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Si Zoss était passe de vie à trépas ?

Le face à face qui s’est tenu à la RTS entre Zoss et Boy Niang a tourné au drame malgré les mesures de précautions prises pour assurer la sécurité aux lutteurs et à leurs accompagnants. Après cet acte ignoble, on a enregistré beaucoup de réactions émanant des uns et des autres selon que l’on est partisan de tel camp ou de tel autre ou selon que l’on est colombe ou faucon. On peut même dire qu’il y a eu autant de sentiment que de personnes différentes. Mais il y a un point sur le quel tout monde est d’accord : c’est le rejet et le bannissement de la violence.


Rédigé par leral.net le Jeudi 26 Juillet 2012 à 20:40 | | 1 commentaire(s)|

Si Zoss était passe de vie à trépas ?
Dans la lutte, il y a trois réalités aux quelles on est confronté quand on est lutteur et dont on ne peut pas se soustraire à savoir : la défaite, le match nul et la victoire. Étoile montante de la lutte à Pikine, à l’analyse de sa réaction, Boy Niang, semble n’avoir pas digéré d’être battu par Zoss. Il n’a pas su contenir ses frustrations lui, et ses compagnons et s’en ont pris physiquement à Zoss devant témoins. Il s’en est pris aux arbitres en les accusant d’avoir été à l’origine de sa défaite. Tout faux !

Aussitôt les faits déplorables, on a observé que des personnes de bonnes volontés ont offert leur médiation en allant rencontrer la famille de Zoss pour demander le pardon au nom de la famille de Boy Niang .Même la tutelle s’en est mêlé puis le Président du Mouvement des Entreprises du Sénégal.

Qu’est ce que vous avez dit à la famille de Zoss ? Ndioumtéla ! Haléla ! C’est une erreur .Boy Niang est très jeune. Il n’a pas encore atteint l’âge de la raison. Bref ! Que sais-je ?

Si Zoss était passé de vie à trépas : Que diriez-vous et que feriez-vous? J’imagine que des émotions de toute nature auraient fusées de partout ! Des crises d’hystéries ! Peut être même que d’autres morts auraient été ajoutées à la liste ! On dira que ce qui est arrivé est inédit. On va remonter le temps. On va évoquer des épopées ! On va s’étonner et s’interroger comment tout cela a pu arriver. Et pourtant certains vous diront que c’était prévisible. Ils se mettront à citer des indices, des gestes annonciateurs de cette violence mortifère. Ils le savaient mais ils ne l’avaient jamais dit.

Si Zoss était mort, je devine ce que vous aurez dit : Doggal yallah  ken mounici daara ! En musulman croyant, je suis d’accord que Dieu est grand. Je suis d’accord que la volonté de Dieu soit. Je suis d’accord que c’est le maitre des cieux et de la terre. Je suis d’accord que c’est lui qui m’a crée et qui vous a crée .Je suis d’accord qu’il reste le seul maitre de mon destin. Mais ce dont je ne suis d’accord c’est la façon dont on utilise le nom de Dieu pour justifier des choses que lui-même à condamner.

Dieu m’a donné une raison. Il n’y a pas une raison pour les sénégalais. Il n’y a pas une raison pour les «Burkinabé Il n’y a pas une raison pour les negres. Et il n’y a pas une raison pour les blancs. La raison est unique et elle est présente chez tout le monde. Ce qu’on a en fait qui est le plus important non la raison elle-même. Le CNG est face à son destin ! Il sera pédagogue ou laxiste ! A lui de choisir !

Le journaliste verbalement menacé a retiré sa plainte. Zoss a-t-il porté plainte ? Ou vas t’il porté plainte ? Je ne sais pas. On parle de pause dans la lutte. Cette perspective affole les acteurs de la lutte : les promoteurs et les lutteurs. On les comprend .Par ce qu’ils vivent de ça ! Et c’est juteux. C’est lucratif ! Mais aussi, il faut ajouter les chaines de télévision à la liste des gens qui se nourrissent de la lutte. En effet, la lutte attire beaucoup de sponsors.

