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Terrorisme: le G5 Sahel peut-il se passer du Sénégal ?


Rédigé par leral.net le Mercredi 15 Février 2017 à 16:17 | | 0 commentaire(s)|

Le débat sur l'absence du Sénégal dans le G5 Sahel s'impose de plus en plus ces derniers jours. A l'heure de mettre en place une force conjointe de la plate-forme régionale contre le terrorisme, plusieurs observateurs, notamment sénégalais, déplorent que le Sénégal n'y soit pas associé.

Question épineuse, celle de l'absence du Sénégal du cadre régional que forme le G5 Sahel. Constitué du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, il a été mis en place lors de la rencontre des chefs d'Etat des pays concernés à Nouackchott, il y a trois ans. Selon la présidence du groupe, son objectif est de prévenir et lutter contre l'insécurité dans la zone en utilisant de la meilleure manière les huit milliards d'euros de la communauté internationale dans le cadre de la quête de la sécurité et du développement dans l'espace sahélien.Le Sénégal n'est pas associé à cette démarche, ce que certains observateurs n'arrivent pas à concevoir.

 « Il serait illogique et peu réaliste pour le Sénégal de rester en dehors de cette plateforme régionale qu'est le G5 Sahel », déclare Bakary Sambe le directeur de Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies.

 Selon lui, le Sénégal ne peut pas ne pas être à cette table de discussion. Son avis est relayé par les médias sénégalais. Le magazine Le Pays estime que cette exclusion est ''contre-productive''. Pour les rédacteurs de ce média, il est inconcevable d'exclure le Sénégal, également concerné par les questions du Sahel, et la Libye, ''véritable magasin à ciel ouvert et incubateur de terroristes''.

 Bakary Sambe argue qu'« Il est temps de dépasser les velléités et les préjugés mutuels et de faire preuve de réalisme car les futures stratégies de défense sous-régionales risquent de se faire sans le Sénégal si ce pays ratait encore le coche d'une telle initiative de coordination ».

 

Cet observateur qui est aussi coordonnateur de l'Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique se demande quel avenir donner à un groupe du Sahel qui prend en compte le Burkina Faso, le Mali, etc. mais qui ne prend pas en compte le Sénégal, pourtant un géant de la zone ?

 

G5 Sahel, une foule de projet en suspens

 Plusieurs médias dont Le Pays et Le Djely, se demandent pourquoi les choses ne bougent pas du côté du cadre régional. Censé disposer d'une force militaire commune depuis ses débuts, c'est seulement ce lundi que le G5 Sahel a annoncé la création d'une force commune pour combattre le terrorisme dans la région. « Le G5 toujours en quête d'une force régionale », s'étonne, Boubacar Sanso Barry de Le Djely.

 Selon lui, trois ans après sa création, le G5 Sahel ne devrait plus être à cette étape. À défaut de supprimer définitivement le terrorisme, cette force commune aurait pu peut-être aider à endiguer sa progression en l'enfermant dans les pays où il est déjà présent.

D'un autre côté, rappelle Le Pays, on s'en souvient, le G5 Sahel avec la subvention de l'Occident, devrait aussi créer une école régionale de guerre en Mauritanie, lancer une compagnie aérienne régionale, construire une ligne ferroviaire reliant les cinq pays et prendre en charge la suppression de visas entre eux. A ce jour, aucun de ces projets n'a vu le jour, souligne le média. Pourtant la zone est à un tournant où les menaces deviennent transnationales et hybrides.

 Une manière pour la presse sénégalaise de plaider dans le sens de l'intégration de leur pays au sein de la démarche pour lui donner plus d'envergure et accroître son efficacité.









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