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Sénégalais, indignez-vous!


Rédigé par leral.net le Dimanche 24 Août 2014 à 16:00 | | 59 commentaire(s)|

Sénégalais, indignez-vous!
Quel puissant anesthésique a donc plongé la nation sénégalaise dans la torpeur au point qu’elle ne se révolte pas contre le lâche assassinat de l’étudiant Bassirou Faye ? Quel sérum de cynisme a donc pénétré les veines de notre démocratie pour que nulle clameur ne réprouve cette sauvagerie sans nom ? Quelle démission collective a donc ruiné la volonté populaire pour qu’elle ne réclame pas des comptes au président de la République ? La mort de Bassirou Faye, froidement abattu par la police sénégalaise, met à nu l’intolérable brutalité et les dérives liberticides du régime de Macky Sall. Coupable d’avoir simplement réclamé sa bourse, il meurt en martyr sous les balles assassines de la soldatesque du pouvoir. Quelques idéalistes, ceux qui n’ont pas le sens tragique de l’histoire, s’étaient, en 2012, réjouis de la victoire de Macky Sall. Ils y voyaient la promesse de l’aube et l’émergence du printemps. Deux années après son élection, l’aube est une nuit ; le printemps une ère glacière. Nos libertés sont bafouées, des opposants politiques sont embastillés et des manifestations réprimées dans le sang. Des étudiants sont lynchés et tués sous une réprobation du bout des lèvres, à peine susurrée des sénégalais. Le bon peuple somnole au ronron des turpitudes du pouvoir. Hélas !

Face au lâche assassinat de Bassirou Faye, on eût aimé entendre la colère populaire, les foudres de « Y’en a marre » et les imprécations des gardiens du temple républicain. Et qu’entend-on ? L’assourdissant silence public, le vacarme de l’indifférence. Les sénégalais seraient-ils subitement devenus des veaux ? La question mérite d’être posée tant la passivité de nos compatriotes à l’égard du pouvoir est inquiétante. Naguère, sous le règne de l’alternance, nous fûmes impavides face à Wade. Des foules immenses, obstinées au martyr, se furent dressées contre les dérives de son régime. Aujourd’hui, nous sommes, hélas, d’une soumission moutonnière aux claquements de fouet du régime de Macky Sall. Dans toute démocratie qui se respecte, le meurtre abject de Bassirou Faye eût déclenché l’ire du peuple et des manifestations tous azimuts. De telles manifestations eussent été vaines à ressusciter la victime mais elles eussent témoigné d’une émotion partagée et du refus de l’oppression. Hélas, chez nous, le bon peuple s’affale dans le confort honteux de la fatalité et de la résignation. Nous préférons troquer les habits du refus contre les oripeaux de l’inertie. En revanche, dans l’intimité de nos demeures, nous hurlons ça et là notre réprobation. Je ne doute pas que dans nos chaumières innombrables, Macky Sall fasse l’objet de toutes sortes d’imprécations. Mais notre sourde colère ne dépasse pas le seuil de nos maisons. Notre indignation, pour légitime qu’elle soit, n’est suivie d’aucune forme de rébellion. Elle n’est rien d’autre qu’un bouillonnement statique. Elle est vaine. Nous ne faisons que constater sans agir, déplorer sans combattre. Détestable aporie !

Les peuples arabes, révolutionnaires inconsolés, s’embrasent d’un rien. Même la trivialité les porte à l’incandescence. A l’inverse, nous, Sénégalais, sommes ignifuges. Rien ne saurait nous tirer de notre indolence. A la dictature rampante de Macky Sall, nous n’opposons que notre passivité ; à ses exactions, notre molle réprobation. Nous n’aimons plus que l’eau tiède. Le Sénégal est devenu un tépidarium. D’ailleurs, Macky Sall, enhardi par la docilité du peuple, multiplient de pus belle les actes liberticides. Sous son règne, la liberté d’expression n’est plus qu’une chimère ; la plupart des manifestations et marches de l’opposition sont interdites en violation flagrante de notre Constitution. La justice de notre pays a contracté avec son régime des noces barbares, une étreinte délétère. En conséquence de quoi, des opposants politiques sont arbitrairement embastillés ; des hold-up électoraux (Saint-Louis, Podor) sont perpétrés dans les sombres cabinets de juges à la botte du pouvoir. Notons également l’emprise inouïe, sous son règne, du népotisme familial qui enkyste les vices d’une dynastie rampante au Sénégal. Aujourd’hui, l’assassinat du jeune Bassirou Faye vient couronner, en point d’orgue, la dérive totalitaire de son régime.

Le meurtre de Bassirou Faye ainsi que les exactions répétées du régime de Macky Sall ne sont que la métaphore de l’avenir tragique de notre pays si nous continuons à nous réfugier dans l‘immobilisme et dans la passivité. L’inertie et la passivité ne sont que ruine de l’âme. Il est donc temps de raffermir nos caractères et d’armer notre résistance. S’opposer à Macky Sall n’est plus seulement un droit, c’est maintenant devenu un devoir. Dès lors, il appartient à tous les citoyens de notre pays, épris de liberté et de justice, de se mobiliser pour monter au front du refus. Obligation de refus pour tout patriotisme exigeant que le renoncement n’adultère.
EL HADJI MALICK SALL ELIMANE DONAYE
Président du Sillon des Opinions Libérales
milkspe@yahoo.fr







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