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Tollé après les propos d'un élu républicain sur le viol

le 21 Août 2012 à 12:15 | Lu 401 fois

Pour le candidat républicain au siège de sénateur du Missouri, une femme ne peut pas tomber enceinte après un «véritable viol». Son propre camp le presse de se retirer de l'élection pour ne pas gêner Mitt Romney.


Tollé après les propos d'un élu républicain sur le viol
Si elle est «véritablement violée», une femme ne peut pas tomber enceinte. Tels sont, en substance, les propos tenus dimanche à la télévision américaine par l'élu républicain Todd Akin, farouchement opposé au droit à l'avortement. Interrogé sur la possibilité d'avorter après un viol, ce membre de la commission des sciences de la Chambre des représentants a expliqué «avoir compris» qu'en cas «de véritable viol, le corps de la femme essaye par tous les moyens» d'empêcher la fécondation.

Cette déclaration a suscité un tollé aux États-Unis, aussi bien chez les démocrates que dans le propre camp de Todd Akin. Le candidat républicain Mitt Romney et son colistier, Paul Ryan, se sont empressés de se désolidariser de cet élu devenu gênant pour leurs ambitions présidentielles.

«Le gouverneur Romney et le représentant Ryan ne sont pas d'accord avec les déclarations de M. Akin et une Administration Romney-Ryan ne s'opposerait pas à l'avortement en cas de viol», pouvait-on lire dans un communiqué. Un peu plus tard, Mitt Romney a affirmé dans une interview que les déclarations de Todd Akin étaient «insultantes, impardonnables et franchement fausses».

Des déclarations gênantes pour les ambitions du camp républicain
Todd Akin n'est pas n'importe quel élu. L'homme est candidat au siège de sénateur du Missouri, dont l'élection est prévue en novembre. Or, les républicains comptent sur cet État pour faire basculer le Sénat dans leur camp. Autant dire que les déclarations de Todd Akin sont du pain béni pour les démocrates, qui ne cessent de répéter que l'agenda politique de leurs adversaires est dangereux pour les droits des femmes. L'actuelle sénatrice du Missouri, la démocrate Claire McCaskill, s'est ainsi dite «assommée» par de tels propos. «Cela dépasse l'entendement que quelqu'un puisse ignorer à ce point le traumatisme physique et émotionnel causé par un viol.»

Barack Obama s'est également saisi de la polémique en déclarant, lors d'un point presse à la Maison-Blanche, que «l'opinion exprimée par M. Akin est choquante». «Un viol est un viol. L'idée de devoir faire des différences de vocabulaire et qualifier de quel type de viol on parle est inconcevable pour le peuple américain.»

Todd Akin a tenté de rattraper sa gaffe en expliquant à la radio avoir «utilisé des mots inappropriés». «Ce que j'ai dit était mal dit, et c'était faux. Je m'en excuse.» L'élu a néanmoins rappelé sa volonté de se présenter dans l'État du Missouri, ce qui n'est pas vraiment du goût du camp républicain. Plusieurs grands noms du parti ont ainsi appelé l'élu à abandonner la course.

«Même si Akin s'est excusé, je crois qu'il devrait prendre le temps, en famille, de se demander si ses déclarations pouvaient l'empêcher de représenter notre parti dans cette élection extrêmement importante», a ainsi déclaré le chef de file du Parti républicain au Sénat, Mitch McConnell. Le sénateur républicain du Texas John Cornyn a lui demandé à l'élu de réfléchir à «ce qui est le mieux pour lui, sa famille, le parti Républicain, et les valeurs qu'il défend».

Selon l'agence AP, le comité des candidats républicains au Sénat (NRSC) aurait suspendu son soutien financier à Todd Akin, estimé à 5 millions de dollars. Comme un signe de fébrilité, Todd Akin a annulé à la toute dernière minute une interview sur CNN.


Par Chloé Woitier


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