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“Seur bu tass, Koumayeteul, Pobarou minuit, Sauce Kani, Viber, Youtube, Wokhalma, dinama nekh, whatsApp, Samedi soir… » : Ces "thiouraye" pour dresser la gente masculine


Rédigé par leral.net le Lundi 31 Août 2015 à 09:34 | | 3 commentaire(s)|

“Seur bu tass, Koumayeteul, Pobarou minuit, Sauce Kani, Viber, Youtube, Wokhalma, dinama nekh, whatsApp, Samedi soir… » : Ces "thiouraye" pour dresser la gente masculine
Les hommes sont avertis ! La gente féminine dispose d’une rame de combat aussi ravageuse que les armes de destruction massive qui avaient motivé l’intervention américaine en Irak.

Il s’agit d’une batterie de "thiouraye" (encens) en vente dans certains marchés de Dakar, capitale sénégalaise, à l’image du marché Hlm.

Ces "thiouraye" ont pour noms Seur bu tass, Koumayeteul, Pobarou minuit, Sauce Kani, Viber, Youtube, Wokhalma, dinama nekh, whatsApp, Samedi soir… ». Toutes catégories capables de faire abjurer un "Mollah".

Même si, hivernage oblige, le "gowéé" continue de garder la cote, il n’en demeure pas moins que les autres types d’encens restent toujours prisés par les épouses, soucieuses de solder leurs comptes avec leurs chocolats dorés, au milieu de la nuit. Et ce, sans les ébouillanter avec de l’eau ou de l’huile, loin des indiscrétions du voisinage. Bienvenue à bord de Actusen.com pour un voyage dans le microcosme des "thiouraye" foudroyants, à travers ce reportage.

L’hivernage s’est installé avec ses pluies abondantes et ses moustiques. C’est la période propice pour les vendeurs de Thiouraye (encense) qui s’en donnent à cœur joie à ce commerce florissant.

Pour en avoir le cœur net, Actusen.com est allé à la rencontre de vendeurs de Thiouraye établis au marché des Hlm.

Sur les lieux, trône la boutique Djeddah Thiouraye, où les adeptes d’encens viennent s’approvisionner.

Dès notre entrée, l’odeur enivrante, qui se dégage des encensoirs posés à la devanture de la boutique, nous titille les narines.

Vendeur Sayit Fall : « le Gowé Saafe ou Khothie et le Naak sont les plus prisés, en saison hivernale »

Le gérant de la boutique Djeddah Thiouraye, Sayit Fall, 25 ans, silhouette svelte, est sanglé dans un pantalon en jean et Lacoste, à l’effigie de son nom. Selon lui, "en ce moment, le Gowé Saafe, le khothie ou le Naak sont la mode hivernale".

Il ajoute : « En saison des pluies, les femmes préfèrent le Gowé, car il élimine toutes les mauvaises odeurs de la maison ; idem pour le Naak ». A l’en croire, beaucoup de leurs produits viennent de Dubai ou d’Arabie Saoudite. Mais le Gowé provient du Walo, du Mali ou de la Côte d’Ivoire, renseigne Sayit Fall. Son voisin d’à-côté, en l’occurrence Aliou Fall, la quarantaine, lui emboîte le pas.

Vendeur Aliou Fall : « Les prix varient entre 1000 et 20 000 FCfa, la femme fait du thiouraye son arme de combat »

« Nous avons une clientèle hétéroclite à majorité composée de femmes. Les driankés (femmes dans la quarantaine et qui sont choyées par Dame nature, en termes de corpulence et de forme) préfèrent le Gowé ou Soufou Djeddah », affirme Aliou Fall.

« Quant aux jeunes filles, elles se contentent des parfums de chambre », affirme, Aliou Fall, dans le milieu, depuis quinze années. Selon lui, le commerce est rentable car la femme sénégalaise fait du thiouraye son arsenal de combat. « Le prix varie entre 1000 et 20 000 F Cfa, le kilo. Cela dépend du type de thiouraye, car ceux importés sont plus chers », souligne notre interlocuteur.

Vendeur Abdou Faye liste les encens assassins : « Seur bu tass, Koumayeteul, Pobarou minuit, Sauce Kani, Viber, Youtube, Wokhalma,dinama nekh,whatsApp, Samedi soir… ».

Nous quittions Sayit Fall et Aliou Fall et faisons cap sur une autre boutique de Thiouraye. Appelé Abdou thiouraye par ses clients, l’homme, derrière son comptoir, excelle dans ce métier depuis cinq ans. Agé de 26 ans, Abdou Faye est le conseiller des dames dans le domaine du Thiouraye.

« Notre commerce marche plus pendant la fraîcheur, le Gowé se vend mieux que les autres produits. C’est pourquoi on attribue des noms provoquant la curiosité pour attirer la clientèle. On s’inspire de l’actualité ou des Série télévisés, du jargon des jeunes ».

Et quand vous demandez à Abdou Faye s’il peut nous en lister quelques-uns des surnoms collés, sa réponse tombe sèche : « On peut en citer Sauce Kani, Seur bu Tass, Pobarou minuit, Koumayeteul, Samedi soir, Viber, 45 minutes de silence, Blocass, Dinama Nekh, WhatsAPP, entre autres », explique Abdou Thiouraye, 26 ans.

Cliente Ndaté Ndiaye : « Je préfère les parfums de chambre car mon mari est asthmatique »

Trouvée en train de choisir des produits désodorisants, Ndaté Ndiaye, sanglée dans une robe à fleurette bustier qui lui va très bien, a 25 ans. Mariée récemment, elle préfère les parfums de chambres aux Thiourayes.

« En bonne sénégalaise, j’adore le thiouraye, mais comme mon mari est asthmatique, je me contente des parfums de chambres qui sont aussi très bons. S’y ajoute aussi la chaleur qui règne actuellement à Dakar », confie-t-elle.

Mounas Laobé : « Le thiouraye est un aphrodisiaque pour les hommes »

Autre quartier, autre décor. Le populeux quartier de Grand-Dakar compte dans sa population une forte communauté de Laobés.

Cette ethnie se singularise par la sensualité de ses femmes et leur aptitude à concocter du Thiouraye de haut de gamme. Capable de faire abjurer un extrémiste religieux. Nous faisons la connaissance de Mounas Gadiaga, la quarantaine, mère de famille.

« Le thiouraye est dans nos gènes, il nous colle à la peau, depuis nos aïeux. Je ne vous dirai pas mon secret pour faire un bon Thiouraye, mais sachez qu’il est indispensable pour une femme mariée de l’avoir dans sa table de chevet », conseille-t-elle.

En bonne connaisseuse, Mounas Laobé en rajoute cette couche : « Outre sa bonne odeur, le thiouraye est un aphrodisiaque pour les hommes », glisse-t-elle. Les femmes sont donc averties...

Actusen.com






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