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Touba: un ndogou spécial chez cette communauté des Baye-Fall , Serigne Omar Doumbouya explique ...


Rédigé par leral.net le Vendredi 11 Juillet 2014 à 13:21 | | 1 commentaire(s)|

Touba: un ndogou spécial chez cette communauté des Baye-Fall , Serigne Omar Doumbouya explique ...




POURQUOI LES «BAYE FALL» NE JEUNENT PAS ?


Le «Baye Fallisme» est une branche dérivée du mouridisme. Ce sont des talibés de Mame Cheikh Ibra Fall, un fidèle compagnon de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur de la Tarikha mouride, qu’on appelle «Baye Fall». Mais en dehors des dreadlocks, les «Baye Fall» ont un

particularisme. C’est qu’ils ne jeûnent pas pendant le mois béni de Ramadan. C’est du moins la règle qu’on leur attribut. Pourquoi ils ne pratiquent pas le quatrième pilier de l’islam ? Cette interrogation qui devient sujet de débat nous a poussés à aller à leur rencontre pour en savoir davantage.

Le jeûne et la prière sont une obligation chez tout musulman. Une obligation dont nul musulman n’est dispensé, à moins que cela ne découle des prescriptions d’exemption décrites par le Coran ou la Sunnah du Prophète Mouhammed (Psl). Et pourtant, les disciples de Mame Cheikh Ibra Fall, un fidèle compagnon de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur de la Tarikha mouride, qu’on appelle «Baye Fall», n'observent pas le quatrième pilier de l’islam. Certes, ils sont conscients que jeûner est une exigence pour tout croyant. Mais, malgré cela, ils affirment, sans état d’âme, que c’est un «ndigël» qu’ils appliquent en passant outre cette recommandation divine. Car Serigne Touba Khadim Rassoul lui-même avait donné «ndigël» à leur guide, Cheikh Ibra Fall, de ne pas jeûner. Cela, en récompense à ses actions de grâces et à sa dévotion envers le Seigneur, à travers lui, le Cheikh.

Il est midi au niveau du rond-point Diamalaye 2. Une nouvelle journée de jeûne a démarré sous un soleil de plomb. Trouvé sur les lieux, Ibrahima Ciss sirote tranquillement sa tasse de «Café Touba» (café local). «Baye Fall» de son état, la trentaine, vêtu d’un patchwork de tissu wax, avec une calebasse pleine de pièces de monnaie, il s’adonne à son exercice quotidien. Quémander de l’aumône au nom de Cheikh Ibra Fall.

A la place du jeûne, les «Baye Fall» se raccrochent au… «Lahilaha Illa Alla»

Et en ce début de la seconde semaine de Ramadan, la chaleur a fini de prendre ses quartiers à Dakar et les jeûneurs ont du mal à gérer la déshydratation. Mais certains ne sentent pas les rigueurs de la faim et de la soif. Ibrahima Ciss en fait partie. Ce jeune «Baye Fall» avoue qu’il ne jeûne pas et qu’il ne prie d’ailleurs qu’occasionnellement.

Pourtant, il se définit comme un musulman et clame son appartenance à la communauté mouride. Il précise aussi qu’il est un «Baye Fall», cette branche du mouridisme, fondée par Mame Cheikh Ibrahima Fall et rappelle que ce dernier avait reçu le «ndigël» de Cheikh Ahmadou Bamba Khadim Rassoul, au même titre que tous ses disciples, de ne pas jeûner.

«Je passe ma journée à sillonner les rues de la capitale en faisant le ‘Majal’ (demande d’aumône au nom de Cheikh Ibra Fall). Mais la nuit, je m’accroche à mon chapelet en invoquant le nom de Dieu jusqu’à 4 heures du matin. Et cela, que ce soit pendant le Ramadan ou en dehors. Après le ‘Majal’, c’est ma seule préoccupation. Car le premier pilier de la religion est le témoignage de ‘Lahilaha Illa Alla’. Elle est appelée parole de l’unicité pure et comporte des bienfaits immenses», renseigne-t-il en soutenant qu’il reste ainsi dans la lignée de Cheikh Ibra Fall en vivant tel que ce dernier a vécu.

