leral.net | S'informer en temps réel

Situation des anciens internationaux de la grandeur a la décadence

Chouchoutés pendant leur tendre jeunesse, les anciens internationaux sénégalais sont aujourd’hui en mal de reconnaissance. Pendant ce temps, leurs homologues ivoiriens se font cajoler.


Rédigé par leral.net le Mercredi 23 Mai 2012 à 16:56 | | 1 commentaire(s)|

Situation des anciens internationaux de la grandeur a la décadence
La jurisprudence Bocandé ! Le décès de Jules François Bertrand remet au goût du jour la situation des anciens internationaux. Ces anciennes stars, jadis adulées, se retrouvent aujourd’hui dans l’anonymat total. La situation est telle que, faire l’état des lieux est un jeu d’enfant pour Yérim Diagne, ancien international. «Ceux qui devaient être pris en considération sont laissés en rade. La reconnaissance n’est plus une vertu sénégalaise. On a l’impression que le Sénégal n’a pas de mémoire et ne se souvient pas de ses grands hommes. Ceux qui, à un moment donné, ont marqué l’histoire de l’activité dans laquelle ils excellaient.» L’entraîneur adjoint des Lions en 1986 «pense aux footballeurs et sportifs d’élite qui ont sacrifié leur jeunesse peut-être même leur promotion sociale pour se mettre au service de la nation et qui sont, aujourd’hui, rejetés». Certains sont rongés par la maladie, d’autres tirent le diable par la queue, «entourés d’une indifférence générale». Ce qui fait dire à Yérim que «Bocandé est l’arbre qui cache la forêt. Les autres vivent des difficultés énormes. Alors qu’ils ont eu à porter très haut le flambeau national sans rien demander. Ils sont nombreux dans toutes les activités du pays. Certains étaient brillants à l’école, mais ont arrêté les études à cause de l’Equipe nationale.» L’ancien international Amadou Diop dit «Boy Bandit» s’offre en exemple. «J’ai été jusqu’en Terminale, mais je n’ai pas pu faire le Bac. Après les matchs du Jaraaf en Ligue des Champions, j’enchaînais avec l’Equipe nationale. Je n’avais plus le temps de me concentrer sur les études.» Entraîneur adjoint au Jaraaf, il n’est pas totalement en marge des choses, mais n’occupe pas la place qui sied à son rang. Il dénonce : «Le créneau porteur, c’est le football. Les gens font option football à l’école et viennent nous diriger.»
Sur l’ensemble des clubs de la Ligue, seuls quatre sont coachés par des anciens internationaux : Yëggo de Mbaye Badji et la Css de Makhète Ndiaye, Abdoulaye Ndiaye de Niary Tally, Demba Ramata Ndiaye du Casa.

«Les anciens internationaux n’ont pas un niveau zéro»
«Boy Bandit» va plus loin : «Les entraîneurs qu’on donne en exemple n’ont pas un Cv plus fourni que le mien. Joueur, j’ai tout gagné : le Championnat et la Coupe du Sénégal. J’ai gagné cinq fois la Coupe Amilcar Cabral et une Coupe de la Cedeao. J’ai été deux fois meilleur joueur et meilleur buteur. J’ai joué une demi-finale de Coupe d’Afrique avec le Jaraaf. Entraîneur, j’ai gagné deux Coupes du Sénégal, un titre de Champion. Deux Coupes d’Afrique de Beach Soccer, trois participations au Mondial. Deux fois quart de finaliste, j’ai emmené le Sénégal au 5e rang mondial et premier africain. Qu’est-ce que les gens veulent de plus ?»
Comme tous ses coéquipiers qui sont restés au pays après une carrière de footballeur bien remplie, Amadou Diop «Boy Bandit» veut avoir droit à la parole dans la cité. «On avait de très grands dirigeants ; les Lamine Diack, Kéba Mbaye, Omar Bâ… Leur slogan était : on ne forme pas des joueurs, mais des hommes. On a une obligation de rendre ce qu’on a reçu.»
Malheureusement, le diplôme constitue un obstacle majeur. La faute au système. «On nous fait passer dans des circuits où il faut dix ans pour être entraîneur de haut niveau. Ce n’est pas juste, s’insurge Yérim Diagne. En France, le footballeur international qui a raccroché peut, en trois ans, décrocher tous les diplômes parce qu’ils sont dans des circuits en forme de modules. Périodiquement, ils sont à Clairefontaine. En un temps record, ils obtiennent des diplômes. Au Sénégal, les deuxièmes degrés attendent 10 ans pour avoir le troisième, c’est trop ! Les anciens internationaux ont un vécu et n’ont pas un niveau zéro.» Le centre est parfait pour «Boy Bandit» : «La politique sportive est mauvaise, dira-t-il. Du côté des dirigeants, à part Cheikh Seck, il n’y a personne. Dans les Ligues, l’absence est totale. Alors que dans les autres pays, les anciens internationaux sont impliqués.» Yérim Diagne interpelle l’autorité. «Il faut définir le statut des anciens internationaux. L’Etat est interpellé pour que, très rapidement, on mette en place le statut du sportif d’élite. Ce qu’ils ont fait à Jules François est extraordinaire. Nous sommes très fiers quand tout le peuple s’est levé pour l’honorer, mais il ne faut pas qu’on en reste là. Il faut le perpétuer. Nous nous battrons pour beaucoup plus de considération.» Ailleurs, le combat est sur le point d’être gagné.

