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Sur la conférence de presse du Président de la République à Kaffrine


Rédigé par leral.net le Mardi 21 Avril 2015 à 10:11 | | 0 commentaire(s)|

Sur la conférence de presse du Président de la République à Kaffrine
Lors de sa dernière sortie dans les régions, le Président de la République a tenu une conférence de presse dans le Ndoucoumane où le niveau de paupérisation des populations a atteint des proportions jamais égalées. Pendant que le Président tenait sa conférence de presse, les établissements du préscolaire au moyen secondaire étaient secoués par une grève générale de deux mois. En plus, les établissements sanitaires attendaient l´application de la Couverture Maladie Universelle (CMU), au bénéfice des populations paupérisées.

Dans le même temps, les agriculteurs de Kaffrine et de tout le Sine-Saloum en général, continuent de vivre les affres d´une mauvaise commercialisation de leur arachide, dans un contexte économique et social implacable, marqué par la hausse des frais de scolarité de leurs enfants dans les universités du Sénégal et une flambée inattendue et inespérée des denrées de première nécessité ces derniers jours.

C´est dans ce contexte que M. le Président de la République a fait sa tournée économique dans cette vaste région du Sine-Saloum, vivrier incontestable du pays.

Ce qui est étonnant dans son entretien avec la presse, le Président de la République n´a pas semblé connaître ce que vivent nos compatriotes de cette région et ceux de toutes les autres du Sénégal. Mais enfin, c´est tout à fait normal pour un homme politique qui n´a pas de vision, comme le dit tous les jours le Secrétaire Général de notre parti, le Ministre d´Etat Mamadou DIOP Decroix.

S´agissant de l´agriculture, le Président a semblé effleurer la question en parlant de mécanisation, de matériels agricoles, d´intrants et d´amélioration des méthodes culturales; c´est bien mais l´intrant fondamental, la ressource vitale qu´est l´eau n´a pas été évoquée; ce qui dénote d´un manque de vision manifeste; car, comme le dit toujours notre leader Mamadou DIOP Decroix, l´agriculture ne peut pas être boostée sans que l´on cerne la question de l´eau. Pourtant, comme stipulé dans son Document Vision pour un Sénégal de demain Gëm sa bopp, le Sénégal regorge de ressources hydriques inestimables dans son sous-sol, évaluées à des milliardaires de mètres cubes d´eau.

D'ailleurs, la politique agricole devrait être repensée dans une perspective intégrationniste, autrement dit, nos pays qui partagent la même communauté économique ou tout au moins, les mêmes frontières, devraient élaborer des politiques économiques communes, surtout dans le domaine agricole. Par exemple, le Sénégal, le Mali et la Guinée pouvaient avoir en commun une Politique Agricole Intégrée (PAI) si l'on sait que la Guinée Conakry a un réseau hydrographique extrêmement puissant et énorme qui peut tirer à lui seul l'agriculture de ses voisins. Nous devons aller vers cela plutôt que de limiter nos ambitions à une agriculture saisonnière qui ne fonctionne que trois mois sur douze.

En ce qui concerne la crise scolaire, le Président de la République n´a pas non plus compris le fond du problème en croyant que la validation des années de volontariat et de vacation était la principale revendication des enseignants. Or, les lenteurs administratives, l´alignement de l´indemnité de logement, la formation diplômante des professeurs de philosophie titulaires d´une licence ou d´une maitrise en sociologie et les professeurs de mathématiques titulaires d´une licence ou d´une maitrise en math-informatique ou en sciences économiques, entre autres revendications. Si nous revenons sur la revendication lenteurs administratives, le Président doit savoir que d´aucuns pensent que les avancements et les rappels des enseignants sont bloqués depuis 2012 pour permettre à ses différents programmes de se réaliser.

Le cas échéant, ce serait très grave, surtout pour un régime qui disait arriver aux commandes pour réparer les injustices et opérer des ruptures dans la gestion des affaires de l´Etat. Où sont la justice et la rupture dans le blocage systématique et délibéré des avancements et actes de reclassement d'une catégorie de fonctionnaires qui ont les mêmes droits et privilèges que tous les autres agents de l´Etat? Où sont la justice et l'éthique républicaine dans l'empêchement des enseignants à avancer dans leur carrière, percevoir leur rappel et bénéficier des mêmes indemnités que leurs pairs fonctionnaires, qui pour la plupart sont beaucoup moins diplômés et gradés? Où se trouve, également, la responsabilité de l´Etat et du gouvernement dans le non-respect des accords signés le 17 février 2014 avec les syndicats d´enseignants? Où sont les milliards prévus pour la mise en marche de la CMU quand on sait qu´à l'Hôpital Roi Baudoin de Guédiawaye les enfants de zéro à cinq ans continuent de payer les tickets de consultation à 2500 F et les frais de prise en charge médicale (ordonnance, radiographie, analyses et hospitalisation) ?

Voilà les questions de fond qui préoccupent les citoyens et qu´on peut régler sans faire des tournées coûteuses et inopportunes. Il suffit simplement de s'armer d´une vision politique et de respecter les engagements électoraux.

b[Ibra MBOUP, membre du Bureau Politique d'AJ/PADS
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