Son condisciple «Baye Fall», Baye Bira d’ajouter : «Le jeûne pour moi, c’est pour éduquer le corps et tuer les désirs. Car pendant le mois de Ramadan, le jeûneur se méfie de tout acte qui rompt avec l’islam, tel que l’adultère, le mensonge, la médisance, la rancune, etc. Ce qui devait être le comportement de tout bon musulman à tout moment et partout. Cependant, le ‘Baye Fall’, lui, se concentre sur l’éducation de son âme qui témoignera de tout devant son seigneur. Mame Cheikh Ibra Fall avait symbolisé ce credo. Car, lorsqu’il est allé chez Cheikh Ahmadou Bamba, il maîtrisait parfaitement le Coran et pratiquait tous les piliers de l’islam. Pourtant, il lui avait clairement dit ceci : ‘J’ai suivi les pas de Dieu jusqu’ici et je les ai perdus, soit tu me les montres ou tu m’apportes une preuve palpable. C’est par la suite que le Cheikh l’a exempté du jeûne».

Ils convoquent aussi le ‘Xassaïd’ ‘Massalikul Djinan’ de Serigne Touba

Egalement «Baye Fall», Baye Pape Sène donne une définition de la philosophie du «Baye Fallisme» pour justifier le pourquoi ils ne pratiquent pas le jeûne. «Le véritable ‘Baye Fall’ est celui qui connaît Dieu et qui l’invoque à tout moment. Et la connaissance de Dieu passe par celle des secrets du ‘Lahilaha Illa Alla’, elle est plus importante que tout autre action, même le jeûne. Car il est écrit dans le Coran qu’«en vérité la salat préserve de la turpitude et du blâmable, mais le zikr est certes ce qu’il y a le plus grand» (page 29 verset 45). Serigne Touba enrichit ce écrit par son ‘Xassaïd’ le ‘Massalikul Djinan’ que : ‘la pratique habituelle de l’invocation de Dieu est la meilleure action que l’aspirant puisse accomplir’. Toujours dans ‘Massalikul Djinan’, Serigne Touba ajoute : ‘Quiconque abandonne la répétition du nom de Dieu pour l’invocation d’autre chose, est un crétin fantaisiste’ », explique Baye Pape Sène. «Le ‘Baye Fall’ qui détient cette connaissance et qui l’invoque à tout moment mène une vie austère qui le rapproche de son Seigneur. Il n’a donc nécessairement pas besoin de jeûner. Et au-delà de tous les clichés le faisant apparaître comme un délinquant en mal de refuge social, le disciple de Mame Cheikh Ibra Fall se veut le prolongement de celui qui fut l’exemple du bon disciple et symbolise le mouridisme sous ses facettes économiques, sociales et culturelles», argumente-il.

Papis Mbodj, «Baye Fall» jeûneur, invoque un «Tarbiya»

Papis Mbodj, un «Baye Fall» qui, contrairement à ses condisciples, jeûne, avance les raisons de son acte. «Le jeûne est un des acte rituels pour vivre le ‘Tawhid’. Cependant, il ne m’est pas interdit de jeûner en tant que ‘Baye Fall’. Et étant initié à la connaissance de Dieu, je jeûne même en dehors du Ramadan. Car c’est un ‘Tarbiya’ pour moi, qui me permettra de mieux me concentrer pour l’invocation et l’adoration de Dieu et pour avoir une meilleure maîtrise de mon âme. Le ‘Baye Fall’ que je suis est par contre peu enclin aux génuflexions quotidiennes qui rythment la prière. Le chapelet toujours à la main, je m’adonne cependant à longueur de journée à invoquer le nom de Dieu, le Tout Puissant et à des chants ésotériques qui exonèrent dans la religion», soutient M. Mbodj.

Toutefois, ce jeune «Baye Fall» déplore le fait que «beaucoup de personnes prétendent être des ‘Baye Fall’ alors qu’ils n’ont même pas de marabout. Ils sont là dans la rue, juste pour demander de l’aumône pour eux-mêmes. Ils commettent des délits et salissent notre nom, alors qu’on est loin de ce qu’ils font».

RAMADAN CHEZ LES DISCIPLES DE CHEIKH IBRA FALL






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