L’exemple ivoirien
En Côte d’Ivoire, les anciens internationaux entrevoient le bout du tunnel. Un bel exemple. «La situation des anciens internationaux, regroupés en association dirigée par Alain Gouaméné, est une priorité», rapporte le journaliste Jean Claude Djackus de la Fédération ivoirienne de football (Fif). La Fif a mis en place une politique leur permettant de s’impliquer dans la vie du football à un certain niveau. Certains, les intellectuels, à l’image de Bonaventure Kalou, sont soit conseils ou chargés de mission du Président.» Joint au téléphone, l’ancien attaquant international ivoirien, le fameux buteur de Sénégal-Côte d’Ivoire de Caire 86, Abdoulaye Traoré, confirme : «(Jacques) Anouma a initié les chargés de missions. On fait des formations dans ce cadre et parfois on se perfectionne en France ou au Brésil.» Le volet technique n’est en pas en reste. «Récemment, renseigne le journaliste, la Fédération ivoirienne de football a décidé de recycler les anciens footballeurs en entraîneurs. Ils ont fait un stage de mis à niveau qui concernait une trentaine d’anciens internationaux. Ils vont entraîner les clubs de deuxième et troisième divisions.» Abdoulaye Traoré : «Ils passeront directement le diplôme B, équivalent d’entraîneur de l’Equipe A. Après la licence B, on peut prendre un club de deuxième division et rester en même temps à la disposition de la Direction technique nationale. D’autres font des stages de Consultants télé ou de financiers. Certains (comme Timité Vassouleymane) sont dans la Direction technique nationale» dirigé par N’guessan Clément, en remplacement de Yéo Martial.
Mais à côté, on retrouve «les cas sociaux qui sont une cinquantaine». «Depuis Laurent Gbagbo, l’Etat, à travers le ministère des Sports, les prend en charge. Il octroie 300 mille francs par mois à chacun.» Un acquis que le gouvernement d’Alassane Dramane Ouattara entend consolider. Selon l’ancien international ivoirien, «une loi est à l’étude à l’Assemblée nationale. Tous ceux qui ont porté le maillot national recevront de l’argent. Ils vont recevoir une indemnité jusqu’à la fin de leur vie. Le montant est encore à définir. Nous avons pris le taureau par les cornes et avons tapé sur la table avant qu’il ne soit trop tard. Cela commence à porter ses fruits.» Pour mieux se faire entendre, l’Association des joueurs en activité et celle des anciens footballeurs vont fusionner pour continuer le combat. Pendant ce temps, on réfléchir au Sénégal sur les voies et moyens pouvant améliorer la situation des anciens internationaux. Le ministre des Sports, El Hadji Malick Gakou, vient de mettre sur pied un comité ad hoc chargé de réfléchir sur leur statut.
Une association portée sur les fonts baptismaux
Bientôt le bout du tunnel pour les anciens internationaux sénégalais, toutes disciplines confondues. Une chaîne de solidarité est en gestation. Le décès de Jules François Bocandé a fouetté les esprits ; et de bonnes volontés qui ont en commun la passion du football ont décidé de mettre sur pied une association en vue d’apporter assistance aux Lions. Elle verra le jour au plus tard le 5 juin. La réflexion est entamée depuis plus d’une semaine par des passionnés du football qui ont l’habitude de partager la loge officielle du stade Léopold Sédar Senghor pendant les matches de l’Equipe nationale. De gros bonnets.



Source L'Observateur
Xibar.net



1.Posté par diouf le 23/05/2012 20:48 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Dans beaucoup de pays européens, beaucoup d’anciens joueurs assurent leur reconversion en devenant des entraineurs dans les clubs ou ouvrent des entreprises avec l’argent qu’ils ont gagné.
En Afrique, une fois que les joueurs sont en retraite, ils veulent diriger l’équipe nationale ou faire partie de la fédération. Je pense qu il temps que les anciens joueurs deviennent des entraîneurs dans les clubs pour leur donner leur expérience.
Je fais partie de ceux qui pensent que l’état ne doit rien aux anciens joueurs. Sinon, l état le fera aussi aux autres Sénégalais (les bergers, les paysans, les dames de ménages, …). Pourquoi donner des privilèges à des joueurs qui ont gagné des millions et qui ont aidé juste leurs parents et leurs amis? Qu ont-ils fait comme : construire des écoles, des hôpitaux. …?
Ils devaient penser à leur retraite et investir, aider les autres. Je ne dis pas donner de l argent à des personnes, mais construire des biens communs comme école, hôpitaux.
Je me rappelle bien les chaines en or que ces anciens joueurs portaient et qui me faisaient rêver. Je ne suis pas jaloux. C est bien pour eux. Mais qu ils cessent de demander quoi que ce soit à l'état. On ne leur doit rien. Il savoir gérer sa reconversion, surtout pour ceux qui gagnent des millions

Nouveau commentaire :

Tout commentaire à caractère commercial, insultant, pornographique, raciste, homophobe, incitant à la violence ou contraire aux lois sénégalaises sera supprimé, Peut entraîner votre bannissement total du site




Hebergeur d'image





Hebergeur d'image