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Tensions à la COP21 sur le partage des efforts entre Nord et Sud

le 10 Décembre 2015 à 13:26 | Lu 474 fois

Pays en développement et développés se sont opposés mercredi soir sur la question cruciale du partage des efforts dans la lutte contre le réchauffement, lors d'une séance plénière à la conférence sur le climat de Paris, alors qu'il reste 48 heures pour sceller l'accord attendu.


"Votre texte est peut-être équilibré: tout le monde est mécontent !", a lancé le négociateur malaisien, Gurdial Singh Nijar, au président de la COP21, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, qui a remis plus tôt dans la journée un projet d'accord aux 195 pays présents au Bourget. Le délégué malaisien s'exprimait au nom d'un groupe d'une vingtaine de pays en développement, qui comprend notamment les deux grands émergents et premier et troisième pays les plus pollueurs au monde, Chine et Inde.

"Responsabilité historique"
Dans un discours véhément, rompant avec l'atmosphère cordiale qui prévalait jusqu'à présent dans ces pourparlers, Gurdial Singh Nijar a estimé que le texte remettait en cause le principe de "la responsabilité commune mais différenciée", qui prévoit que les pays développés ont une obligation d'agir les premiers contre le réchauffement, en raison de leur "responsabilité historique". "Ceci est une grande préoccupation pour nous", a-t-il lancé. "Si vous essayez de façon directe, indirecte ou par un autre biais" d'abandonner "ce point fondamental (...), nous n'aurons pas d'autre choix que de résister", a-t-il averti.

La ministre sud-africaine des Affaires étrangères Edna Molewa, représentante du G77 + Chine (qui rassemble tous les pays en développement) a également fait part de sa "préoccupation" devant "un détricotage constant de la Convention (sur le climat de l'ONU) et la dilution des engagements" que ce texte prévoit. "On ne peut pas mettre les pollueurs et les victimes sur le même plan", a renchéri le ministre indien de l'Environnement Prakash Javadekar.

Pas de catégories statiques
Les pays du Nord insistent pour en finir avec cette ligne de partage rigide entre groupes développés et en développement, inscrite dans la Convention cadre de l'ONU de 1992, arguant du fait que désormais la majorité des gaz à effet de serre sont émis par ces derniers. Sans pour autant exiger le même niveau d'obligations des pays en développement, ils insistent aussi pour ne plus être les seuls à mettre la main au portefeuille pour financer les politiques climatiques des pays du Sud.

S'exprimant au nom des pays développés, le ministre australien de l'Environnement, Greg Hunt, a rétorqué: l'accord de Paris ne doit "pas nous figer dans des catégories statiques". Cette question a été clairement identifiée par Laurent Fabius, comme l'un des trois points à régler impérativement pour espérer parvenir à un accord d'ici vendredi en fin de journée.

7sur7.be