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Lundi 9 Octobre 2017

Sexe, télévision, vulgarisme, hypocrisie et sénégalisme




Note: Contenu explicite. Si vous faites partie de la haram police ou si vous êtes très peu ouverts d’esprit, je vous dispense de lire ce texte, et je me dispense en même temps de lire vos futurs commentaires. Nous sommes incompatibles. Merci.


Je suis obsédée par la société et la culture sénégalaises. We all know that by now, clearly. We are in an eternal love-hate relationship but definitely more love, always.

Ceci étant dit, j’émets ces réflexions dans le but d’un appel à l’assumation. Je sais que ce mot n’existe pas, mais j’aimerai qu’en tant que société majeure et vaccinée, que l’on s’assume. Pas de panique, nous ne risquons rien à part de vivre dans notre propre vérité. N’oubliez pas que nous mourrons seuls. Après consommation de notre nakk et quelques saules pleureurs, un hashtag sur les réseaux sociaux, et des gens qui ne nous connaissent pas mais qui snapperont nos funérailles en postant des selfies avec un visage en pleurs; ce sera juste nous et GOD.

Par ordre d’intérêt, ce que le sénégalais aime:

  • Le mariage parce que l’amour sera toujours tendance
  • La nudité et ses dérivés: la femme physiquement parlant (morceau de viande, dibi), la copulation, le diongué, etc…
  • Assane Diouf, ce Monsieur, apparu soudainement et ndeyament sur la toile, aussi brusquement que les 150 talibés que l’Etat a violemment retirés de la rue. (Mais mom sarakham éguoul.)
  • Sidy Diop “wone meu seu hin hin” à commencer par moi-même. Parce que la vie est dure et il faut rire. Aussi, tout le monde a un hein hein qu’il montre occasionnellement.
  • Les vidéos de leumbeul

Ce que le Sénégalais apprécie probablement mais exagère parce qu’en quête constante de validation sociale:

  • les femmes de “bonnes moeurs” (avez vous remarqué que tous les hommes riches prennent des deuxièmes femmes qui n’ont pas forcément de “bonnes réputations”, pourquoi? Because Pussy Power ain’t no joke baby)
  • la pudeur (en témoigne le nombre faible de vues des contenus pudiques versus les contenus provocateurs)
  • les émissions religieuses sauf quand c’est sous le format Iran Ndao (pourquoi? parce qu’il parle de suçage de tétons and titty power ain’t no joke either)

Faits:

  • Le Sénégal est un pays à majorité musulmane. Les 5% de catholiques que nous avons (et autres religions) ne sont pas ceux qui consomment tout l’alcool du pays. Demandez au Vogue ou à l’Etage. Bayilen ko sakh, demandez juste à Saly.
  • Les chaînes pornographiques sont très appréciées des sénégalais, sachez le, videz votre historique google, cachez bien votre code parental. De rien.
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  • Les obsédés courent les rues et ne manquent pas de vous harceler et de vous dire “de toutes les façons tu es moche” si vous daignez répondre négativement, manam si vous daignez avoir des critères de sélection.
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  • Pedro et Marimar peuvent fabriquer des enfants en live et cela devant toute la famille (y compris bébé Oumar) et ça ne dérange personne. Au contraire, c’est avec grand enthousiasme intérieur et grande fausse consternation extérieure qu’on regarde ces scènes. Dès que Marichou ose donner un bain à sa chose, ou que Chérif Maal joue le fumeur de chanvre à la télé, les membres du comité de défense des valeurs morales (aka la ligne budgétaire la plus inutile de l’Etat) se rencontrent au bois sacré pour condamner la scène après avoir regardé la séquence plusieurs fois. Mais dou dara dé, c’est juste pour mieux voir la gravité de la situation, sans aucun doute.
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  • Les émissions religieuses auront toujours MOINS de vues que les vidéos d’Assane Diouf. Pourquoi? Parce qu’un bon ndey*m placé stratégiquement dans une phrase lui donne l’emphase et le peps dont il a besoin pour être bien entendue. Qui est ce que vous allez nourrir plus vite? Celui qui a faim? ou celui qui a faim ndey*m?
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“Oui mais ce sont des “toubabs”, ce n’est pas la même chose

Quel wax bou yaku, deux points d’exclamation.

Bien sur que ce n’est pas la même chose. Là n’est pas la question. Avant d’être sénégalais, on est d’abord humain. Le sénégalais aime juste ce que l’humain aime (sexe et nourriture, la base), il ressent juste un profond besoin de faire semblant de préférer les choses socialement et culturellement applaudis. Meylen niou niekh nak. Faites l’amour et arrêtez de nous fatiguer. Tous les hommes sexuellement actifs dans le pays ne se sont pas fait dépuceler par des trous dans le sable au bord du Sine Saloum.

Légui partazalen article bi ”ndey*m”.

Source worldofnk
 
http://worldofnk.com/2017/10/09/sexe-television-vulgarisme-hypocrisie-et-senegalisme/

Massene Diop