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Sénoudoubou, le village où les femmes refusent la consultation gynécologique

Rédigé le Lundi 3 Décembre 2012 à 12:46 | | 0 commentaire(s)

Les femmes de la communauté rurale de Sénoudoubou (193 km de Tambacounda), fortes de leurs croyances socioculturelles, refusent catégoriquement de se soumettre à toute forme de consultation gynécologique, a constaté l’APS.



Sénoudoubou, le village où les femmes refusent la consultation gynécologique
Vivant dans un contexte particulier, les femmes de ce village peul, qui jouxte la Falémé, pour la plupart, ne détiennent d’ailleurs pas de carnet sanitaire. Elles ne savent même ce qu'est la consultation prénatale.

Ce village du département de Kidira est ancré dans une culture qui ne favorise pas la consultation gynécologique. Sénoudoubou et ses 2.600 habitants restent attachée à des croyances qui ne facilitent pas la tâche à l’Infirmier chef de poste (ICP).

Venue se faire consulter, une dame d’une quarantaine d’années, après avoir vu la maîtresse sage-femme, a catégoriquement refusé de se faire examiner par les prestataires, arguant que son intimité ne devrait pas ‘’être violée’’.

‘’Leurs mœurs font que les femmes ne se font examiner ni par des femmes, encore moins par les hommes’’, a expliqué la Directrice des services cliniques de l’ONG Marie Stopes Internationale(MSI), Colette Ndoye, qui a précisé :
‘’elles ne se font pas du tout examiner et accouchent pratiquement toutes à domicile’’.

Ces propos ont été étayés par le fait que la consultation gynécologique, qui est très intime, a constitué une barrière pour les premières qui sont venues se faire consulter, lors d'une caravane d'offres de services de santé de la reproduction.

Elles ont toutes refusé de se faire examiner par les prestataires. D’ailleurs, l’une d’elles a dit à la sage-femme : ‘’vous êtes trop jeune pour m’examiner’’.

Toutefois, après une bonne sensibilisation qui lui a permis d’avoir une idée plus ou moins claire sur l’intérêt de la consultation, de la planification familiale, elle a abdiqué. Elle a laissé faire, suivie en cela par 42 autres femmes qui ont pu bénéficier d’une méthode contraceptive.

Ce qui a fait dire à Mme Ndoye, que ‘’la base de la santé, c’est l’information, la sensibilisation, l’éducation et la communication’’. Sans cela, on ne peut pas atteindre certains objectifs et avoir les résultats escomptés en matière de santé de la reproduction, a-t-elle soutenu.

Elle pense plus que jamais qu’il est urgent d’affecter une sage-femme à Sénoudoubou qui ne dispose que d’un infirmier chef de poste. Pour elle, l’idéal serait qu’il y ait rapidement une sage-femme dans cette zone pour appuyer les activités de santé reproductive.

D’après la Directrice des services cliniques de MSI, ''la planification familiale est une activité préventive qui, souvent, n’incite pas une femme qui vient pour en bénéficier à en sentir le besoin". Parce que, souligne-t-elle, "ne se sachant pas malade et donc, cette femme ne peut pas considérer cela comme un besoin''.

Elle a déploré le fait qu’il n’y a pas eu un problème de coordination avec la région médicale et ses partenaires qui étaient absents sur le terrain durant toute la durée de la caravane dans ces zones difficiles d’accès et qui a engendré des tâtonnements durant toute l’activité.

‘’Je pense qu’il faudrait, pour les prochaines étapes, améliorer cette coordination et faire en sorte que la région médicale s’approprie cette activité qui est la sienne, et engage davantage son partenaire stratégique du FNUAP dans la mission’’, a-t-elle encore plaidé.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’ONG Marie Stopes International (MSI) ont bouclé dimanche une caravane de mobilisation sociale et d’offre de services de planification familiale et de santé de la reproduction des jeunes et des adolescents (SRAJ) de 5 jours dans la région de Tambacounda.
LTF/AD/DND






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