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« Si vous privilégiez la bagarre, vous tombez souvent dans le piège »

Expéditif, percutant. Ces qualités sont en passe de devenir la marque de fabrique de Sa Thiés. Plus que par le passé, le fils de l’ancien champion Double Less en a administré la preuve dimanche, lorsqu’il a surclassé Moussa Dioum. Savourant encore cette dernière victoire d’une saison bien remplie, Sa Thiés nous livre les astuces qui lui ont ouvert le chemin de la victoire, les clés du succès dans l’arène mais aussi le rôle joué par son frère Balla Gaye et son entourage. Entretien.


Rédigé par leral.net le Mardi 10 Juillet 2012 à 17:54 | | 0 commentaire(s)|

« Si vous privilégiez la bagarre, vous tombez souvent dans le piège »
Est-ce vous vous attendiez à un combat aussi rapide et facile ?

En allant au combat, on ne pense pas qu’il sera facile ou pas.

Pourquoi ?

Parce que l’adversaire n’était pas un petit. C’est un lutteur comme tous les autres. Il travaille comme tous ses pairs. Il se réveille pour se consacrer aux entraînements avec son entourage et son staff. Quelqu’un qui est soumis à un tel exercice ne peut pas choisir la facilité. Tous ces combats doivent être pris au sérieux.

Quel est le secret de Sa Thiés, si l’on sait que ses combats ne durent souvent pas plus de deux minutes ?

Tout dépend des adversaires que j’ai en face de moi. Mon secret n’est rien d’autre que ma détermination à foncer vers l’objectif. Je n’hésite pas à faire ce que je dois faire et passer à autre chose.

Mais face à ton adversaire, vous ne pensiez pas que le combat serait aussi facile ?

Je pensais que le combat serait rapide, car j’étais en face d’un bagarreur. Mais il fallait négocier avec lui pour le surprendre et le tromper.

Est-ce que ce n’est pas souvent risqué de foncer comme vous le faites devant vos différents adversaires ?

Nous nous sommes préparés en conséquence aux entraînements. Maintenant c’est Dieu qui nous accorde la victoire.


Est-ce vous pouvez revenir sur le film du combat ?

Avant même la présentation, mon entraîneur avait même cru que j’allais à la bagarre quand j’ai enlevé les amulettes que j’avais au bras. Au moment où mon adversaire était à mes côtés, j’ai dis à mon entraîneur de me les garder que j’avais l’intention de me bagarrer jusqu’à… rentrer en boîte vocale. Mon adversaire, en entendant cela, a cru que j’allais me bagarrer et il l’a intégré. Un instant, mon entraîneur m’a chuchoté de ne pas le faire mais je lui ai répondu que c’était une manière de le faire tomber dans le piège. Quand l’arbitre a sifflé, il s’est déplacé, je me suis baissé pour prendre du sable pour pouvoir ensuite l’aspirer. Croyant que je l’invitais à la bagarre, il a vite lancé son coup. Il était en ce moment tombé dans le piège.

D’aucuns pense que tes fulgurantes attaques peuvent te mettre souvent dans une position vulnérable ?

On parle de lutte. Je pratique de la lutte pure et je le privilégie à la bagarre. Les gens remettent souvent en cause les capacités de certains lutteurs même s’ils remportent des victoires. Il faut savoir qu’il faut parfois prendre des risques. Des lutteurs comme Tidiane Faye savent ressortir la technique de lutte pure, d’autres non et utilisent d’autres moyens. Chacun a un point fort.

Mais quelle est la consigne que ton encadrement t’a donnée contre Moussa Dioum ?

On m’avait déjà donné un Cd des combats de Moussa Dioum. J’ai vu ses combats contre Dounkhaf, Tonnerre entre autres. Balla Gaye 2 m’a dit à la veille du combat que celui-ci ne devrait pas durer. Il m’a aussi confié qu’il y a des lutteurs qui ont déjà fait leur temps. Moussa Dioum viendrait pour se bagarrer. S’il déclenche la bagarre ne te fatigue pas et baisse la garde pour le saisir. C’est ce que j’ai exactement fait. Ce sont les conseils que Balla Gaye 2 et mon père ainsi que mon encadrement m’ont donnés.

L’absence de Balla Gaye 2 le jour du combat a bien été comblé par la présence de ton père ?

Il n y a eu aucune pression. J’ai livré un combat et ils n’étaient pas présents. Mon père m’avait juste appelé pour me donner des consignes. Je crois à la force de mes accompagnateurs car l’union fait la force. Même si la présence de mon père est une motivation supplémentaire. Il y a ceux qui se sacrifient pour ta victoire et ceux qui n’attendent que ta défaite. C’est cela qui me rend plus déterminé dans mes combats.

On a parlé d’un combat contre Zoss ?

Je ne fais pas de fixation. Si je devrais lutter avec lui je le ferais. Je peux lutter avec n’importe quel lutteur.

Quelles sont tes ambitions pour les prochaines saisons ?

Je veux amasser beaucoup d’argents (rires)

Sportivement parlant…

Je suis encore un débutant.

Mais au bout il y a le titre de Roi des arènes que détient votre frère Balla Gaye. Est-ce que vous confirmez cette volonté à aller lui ravir le titre ?

Je confirme ( rires).

Si une telle éventualité se présentait vous n’allez tout de même pas le défier ?

Je vais m’entraîner en conséquence, être face à lui et lui appliquer le même sort que mes autres adversaires. Il m’a même appelé pour me dire qu’il va en découdre avec moi parce qu’il a attendu que j’en parlais (rire). Je pense qu’il est temps que les lutteurs cessent de se regarder comme des ennemis. Nous ne sommes pas obligés et il y va de notre avenir. La médisance et les propos malveillants n’ont pas leur place dans l’arène. Chaque lutteur a sa particularité. Quand j’ai terrassé mon adversaire, je lui ai souhaité bonne chance et je l’ai remercié de m’avoir donné la chance de lutter avec lui.

On dit souvent que la bagarre est souvent un manque d’arguments techniques de certains lutteurs Est ce votre avis?

Si vous privilégiez la bagarre au profit de la lutte, vous tombez souvent dans le piège. Il y a des frappeurs et qui sont très précis. Mais je pense que ce n’est pas important de toucher son adversaire. Il importe de chercher une ouverture pour exploiter sa prise. C’est vrai que quand on le sang chaud, on ne se contrôle pas souvent dans les combats.

Mais est-ce que cela ne cache pas souvent des faiblesses dans la lutte ?

C’est vrai mais la lutte est ainsi faite. On trouve toutes les catégories de lutteur dans l’arène. Il y en a qui sont de grands lutteurs mais n’ont pas la force et vice versa. On voit des poids lourds qui ne sont pas doués dans la lutte mais qui peuvent déjouer et contrer n’importe quelles prises. La force et la technique sont les deux composantes dans la lutte. La mystique vient après. Si vous mettez en avant la mystique, vous n’êtes pas à l’abri de surprises.

On s’achemine vers le mois de Ramadan comment les lutteurs et vous allez-vous vous y prendre ?

Nous jeûnons comme tout bon musulman. J’avais l’habitude le soir d’aller, vers minuit, jouer au football. Je peux aussi faire du footing avant de couper le jeûne.



SOURCE:Sudonline.sn






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