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Son bourreau Mamadou Sakho, arrêté à Thiès après un an de cavale, confesse son crime

L’OBS – Après un an de cavale qui l’a conduit en Gambie et dans plusieurs localités du pays, Mamadou Sakho, alias Mouhamed Diop, est tombé le 29 juillet dernier à Thiès. Il était activement recherché par la police pour le meurtre commis, le 11 juillet 2013, sur la domestique Awa Diop aux Hlm Montagne (Dakar). Déroulant le film de l’homicide, il a explicité comment il a étranglé, violé et achevé sa victime avant de l’ensevelir dans une pièce d’un étage dont il était le préposé à la sécurité. Confession.


Rédigé par leral.net le Lundi 4 Août 2014 à 16:51 | | 1 commentaire(s)|

Son bourreau Mamadou Sakho, arrêté à Thiès après un an de cavale, confesse son crime
Le réveil a été douloureux le 11 juillet 2013, pour les habitants des Hlm Montagne, affligés par un crime odieux qui a cours ce jour, dans leur localité, précisément dans un immeuble à plusieurs étages. Les heures qui ont suivi la nouvelle, des stations radios de la place faisaient leurs choux gras du meurtre de la jeune domestique Awa Diop. En effet, l’information a été relayée toutes la journée durant. Une seule question taraudait, cependant, les esprits. Qui est l’auteur de ce crime ? Les indices concordants et autres témoignages recueillis sur place incriminaient unanimement le vigile Mamadou Sakho comme étant le meurtrier de la domestique. Curieusement, au centre de toutes les incriminations, Mamadou Sakho est soudainement devenu introuvable et injoignable. Les limiers des Hlm qui ont procédé aux constats d’usage s’étaient toutefois réservé d’indexer catégoriquement le vigile mis en cause, contre qui, ils n’avaient pas encore réuni toutes les preuves à charge. Une enquête avait été ouverte et un important dispositif composé des éléments des Brigades de recherches du Point E et des Postes de police des Hlm et Grand-Dakar avait été mis en branle pour mettre le grappin sur le véritable meurtrier.

Après son crime, Mamadou Sakho s’est réfugié en Gambie, Kaolack, Touba, Tivaouane, Ndiassane, Saint-Louis, avant de tomber à Thiès

Alors qu’il était activement recherché par la police, Mamadou Sakho est allé se terrer aux abords du cinéma «Awa» de Pikine Icotaf, où il a passé la journée du 11 juillet 2013. Une fois la nuit tombée, il s’est discrètement rendu au lieu dit «Bount Pikine», où il a embarqué à l’aube, dans un bus en partance pour la Gambie. Il séjourne plusieurs mois dans ce pays voisin, avant de se résoudre à rentrer au bercail. Dans un premier temps, il pose ses baluchons à Kaolack. Seulement, ne pouvant prendre le risque de rester longtemps sur place, il décide de se retrancher dans les citées religieuses. C’est ainsi qu’il a respectivement séjourné à Touba, Tivaouane et Ndiassane, avant de débarquer à Saint-Louis. Fauché comme un rat d’église, le meurtrier fugitif est contraint de mendier dans les mosquées pour survivre. Las de cette vie de badaud et de misérabilisme, il s’est résolu, à la veuille de la fête de la «Korité», à rejoindre sa ville natale, Thiès. Malheureusement pour lui, à peine a-t-il rejoint les siens, résidant au quartier Diamaguène, non loin du camp Tropical, qu’il a été repéré et formellement identifié par la dame Bineta Diallo, une ancienne voisine de la défunte Awa Diop. Celle-ci a de suite ameuté le voisinage. Avec le concours de jeunes du quartier, Mamadou Sakho a été maîtrisé et conduit auprès des limiers du poste de police de NGuenth, lesquels l’ont transféré au commissariat du Point E. Le commissaire El H. Dramé l’a, par la suite, mis à la disposition de ses collègues des Hlm pour enquête.

Mamadou Sakho avait étranglé sa victime jusqu’à évanouissement, il l’a sauvagement violée, avant de l’ensevelir

Soumis au feu roulant des questions des enquêteurs, Mamadou Sakho, 44 ans, n’a pas daigné nier l’évidence. Puis, il a été catégoriquement identifié par des témoins et proches de la défunte domestique. Confessant son crime, Mamadou Sakho s’est voulu bien loquace, déclarant avoir perpétré ce crime odieux «sous l’emprise de la colère et de la jalousie», avant de dérouler le film du meurtre. A l’en croire, la domestique Awa Diop était sa copine. Dans la nuit du 10 au 11 juillet 2013, il indique avoir surpris sa «petite amie» en pleine conversation téléphonique avec un autre homme. Ce qui l’a rendu furieux. De retour chez lui, il a décidé de se venger d’elle. Ainsi, le 11 juillet vers 7 heures du matin, celle-ci lui a rendu visite dans un immeuble, sis aux Hlm Montagne où il officiait en qualité de vigile. Il explique que Awa Diop lui a demandé de l’argent pour acheter son petit-déjeuner. Ruminant encore sa colère, il soutient l’avoir éconduite. Mais, c’est lorsque celle-ci lui a tourné le dos qu’il s’est soudainement rué sur elle comme un forcené, et de toutes ses forces, il l’a étranglée avec le pli de son coude. Awa Diop s’est débattue pour se tirer de ce piège, en vain. Pour l’empêcher de crier, le vigile avoue avoir serré davantage sa prise à l’aide de sa main droite jusqu’à ce que sa victime s’évanouisse. Au lieu de chercher à l’assister, Mamadou Sakho s’est montré peut scrupuleux. Il a traîné sa frêle victime sur la terrasse de l’étage. Là, il a enlevé le cuissard, puis le slip de la fille et a profité de l’inertie de celle-ci pour l’a violée sauvagement. Sa sale besogne accomplie, il l’a traînée dans une pièce contiguë à l’enclos des moutons, où il a achevé sa victime en lui assénant des morceaux de briques sur la tête. Pour parfaire son crime odieux, il l’a ensevelie avec des blocs de pierre en béton, de gravas et de pneus trouvés dans cette maison en chantier. Après quoi, il s’est défait de ses propres habits maculés de sang et les a lavés. Il a ensuite lavé ses pieds, également entachés de sang, puis, il a enfoui les habits de sa victime dans un sachet et a discrètement vidé les lieux, emportant ce sachet qu’il a abandonné en cours de route.

L’aveu étant la reine des preuves, Mamadou Sakho alias Mouhamed Diop, qui a été placé en garde à vue, devrait en principe être déféré ce lundi devant le procureur de la République pour pédophilie et assassinat.

Abdoulaye DIEDHIOU






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