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Syrie : les rebelles critiqués après l'exécution de loyalistes

le 2 Août 2012 à 12:00 | Lu 697 fois

À Alep, plusieurs membres d'une tribu sunnite qui soutient le régime de Bachar el-Assad ont été mis à mort mercredi par des insurgés.


Syrie : les rebelles critiqués après l'exécution de loyalistes
Les partisans de Bachar el-Assad exécutés mardi à Alep ne sont autres que les chefs d'un grand clan sunnite de la ville, lié au pouvoir et soupçonnés par les habitants d'activités mafieuses. Sur la vidéo mise en ligne par l'Armée syrienne libre (ASL) et qui a fait le tour du monde, on voit quatre hommes, en caleçon et le visage tuméfié, traînés contre un mur et tués de longues rafales de kalachnikov. Les suppliciés sont des notables du clan Berri, et parmi eux figure Zeinou Berri, considéré comme le chef du clan.

Le clan Berri, parmi d'autres activités, est accusé de gérer plusieurs trafics, dont celui de la drogue. Proche du pouvoir, les Berri sont accusés par l'ASL d'avoir recruté jusqu'à 5000 chabiha (supplétifs). La raison de la fureur des insurgés s'expliquerait par une trahison, selon des sources proches de l'opposition. Après avoir agi contre les opposants au printemps dernier, le clan Berri aurait conclu un pacte de non-agression avec l'ASL, puis l'aurait violé en tuant plusieurs insurgés par surprise.

L'entrée en guerre de cette famille trahit la fébrilité du régime, qui met tous ses moyens dans la balance pour emporter la bataille d'Alep. L'exécution des quatre notables devrait avoir des conséquences dramatiques, entraînant des vengeances à grande échelle.

Les ONG craignent une recrudescence d'exécutions sommaires et rappellent à l'ordre les insurgés. Pour Nadim Houry, directeur adjoint de l'antenne Moyen-Orient de l'ONG Human Rights Watch, il s'agit d'un «crime de guerre». Nadim Houry demande à l'ASL de respecter les conventions de Genève sur le traitement des prisonniers.

La vidéo entraîne par ailleurs déjà des conséquences politiques. Elle permet à la Russie de condamner les insurgés tout en n'épargnant pas le régime. Le vice-ministre des Affaires étrangères russe Guennadi Gatilov estime que «le spectacle d'atrocités commises par les rebelles d'Alep prouve sans aucun doute que les droits de l'homme sont violés par les deux côtés. Les deux parties doivent arrêter d'employer la violence.»


Par Pierre Prier