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Thaïlande: la police laisse les manifestants entrer dans le siège du gouvernement

le 3 Décembre 2013 à 15:51 | Lu 251 fois

Les forces de police thaïlandaise ont laissé passer les milliers de manifestants antigouvernementaux qui ont investi en masse le siège du gouvernement à Bangkok. Suthep Thaugsuban, le député conservateur à la tête de la contestation qui réclame toujours la démission du gouvernement, faisait l’objet d’un second mandat d’arrêt pour « insurrection » depuis la veille. Yingluck Shinawatra, la Première ministre, refuse pour l’instant l’instauration d’un « conseil du peuple » non élu.


Photo: REUTERS/Chaiwat Subprasom
Photo: REUTERS/Chaiwat Subprasom
Des milliers de manifestants antigouvernementaux ont été autorisés à s’approcher du siège du gouvernement dont ils font le siège depuis plusieurs jours. Les forces de l’ordre qui, jusque-là, étaient retranchées derrière des barricades de béton et de fils barbelés ont laissé les manifestants franchir les barricades, ce mardi 3 décembre dans la matinée.

Les policiers se sont assis et ont laissé les manifestants franchir les barrières. La foule a alors emprunté la rue menant au siège du gouvernement, qui n’était alors plus protégé que par une simple grille. La foule a ensuite investi en masse les locaux.

Fraternisation entre manifestants et policiers

Les forces de l’ordre ont également laissé passer les manifestants qui encerclaient les rues adjacentes au siège de la police de Bangkok. Des scènes de fraternisation entre manifestants et forces de l’ordre ont eu lieu. Le chef de la police, le lieutenant général Kamronwit Thoopkrajang, a affirmé, dans la matinée de ce mardi 3 décembre, que ses troupes ne s’opposeraient pas à l’entrée des manifestants dans le complexe des services de police, car le quartier général « appartient au peuple ».

Frédéric Belge, l'un de nos correspondants à Bangkok, a assisté à des scènes qu’il décrit comme surréalistes. Les manifestants, qui luttaient de manière très dure depuis neuf jours face au gouvernement de Yingluck Shinawatra, ont été accueillis au siège de la police par des cadets et cadettes leur tendant des roses rouges en signe d'apaisement. Des scènes qui se sont jouées dans un véritable flottement. Les journalistes, comme les spécialistes qui étudient un peu la situation, s'interrogent en effet sur la signification de ce soudain changement de stratégie de la part des forces de l'ordre.

Qui sort vainqueur ?

« En fait, aujourd'hui, personne n'a réellement gagné », juge Than, une employée de 27 ans venue manifester pour obtenir « l'éradication du système Shinawatra ». Au micro de RFI, la jeune femme affirme désormais qu'il s'agit, pour les manifestants, de « juste aller de l'avant », pour obtenir la « fin du système Thaksin ».

Suthep Thaugsuban, le leader de la fronde contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra, crie évidemment victoire, puisque son objectif était de « prendre » le quartier général de la police. Objectif rempli, par défaut, étant donné que la police a baissé les armes. Mais le gouvernement a toujours dit, de son côté, qu’il voulait trouver une solution pacifique au conflit.

Par ailleurs, Suthep Thaugsuban est toujours sous le coup d’un mandat d’amener. La police pourrait essayer de l’arrêter dans les prochaines heures, ce qui pourrait donner le signal d’un retour des violences.

Bras de fer entre Suthep Thaugsuban et Yingluck Shinawatra

Lundi, un mandat d'arrêt pour « insurrection » avait en effet été émis à l'encontre de Suthep Thaugsuban, le leader du mouvement antigouvernemental. Le leader de la contestation, ancien député du Parti démocrate, est un conservateur très controversé. Il est notamment à l'origine de la violente répression des manifestations qui réclamaient la chute du gouvernement au printemps 2010. L'assaut de l'armée contre les « chemises rouges » s'était alors soldé par la mort de 90 personnes et près de 1 900 blessés. Des faits pour lesquels il est d’ailleurs poursuivi sous le chef d’accusation de meurtre.

Dimanche 1er décembre, Suthep Thaugsuban avait rencontré la Première ministre, Yingluck Shinawatra. Mais l’entretien avait débouché sur une impasse.

Yingluck Shinawatra, qui a donné une conférence de presse télévisée ce mardi 3 décembre, a réitéré son offre de dialogue à l'opposition. Elle a cependant refusé la création d’un éventuel « conseil du peuple », non issu d'élections, que Suthep Thaugsuban souhaite voir se mettre en place pour réformer en profondeur le système politique thaïlandais.

(RFI avec AFP)


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