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Syrie : l'ONU accuse Damas et les rebelles de «crimes»

le 16 Août 2012 à 12:14 | Lu 416 fois

Les rebelles ont revendiqué un attentat contre l'état-major au cœur de la capitale.


Syrie : l'ONU accuse Damas et les rebelles de «crimes»
Les combats se sont poursuivis mercredi en Syrie. À Alep, l'armée, appuyée par des hélicoptères et des avions, a bombardé plusieurs quartiers, dont Salaheddine, bastion rebelle dont le régime a dit avoir repris le contrôle. Dans la localité voisine d'Azaz, un bombardement aérien a fait plus de 20 morts, selon l'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

À Damas, la capitale, les rebelles ont revendiqué un attentat perpétré mercredi matin contre un bâtiment de l'état-major dans le centre de la ville. La bombe, placée dans un camion-citerne, visait une «réunion de militaires où sont décidées les opérations du jour à Damas» selon le commandant Maher Nouaïmi, chef du bureau de coordination du commandement de l'Armée syrienne libre (ASL) en Syrie.

L'opération était destinée «à remonter le moral de l'ASL et à dire à Bachar el-Assad et à son commandement que nous pouvons mener des opérations bien étudiées car nous connaissons ce qui se passe dans leurs rangs», a ajouté l'officier. Peu après, toujours à Damas, une fusillade a éclaté à proximité des bureaux du premier ministre. Selon la télévision officielle, «les services spécialisés ont attaqué un repaire de terroristes mercenaires, tuant un nombre indéterminé d'entre eux et en capturant d'autres».

Sur le front diplomatico-militaire, les États-Unis ont encouragé les cadres syriens à faire défection à l'instar de l'ex-premier ministre, Riyad Hijab, réfugié en Jordanie. En récompense, son nom a été rayé de la liste des officiels passibles de sanctions. L'intéressé a jugé que le président Bachar el-Assad était «fini» et ne tenait plus «que 30 % du pays».

L'Iran formerait une milice
Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a par ailleurs accusé l'Iran «d'essayer de former une milice en Syrie» pour soulager l'armée, au front depuis 18 mois. Selon Panetta, cette milice serait formée de Syriens «chiites ou alaouites», membres de la secte du président el-Assad, groupe religieux issu du chiisme.

Dans la sphère diplomatique, la Syrie risquait mercredi un nouveau revers. L'Organisation de la coopération islamique (OCI), réunie à La Mecque, devait annoncer dans la soirée si elle suspendait la Syrie. L'Iran s'y opposait. L'autre grand allié de Damas, la Russie, a, elle aussi, apporté son soutien en demandant à l'Occident, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, de «ne pas saboter l'accord de Genève», adopté la 30 juin, appelant à la transition sans demander à Bachar el-Assad de quitter le pouvoir. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a pour sa part entamé mercredi une tournée en Jordanie, au Liban et en Turquie, pays qui accueillent au total plus de 250.000 réfugiés syriens.

Sur le terrain, la férocité de la guerre ne se dément pas. Les forces gouvernementales syriennes et leur milice, les chabiha, ont commis des «crimes contre l'humanité», «meurtres illégaux, attaques indifférenciées contre les populations civiles et actes de violence sexuelle», accuse un nouveau rapport de la Commission d'enquête de l'ONU. Elle dénonce aussi les rebelles pour crimes de guerre, «incluant des meurtres, des assassinats extrajudiciaires et des tortures», qui ne sont pas de «la même gravité, fréquence et échelle» que celles des forces gouvernementales.


Par Pierre Prier