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Snapchat, Facebook, Instagram : Existe-t-il un risque d'addiction aux réseaux sociaux : ?

Rédigé par Massene Diop le 15 Septembre 2016 à 00:20 | Lu 651 fois

Avec Facebook ou Instagram toujours à portée de main, la consultation compulsive des réseaux sociaux est-elle une addiction ? A quel moment ce comportement virtuel devient-il un problème ? Existe-t-il un danger à trop liker, tweeter, commenter ? Les explications de Michael Stora, psychologue et psychanalyste.


Snapchat, Facebook, Instagram :  Existe-t-il un risque d'addiction aux réseaux sociaux : ?
Réseaux sociaux : existe-t-il un risque d'addiction ?

Poster une photo de son repas, commenter la publication d'un ami, "tweeter" sa dernière réflexion philosophique... Autant de comportements qui ont envahi notre quotidien, le smartphone à la main, connectés à nos réseaux sociaux favoris. Mais quand ces actes deviennent omniprésents, frôlons-nous l' addiction ?

"On peut voir des personnes avec des rapports compulsifs voire excessifs, mais, c'est compliqué de parler d'addiction au sens scientifique du terme", précise Michael Stora, psychologue, psychanalyste et cofondateur de l'Observatoire des mondes numériques en sciences humaines ( OMNSH ). Ainsi, les réseaux sociaux, tout comme les jeux vidéo, ne constituent pas un concept reconnu comme une addiction par l'Académie de médecine ou par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM).

Etre dépendant du regard de l'autre

A quoi correspond alors le fait de consulter de façon obsessionnelle les réseaux sociaux, partout, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit ? "Ce type de comportement est une forme de dépendance à l'autre" explique Michael Stora. "Ici, l'autre est à la fois l'ami connu et l' 'Autre' au sens des personnes qui suivent, likent et commentent. Cet autre est très large et la relation passionnelle qu'on peut entretenir avec lui est une forme de drogue, comme toute passion" ajoute le psychologue.

Et ce rapport entre l'utilisateur et autrui naît du fait que le fonctionnement même des réseaux sociaux repose sur l'interaction entre ses différents membres. A la recherche de toujours plus d'échanges, l'internaute risque de développer des comportements compulsifs dès lors qu'il s'emprisonne dans ce qu'il publie, à l'affût des mentions "like" et des commentaires qu'il espère recevoir.

Dans ce cas, il opère une sorte de régression : "l'utilisateur compulsif devient comme un enfant qui a besoin du regard de sa mère", décrit Michael Stora. Les adolescents et les jeunes adultes sont particulièrement sensibles à ce type d'interaction, car "à leur âge, l'image de soi se construit dans le regard de l'autre" détaille le psychologue. Mais toute personne qui connaît une phase de baisse d' estime de soi ou une dépression latente est à risque de développer un comportement compulsif vis-à-vis des réseaux sociaux.

Les dangers des réseaux sociaux

L'usage des réseaux sociaux devient réellement problématique quand il y a une rupture de tous liens sociaux, quand les personnes délaissent le réel au profit des réseaux sociaux. A ce stade, la consultation des réseaux sociaux devient une obsession : on le consulte dans tous les lieux, y compris dans le monde professionnel ou scolaire, et à tout instant, même pendant les moments de repos : "quand on dort avec son portable sous l'oreiller, vibreur ou sonnerie activée, il y a un réel problème" confie Michael Stora.

Mais quel danger courent les internautes qui consultent et publient de manière compulsive sur les réseaux sociaux ? "Le risque pour ces personnes est de ne plus avoir de retour sur investissement suffisant. S'ils publient une nouvelle photo de profil et que personne n'aime ou ne commente, ils risquent de tomber dans une dépression" déplore Michael Stora.

"Mais, dans ce cas, beaucoup décideront d'arrêter par eux-mêmes car leur participation sur les réseaux sociaux ne marche plus aussi bien qu'ils l'espéraient." Un autre danger est celui d'accentuer un mal-être déjà existant. "Chacun le voit : quand on va mal et qu'on consulte Facebook , on est renvoyé à quel point on va mal car on se compare à la pensée hyper positive étalée par les autres utilisateurs" révèle le psychologue. De manière plus générale, internet a un effet révélateur et amplifiant, selon Michael Stora.

Guérir par les réseaux sociaux ?

Mais, à l'inverse, l'usage des réseaux sociaux peut apprendre à découvrir l'autre, à mieux appréhender les relations sociales , notamment chez les adolescents inhibés ou timides . "Quand on a une faible estime de soi, qu'on se dévalorise, on recherche dans les réseaux sociaux une manière de combler cette blessure narcissique" souligne Michael Stora. "Les réseaux sociaux permettent de développer le plaisir de se montrer. Beaucoup de Français souffrent d'inhibition. Lorsqu'ils osent se montrer et que les retours sont positifs, cela confirme notre droit à être moins timide grâce au regard de l'autre", détaille-t-il. Un simple "selfie" peut alors suffire à contrer certains complexes.

De même, Michael Stora raconte que certaines personnes souffrant de symptômes psychiatriques ou développementaux avérés ( autisme , troubles bipolaires , schizophrénie) utilisent les réseaux sociaux comme une manière de se soigner. Ils peuvent ainsi entretenir un lien avec autrui, mais à l'abri de son regard direct.

Parfois, ce comportement compulsif peut aider à mettre en lumière de fortes fragilités. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à consulter un psychologue pour comprendre ce que ce mal-être peut cacher. "Des quêtes parfois étranges se cachent derrière un tel comportement" confie Michael Stora. Il faudra chercher à prendre conscience de leur cause, ce qui relève d'un travail individuel. Car "chacun a son histoire", témoigne le psychologue.

SOURCE TOPSANTE


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