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Seydi Gassama sur l'interdiction du meeting du Pds : "C'est un prétexte absolument fallacieux"

Le président de la section sénégalaise d’Amnesty international, Seydi Gassama, a fermement condamné l’interdiction des diverses manifestations par le préfet de Dakar. Joint par la rédaction hier, le droit-de-l’hommiste a trouvé absurde les raisons invoquées le plus souvent pour interdire les manifestations, notamment les menaces à l’ordre public. Estimant que seules les manifestations non autorisées ont été à l’origine de troubles, il a dit tenir pour responsables de toute violence qui en découlera, le préfet de Dakar, le ministre de l’Intérieur, tout comme le président de la République.


Rédigé par leral.net le Samedi 31 Janvier 2015 à 11:24 | | 5 commentaire(s)|

Seydi Gassama sur l'interdiction du meeting du Pds : "C'est un prétexte absolument fallacieux"
«Nous voudrions dire au préfet de Dakar, au ministre de l’Intérieur et au président lui-même, que c’est leur interdiction qui sera responsable de tout ce qui peut aboutir demain comme trouble à l’ordre public, comme décès ou violence à la suite de ces interdictions-là. Ils seront les seuls responsables», a averti Seydi Gassama, président de la section sénégalaise d’Amnesty international. Joint par la rédaction hier, le droit-de-l’hommiste a botté en touche l’argument toujours brandi par les autorités pour interdire les manifestations.

A l’en croire, «c’est un prétexte absolument fallacieux de dire qu’on interdit à cause de menace de trouble à l’ordre public. Nous estimons que ce qui trouble l’ordre public, ce sont les interdictions. Pendant les 15 dernières années, jamais une manifestation autorisée n’a dégénéré et n’a créé des troubles à l’ordre public». Seydi Gassama s’est dit d’ailleurs foncièrement convaincu qu’actuellement, les gens sont conscients de leur droit. «Donc, il ne saurait être question que les gens acceptent qu’on leur confisque cette liberté de manifestation», en a-t-il déduit.

Il a dans la même logique indiqué qu’il y a suffisamment de forces de sécurité de Thiès et Dakar, pour encadrer plusieurs manifestations à Dakar, qu’elles soient de l’opposition ou de la mouvance présidentielle. Ainsi, a-t-il trouvé paradoxal «qu’à chaque fois qu’on dit qu’on les interdit, on déploie sur le terrain, pour faire respecter ces interdits, beaucoup plus de forces de sécurité que pour les encadrer».

Seydi Gassama s’est par ailleurs désolé que «depuis que Macky Sall est arrivé au pouvoir, ce sont des interdictions à n’en plus finir avec toujours le même refrain, menace de trouble à l’ordre public». Selon lui, «la plupart des gens sont tombés en 2012 pour défendre la liberté de manifester. C’est ce mouvement-là qui a permis à Macky Sall d’accéder au pouvoir».

Sud Quotidien






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