-exploité.

Pour dépasser ce gap, l'Etat multiplie les octrois de licences d'exploitation pétrolière et gazière. Aux côtés de Far limited, Cairn Energy, Petrosen, la société publique sénégalaise du pétrole et le géant français Total, il faut compter désormais d'autres opérateurs. Une compagnie pétrolière nigériane «s'est vue récemment octroyer un permis de recherche et d'exploitation de pétrole dans le bloc de Diourbel».note l'expert sénégalais. L'arrivée imminente de Gazprom, une société anonyme russe connue principalement pour l'extraction, le traitement et le transport de gaz naturel, est également «annoncée» au Sénégal.

Mais attention...

Seulement, cette arrivée massive de compagnies pétrolières inquiète le Forum Civil :

«L'Etat du Sénégal doit cesser d'octroyer en tout temps, en tous lieux, les contrats de recherche et d'exploitation des ressources naturelles, notamment les hydrocarbures, car il y a des enjeux stratégiques très importants au tour du pétrole à prendre en compte», alerte Abdou Aziz Diop, membre du Forum.

Selon toujours la même source, «il faut penser aux générations futures et éviter de tomber dans le paradoxe de l'abondance».

A cet égard, il faut rappeler que le Sénégal qui est membre de l'organisation internationale ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives), a fait le choix de signer des contrats de «partage de production» avec les compagnies pétrolières étrangères. «Avec ce genre de contrat, on connaît à peu près les parts de chaque entité», se réjouissent les autorités sénégalaises.

Du pétrole à exploiter en 2021

Seulement pour le membre du Forum civil, en matière de transparence dans les activités liées à l'exploration et l'exploitation du pétrole au Sénégal, il y a encore du chemin à faire.

«Les contrats pétroliers sont certes publiés au Sénégal, mais ils sont négociés "en catimini" entre les sociétés pétrolières et le gouvernement sénégalais. Or, pour plus de transparence, ils doivent obligatoirement passer au préalable à l'Assemblée nationale faire l'objet de débat à l'hémicycle», recommande Abdou Aziz Diop.

Les capacités de production de pétrole du pays de l'Afrique de l'Ouest de 14 millions d'habitants sont estimées «entre 200 000 et 300 000 barils par jour» sur plusieurs années. L'exploitation du pétrole sénégalais est attendue entre 2021 et 2023. Le pays s'y prépare déjà en mettant en place un comité d'orientation stratégique du pétrole et du gaz, le fameux Cos Petro-Gaz, et à partir du mois d'octobre, l'Institut national pour la formation aux métiers du pétrole et du gaz, implanté à Diamniadio, va ouvrir ses portes.
 
Khadim Mbaye (Tribuneafrique)