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Sénégal : verdict le 8 septembre pour les maîtres coraniques accusés d’exploitation d’enfants

Un procès contre sept maîtres coraniques accusés notamment d’ « incitation à la mendicité » s’est tenu cette semaine à Dakar. Ce procès est une conséquence de l’application de l’interdiction de la mendicité sur les voies publiques, en vigueur depuis une semaine. Le week-end dernier, lors de ces rafles, la police sénégalaise avait interpellé 24 enfants mendiants. Leurs témoignages ont permis à la police d’arrêter sept maîtres coraniques.


Rédigé par leral.net le Samedi 4 Septembre 2010 à 03:54 | | 0 commentaire(s)|

Sénégal : verdict le 8 septembre pour les maîtres coraniques accusés d’exploitation d’enfants
L’audience a eu lieu le 1er septembre, au tribunal des flagrants délits de Dakar. A la barre, sept maîtres coraniques âgés de 25 à 54 ans. Parmi eux, deux sont originaires de Guinée-Bissau. Tous les sept sont accusés d’exploitation d’enfants par la mendicité et de traite de personnes.

Selon le procès-verbal, les enfants interpellés par la police sont âgés de 6 à 16 ans. Ces mineurs ont affirmé être originaires du Sénégal, de la Guinée-Bissau et du Mali. Les talibes ont déclaré que leurs marabouts réclamaient quotidiennement des montants d’argent variant entre 250 et 1 200 francs CFA, peut-on lire dans le procès-verbal.
Ils ont par ailleurs affirmé : « Passer tout leur temps à mendier à travers les artères de la capitale ». Des faits que les maîtres coraniques ont immédiatement reconnus. Le procureur de la République a requis deux ans de prison dont six mois ferme, une peine trop lourde selon Me Malick Fall, l’un des avocats de la défense :

« L’incitation à la mendicité est punie de deux ans de prison minimum, et de cinq ans de prison maximum. Mais c’est une infraction qui était presque désuète, jamais appliquée. Les maîtres coraniques n’étaient pratiquement jamais condamnés pour ce genre de comportement. Que le procureur ait requis deux ans de prison dont six mois ferme, c’est beaucoup, énorme même. Pour des pères de famille, des enseignants qui ont toujours eu ce genre de comportement, et qui n’ont jamais été inquiétés pour cela, et du coup qui se retrouvent à la barre et qui risquent six mois de prison, c’est beaucoup. A moins avis, juste une peine d’avertissement suffit. »

Les avocats des prévenus ont plaidé la clémence. Le verdict sera rendu le 8 septembre.


rfi.fr

Sénégal : verdict le 8 septembre pour les maîtres coraniques accusés d’exploitation d’enfants
Les autorités sénégalaises répriment la mendicité dans les rues de Dakar


Au lendemain de l'annonce de leur intention de réprimer la mendicité dans les rues de Dakar, les autorités sénégalaises ont fait procéder à l'interpellation de 175 personnes depuis le 28 août, jour d’entrée en vigueur de cette mesure. Parmi les personnes interpellées, figurent majoritairement des enfants mineurs, des jeunes « talibés », qui étudient dans les écoles coraniques. Ces enfants seraient près d'un million à faire la manche dans la rue. La police a également arrêté 7 maîtres coraniques.

A travers l’interdiction de mendier sur les voies publiques, le gouvernement sénégalais veut surtout résoudre un problème, celui des enfants disciples de maîtres coraniques qui font la manche dans les rues.

Depuis le 28 août, la police a interpellé 7 maîtres coraniques, qui selon un responsable ont été déférés devant le parquet. C’est un véritable coup de filet, car ces dernières années, peu de maîtres coraniques soupçonnés de violences envers leurs élèves ont été traduits en justice.

Le dernier procès remonte à juin. Un marabout traduit devant les assises avait alors été condamné à un mois de prison ferme pour avoir roué de coups deux mineurs dans son école coranique.

En avril un rapport de l’ONG Human Rights Watch avait dénoncé l’exploitation d’enfants maltraités, soi-disant au nom de la religion.

Depuis, les bailleurs de fonds étaient devenus plus pressants. Selon le Premier ministre : « Le Sénégal est sous la menace de ses partenaires », qui estiment qu’il ne lutte pas de façon efficace contre la traite des personnes.


rfi






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