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Thiès – Mort suspecte d’un détenu au commissariat : Le procureur de la République confie l’enquête à la Brigade de recherches de Thiès

Placé en garde à vue avant-hier, au commissariat central de Thiès, le détenu Amadou Dame Ka y est décédé. Ses parents incriminent la police et parlent de torture. Le procureur de la République qui avait ordonné une autopsie a confié l’enquête aux pandores de la Brigade de recherches de Thiès.


Rédigé par leral.net le Dimanche 8 Février 2015 à 09:06 | | 3 commentaire(s)|

Thiès – Mort suspecte d’un détenu au commissariat : Le procureur de la République confie l’enquête à la Brigade de recherches de Thiès
Encore un détenu qui rend l’âme au cours de sa garde à vue. Le drame s’est produit avant-hier, au commissariat central de Thiès. Le défunt faisait partie d’une bande de cambrioleurs opérant avec fusils et armes blanches, pour écumer les commerces de la capitale du Rail. Arrêté dans la nuit du lundi au mardi dernier, à la périphérie Est de Thiès, en même temps que plusieurs de ses complices, à la suite d’un échange de coups de feu avec la police, ils avaient été conduits au commissariat central et placés en garde à vue. C’est au cours de cette détention provisoire que le détenu Amadou Dama Ka a rendu l’âme, jeudi dernier, dans sa cellule. Avisé, le procureur de la République avait ordonné l’acheminement du corps à Dakar, aux fins d’autopsie. En sus, le magistrat du parquet, décidé à tirer l’affaire au clair, a confié l’enquête aux pandores de la Brigade de recherches de Thiès.

Du côté des proches du défunt, on ne décolère pas. Mieux, ceux-ci ont vertement incriminé la police d’être à l’origine de la mort du détenu Amadou Dame Ka. Un avis porté par le sieur Simbine Ka, père du défunt, domicilié au quartier Thionakh. Sans détour, Simbine Ka a affirmé que «la mort de son fils aîné Amadou Dame Ka fait suite aux tortures et sévices corporelles que les policiers lui ont fait subir au cours de l’enquête, juste pour lui extorquer des aveux». Dans la foulée, il explique que c’est alors qu’il s’était rendu à la police pour s’enquérir de la situation de son autre fils, (le cadet), Ousseynou Ka, également membre de ladite bande, arrêté par la police, qu’il a appris la mort d’Amadou Dame Ka. Il admet que celui-ci est réputé être un redoutable brigand, mais soutient mordicus que son fils cadet Ousseynou Ka n’est pas un délinquant. «Il gagne honnêtement sa vie en exerçant le métier de charretier.»

La déposition à charge de l’oncle du défunt détenu qui accable la police

A l’instar du père du défunt, les pandores de la Brigade de recherches ont auditionné l’oncle d’Amadou Dame Ka, le sieur Djiély Sow. Face aux hommes en bleu, il a expliqué que «mercredi dernier, c’est vers 14 heures que les policiers ont débarqué au domicile de Simbine Ka, dans le quartier de Thionakh Peulh. Là, ils ont procédé à une perquisition des lieux, au moment où Amadou D. Ka s’affairait dans la cour à désaltérer les animaux domestiques. Il a été interpellé par les policiers qui l’ont brutalisé pour qu’il avoue son appartenance à ladite bande de voleurs. Il a répondu qu’il est étranger à cette bande. Les policiers qui ont menacé de le tuer l’ont battu plusieurs heures durant à son domicile où ils ont découvert des arrache-clous, munitions d’armes à feu, des armes blanches, un important butin qui a été saisi. C’est lorsqu’il a semblé perdre connaissance que les policiers lui ont passé les menottes, avant de le précipiter dans la malle-arrière de l’un des taxis qui l’a conduit à la police. Au moment de vider les lieux, deux policiers ont pris place sur le capot de la malle arrière du taxi», confie Djiély Sow.

Pour rappel, dans la nuit du mardi au mercredi, les éléments du poste de police de Médina Fall ont été informés par les habitants de la Cité Ouvrière de Thiès, d’un vol de bétail au quartier Chine. Les limiers qui s’y sont rendus ont eu un échange de coups de feu avec les malfrats, qui ont fini par vider les lieux. Deux d’entre eux ont tout de même été appréhendés par la police. Auditionné, ce duo a livré les noms de plusieurs acolytes domiciliés aux quartiers Thionakh Peulh et Sam Pathé. C’est ainsi que les enquêteurs y étant ont arrêté les mis en cause dont Amadou Dame Ka qui a rendu l’âme au cours de sa garde à vue. Il laisse derrière lui une épouse et 3 filles éplorées.

L'Observateur






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