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Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum: retour sur l'itinéraire d’un érudit du tidjianisme


Rédigé par leral.net le Vendredi 17 Mars 2017 à 12:23 | | 0 commentaire(s)|

Né à Saint-Louis, en 1925, il est le troisième fils de Serigne Babacar Sy, premier khalife de Malick Sy. Il aurait vécu 92 ans années, entouré de mystère.

Il a toujours suscité de l’intérêt dans la société sénégalaise. Les contemporains retiennent de lui ‘’un apprenant surdoué’’, un talibé qui récitait sans anicroche ses leçons. Alors, qu’il revenait d’autres occupations. Pendant que ses camarades apprenaient. Déjà, à l’âge de 14 ans, il boucle prématurément les cycles inférieur et moyen des études islamiques.

A 16 ans, il publie son premier livre’’ Les vices des marabouts’’. Plus tard, il écrit ‘’L’inconnu de la nation sénégalaise’’.

Vers la trentaine, il effectue son premier voyage à Paris, où, il resta durant cinq ans. Cette précocité intellectuelle l’amène à jouer ses premiers rôles aux côtés de son père. Dans les dernières années du califat de Serigne Babacar Sy, Serigne Cheikh animait, sur sa désignation, le Gamou et il était l’interlocuteur des dahiras (cercles de talibés) et des délégations officielles.

A la mort de son père, le fondateur du Moustarchidines wal Moustarchidati se sert de sa position auprès des muqqadams (dignitaires) et des fidèles pour revendiquer la légitimité dans la succession. A défaut de succéder à son propre père défunt. Il fonde son propre dahira Moustarchidines walmoustarchidati.


Des pas en politique…
Sa soif du savoir l’amena également à étudier le Français sans grande difficulté. Philosophe de nature, il développe un intérêt particulier pour la politique. Et entre en contact avec les hommes politiques, avec qui, il entretiendra des relations pas du tout faciles. Il fonde ainsi le Parti de la solidarité sénégalaise (PSS) et s’oppose à Senghor, avec divers politiciens notamment Ibrahima Seydou Ndao et Me Moustapha Wade, ainsi que le marabout Cheikh Ibrahima Niasse.

En 1959, la contestation de résultats électoraux jugés ‘’tronqués’’ par le PSS et le PAI vaudra à Cheikh un séjour carcéral. Quelques années plus tard, Serigne Cheikh est nommé ambassadeur du Sénégal au Caire auprès de la république arabe unie (Egypte-Syrie). La fin ne fut pas des meilleures. Aux accusations de ‘’fautes de gestion’’ se mêlent celle d’un ‘’rapprochement inquiétant avec le milieu arabo-musulman’’.

L’inquiétude venait surtout des autorités françaises et de pro-français dans l’entourage de Senghor.
Avec les régimes successifs, son parcours politique est parsemé d’alliances et séparations. Mais, chez les intellectuels notamment les lettrés en arabe, Serigne Cheikh Tidiane incarne le renouveau dan l’islam au Sénégal.

En 1955, le jeune marabout Tidiane monte l’association éducative islamique en même temps, il lance le journal « l’islam éternel ». Ainsi, il multiplie les conférences thématiques sur l’islam, la société, la science, la culture et la politique.

Mystique, intellectuel et politique, Cheikh Tidiane ajoute à son tableau de chasse, la figure de l’homme d’affaires.
Producteur d’arachides dans le Saloum, il s’est ensuite intéressé à l’industrie (huilerie et tomate de conserve) avant de devenir actionnaire majoritaire dans l’unique cimenterie du pays à l’époque, la SOCOCIM.

Serigne cheikh, c’est surtout la maîtrise de la parabole comme méthode d’éducation allusive alliée à un humour qui tenait ses inconditionnels disciples en haleine lors des conférences qu’il animait.

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