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Sylla Mougneul, Tonton Ada

C’est bien connu, l’actualité n’a rien de drôle. Tellement pas drôle que lorsque ça l’est, cela devient insolite. Alors, dans le flot ininterrompu d’une actu souvent morose, Sylla Mougneul et Tonton Ada ont décidé d’apporter un vent de fraîcheur, une tonne de bonne humeur et un bouquet d’humour. Un pari qu’ils sont en train de réussir. Bien qu’interviewés séparément, Aliou Diankha, alias Sylla Mougneul et Adramé Ndiaye, aliasTonton Ada, semblaient s’être donnés le mot pour faire les mêmes réponses pour certaines questions.


Rédigé par leral.net le Lundi 16 Janvier 2012 à 00:41 | | 0 commentaire(s)|

Sylla Mougneul, Tonton Ada
Et victimes peut être de leur succès, ils ont démissionné de Walf FM pour se retrouver à la RFM. Loin de leurs débuts où ils n’étaient pas pris au sérieux « parce qu’on ne comprenait pas ce qu’on faisait », indique Sylla. En quittant cette radio, ils voulaient se retrouver et réfléchir à la suite à donner à leur carrière, voire décrocher, carrément. Pendant une à deux semaines, ils ont été « au chômage », et ont commencé à recevoir des propositions d’autres radios, dont RFM. Ils ont étudié les propositions, discuté avec leurs futurs employeurs pour réfléchir ensuite en tête à tête.

Tonton et Sylla, par respect pour leurs auditeurs qu’ils avaient habitués à leur émission, ont décidé de continuer l’aventure de « Dialgati xibaar ». « Pourtant on a d’autres projets, qui seraient plus faciles et plus rentables, mais on s’est dit qu’on allait continuer parce qu’on ne fait pas ce métier juste pour l’argent », explique Sylla.

Cependant deux raisons ont fait pencher la balance du coté de la Radio futurs média. D’une part parce que 90 % du personnel de cette radio venait de Walf FM, « on se connaît déjà, on a une certaine affinité, on se dit la vérité en face, sans détours. C’est important quand on travaille ensemble, indiquent les deux compères. Et d’autre part parce que le propriétaire de RFM, Youssou Ndour, est un artiste, tout comme eux.

« Qui mieux qu’un artiste peut comprendre d’autres artistes ? », s’interroge Sylla. «On s’est dit qu’avoir un patron pareil serait peut être plus sûr. Je ne dis pas que c’est le meilleur des patrons, mais c’est peut être celui qui pourra le mieux nous comprendre », ajoute-t-il. Néanmoins, Sylla et Tonton pensent tous les deux qu’un patron reste un patron, avec sa mentalité de patron, qu’il soit chef d’entreprise, PDG d’une société, chef de garage ou patron de presse. Tous ont la même manière de traiter leurs employés.



A Walf FM, « Bla bla, xibar you gnou dialgati », initié à la radio « Oxyjeunes » devient « Dialgati xibaar ». Alors qu’ils faisaient juste trois à cinq minutes d’émissions auparavant, avec juste des titres, parfois des brèves ou des chapô, sous forme d’échange, genre à toi, à moi, l’émission s’enrichit et s’allonge. A l’image d’un vrai journal radiophonique, avec une revue de presse, des envois de correspondants, des invités, bref un journal complet.

« Car les gens sont habitués à une certaine manière d’écouter l’information. Alors, on utilise la même méthode mais en l’adaptant à notre manière. Même si on veut véhiculer un message ». Tous les six mois, ils renouvellent les rubriques. Progressivement, pour ne pas déstabiliser leurs auditeurs et les préparer. « Parce que si les gens ne te comprennent pas, ils ne peuvent pas t’écouter. Et s’ils ne t’écoutent pas, ils ne peuvent pas apprécier ce que tu fais ».

Leur émission va aussi servir de tribune pour les sans voix, disent-ils. « Ceux qui ont un certain regard sur ce qui se passe, qui souffrent de leurs conditions de vie, ou à cause des gens qui les dirigent. On fait passer ce qu’ils aimeraient dire à ces dirigeants ».



Enregistrement à l’aube

Pour les voir à l’œuvre, mieux vaut être matinal. Très matinal. Sylla Mougneul et Tonton Ada sont à la radio à 5 heures du matin. Première opération, préparer du thé (ataya). Ensuite, ils étudient minutieusement les journaux, écoutent les radios. Voir la Une, les différents faits saillants de l’actu, pour voir ce qu’ils peuvent en faire, ou plutôt en dire.

Parfois, ils sont les premiers en studio. « Parce qu’un artiste a besoin de calme et de sérénité pour travailler », expliquent-ils. Pour ne pas risquer d’être dérangé, dans un moment intense de création et de réflexion. Ils font preuve d’une certaine concentration pour élaborer le menu de leur prochaine émission, écrire leurs textes, etc.

Ce qui est impossible à partir d’une certaine heure, en début de matinée, quand tout le monde a besoin du studio en même temps. « Entre les correspondants qui envoient leurs éléments et les reporters qui enregistrent leurs papiers, nous ne pourrions pas travailler dans un tel brouhaha. Du moins pas comme on aurait souhaité », précise Sylla.

Un rythme auquel ils se soumettent du lundi au jeudi. Le vendredi, sauf si l’actualité l’oblige, ils font passer une émission enregistrée la veille, qui est le journal de la semaine.

La semaine, une fois leur émission mise en boîte, ils quittent, à huit heures parfois, à l’heure où la plupart de leurs confrères prennent service. De retour chez lui, Tonton relit ses notes, fait une autocritique et se réécoute. Une manière pour lui de s’améliorer.



Faire rire sans heurter

Cependant, même s’ils veulent faire rire, Sylla et Tonton ne comptent pas le faire à n’importe quel prix. Leur humour est dénué de méchanceté, par ce qu’ils prennent en compte les oreilles attentives qui les écoutent. Des enfants aux adultes, tous doivent pouvoir rire sans gêne en suivant leur émission. Les surnoms qu’ils utilisent pour leurs personnages, ils les trouvent en déformant le nom, pour garder une certaine ressemblance phonétique. Mais parfois en cherchant dans la personnalité ou le parcours de la personne un fait saillant, ou un trait de caractère.

« Le principal concerné sait qu’on parle de lui, les auditeurs aussi » et ils en rient. Personne ne se plaint. Ils apprécient ce que nous faisons et souhaite que nous allions de l’avant. Alors devinette, qui se cache, ou qu’est ce qui se cache derrière des noms comme « maquillage Sall », « Maître Wédi », « Ndeurane Sambou » ou encore « poulailler de la République ». Vous avez trouvé ?







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