La concurrence est rude et sans pitié entre les chaines de télévision. Elles se rivalisent dans la création d’émission et dans le recrutement d’animateurs vedettes. Elles se copient sans se soucier de la qualité. Elles se déstabilisent. Et elles se font tout. Parfois à notre grand étonnement, elles collaborent. Nous, on regarde ! Tout y est sauf le scrupule, la morale et la qualité. En vérité, il y a à manger et à boire dans la lutte. On comprend pour quoi l’idée de la pause suscite de la peur et de l’angoisse chez les promoteurs et les lutteurs. Etre lutteur est devenu un métier et donne envie aux jeunes d’être lutteur. Au jour d’hui, on n’a pas honte d’être lutteur. Au contraire, on est fier et on l’exhibe. Et ça rapporte beaucoup plus que les diplômes !

Organe chargé de la gestion de la lutte au Sénégal, le CNG doit saisir cette occasion au lieu de décider d’une pause qui va renvoyer plusieurs centaines de personnes au chômage pour la faute d’une personne et de sa bande de cette disposition réglementaire qui donne le pouvoir à chaque lutteur la possibilité de contester sa défaite si il estime être lésé.. L’arbitre est un être humain. Donc, il est pétri d’erreurs comme vous et moi. Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas dans l’arène.

C’est la possibilité pour un lutteur de faire recours au CNG pour casser une victoire acquise sur le champ comme dans les navetanes. Et pourtant chaque victoire est décidée par trois arbitres. Voyons ! Le cas le plus récent est celui de Lac rose et Amanex. Lac rose est donné victorieux sur le champ. Amanex fait recours au CNG. On casse le verdict des arbitres pour donner la victoire à Amanex. Ce qui fait dire à ce dernier que sa victoire est écornée. Elle aurait été plus belle si on la lui avait donnée sur le champ de lutte. On est en sport. On est des êtres humains. Si on est des êtres humains et on est en sport cette disposition réglementaire n’a plus sa raison d’être.

Elle est à la limite incompréhensible, rétrograde et caduque. Comment peut on donner une victoire à quelqu’un dans l’arène .Il rentre à la raison et savoure avec sa famille et ses amis sa victoire .Quelques jours plus tard, on vient lui dire, votre victoire a été cassée. Quand on a regardé la video, on a observé que vous n’êtes pas vainqueur du combat. C’est tel autre qui a gagné. Peut-on imaginer ce que cela fait dans le cœur et la tête du lutteur dépossédé de sa victoire non par décision arbitrale mais par une séance de réunion du CNG. Peut-on imaginer les sentiments de frustrations qui habitent les arbitres lorsqu’on casse leur décision qu’ils ont prise en toute bonne foie ? Dites-moi, qu’est ce qui reste du pouvoir d’un arbitre lorsqu’on peut remettre en cause à tout moment sa décision ? Même s’il y a litige. Je demande un plus de respect pour les lutteurs et les arbitres en abrogeant cette disposition.

Cette réforme s’impose au CNG qui a deux possibilités : il peut soit abroger cette disposition bancale qui n’a que trop durée et s’en arrêter à la décision du trio d’arbitres soit faire intervenir la vidéo avant de désigner le vainqueur. On est en sport même si la lutte traditionnelle dont on est fier au jour d’hui n’en est pas un selon les critères olympiques.

Mais c’est notre sport. Que Paris soit d’accord ou pas ! Que Londres soit d’accord ou pas ! C’est notre sport à nous pas un sport pour les autres. C’est le sport de chez nous. En intercédant pour empêcher la justice de sévir, nous encourageons l’impunité et l’injustice deux sources principales et fécondes qui alimentent la révolte et la violence. La loi est dure mais c’est la loi !


Baba Gallé DIALLO
Réalisateur SNEIPS (Service National de l’Éducation et de l'Information pour la Santé)
Responsable du site Web du SNEIPS (en construction) / MSAS /
Président de l'ANPTS (Alliance Nationale pour la Prévention du Tabagisme au Sénégal)



1.Posté par Almamy le 27/07/2012 12:30 | Alerter
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Je suis d'accord avec vous.
Le CNG refuse la vidéo arguant que ce sport se pratique sur tout le territoire national et que la vidéo n'est pas accessible partout.
Donc pour une question d'équité, le lutteur de Palmerin ou de Effock qui estime etre lésé par un verdict, ne pouvant pas faire un recours car son combat n'est pas télévisé, il devrait en etre de meme pour les autres combats.
Les erreurs d'arbitrage sont partie du charme du sport. Au football, la FIFA ne peut pas valider un but ou le refuser après un recours. Idem pour le basket, le hand, le volley....

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