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Toulouse et Montauban : l'arme utilisée était la même

le 19 Mars 2012 à 16:32 | Lu 526 fois

L'école juive Ozar-Hatorah, dans le quartier résidentiel Bonnefoy, à Toulouse. Crédits


Toulouse et Montauban : l'arme utilisée était la même
VIDÉOS - Un homme a ouvert le feu ce matin à Toulouse sur le collège juif Ozar-Hatorah, faisant quatre morts et un blessé grave. Le même calibre avait été utilisé la semaine passée lors de l'assassinat de trois militaires dans la Ville rose et à Montauban.

«Aujourd'hui est une journée de tragédie nationale.» Tels ont été les mots de Nicolas Sarkozy, arrivé lundi en fin de matinée sur les lieux de la fusillade mortelle devant une école juive de Toulouse. Le président a décrété une minute de silence mardi à 11 heures dans les écoles du pays.


La tuerie a eu lieu lundi matin, devant l'école juive Ozar-Hatorah, dans le quartier résidentiel Bonnefoy. Selon la police, un homme a tiré vers 8 h 10 sur un groupe de quatre à cinq personnes, en tuant au moins quatre: un professeur, ses enfants de 6 et 3 ans, et un autre enfant de 8 ou 10 ans. Un adolescent de 17 ans se trouve en outre entre la vie et la mort dans un hôpital toulousain.

L'adulte tué était un Franco-Israélien originaire de Jérusalem, selon un de ses proches. «Il était parti en septembre dernier pour une mission de deux ans pour enseigner les matières juives à Toulouse», a expliqué cette source.

Selon Patrick Rouimi, un des responsables des parents d'élèves, le tireur a ouvert le feu sur un groupe de gens qui attendaient à un point de ramassage scolaire informel.
Le tueur «a tiré sur tout ce qu'il y avait en face de lui, enfants et adultes, et des enfants ont été poursuivis à l'intérieur de l'école», a expliqué le procureur Michel Valet. Il se serait ensuite enfui à bord d'un scooter, noir ou blanc selon les témoignages.

Selon une source proche de l'enquête, l'arme de calibre 11.43 utilisée ce lundi est la même que celle qui a servi à assassiner trois militaires la semaine dernière à Toulouse et Montauban. Le tueur qui a semé la mort au collège Ozar Hatorah portait également une autre arme de calibre 9 mm, précise la même source, selon qui une «quinzaine de coups au moins ont été tirés».

Signe que la justice considère que ces trois crimes sont liés, la section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie des trois enquêtes, qui sont «diligentées pour des faits qualifiés d'assassinat et tentatives d'assassinat en lien avec une entreprise terroriste». Cette saisine n'implique pas juridiquement qu'un groupe organisé soit suspecté, un tueur isolé pouvant être poursuivi pour terrorisme s'il est considéré qu'il a voulu «troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur».

Guéant et Hollande se rendent sur place

François Hollande,candidat socialiste à l'Élysée, est arrivé lundi après-midi sur les lieux, pour marquer sa «solidarité aux familles et à la communauté juive de France». Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, «submergé par l'émotion» devant un «acte antisémite», s'est aussi rendu sur place. Il «restera à Toulouse le temps qu'il faudra», a indiqué le chef de l'État.

La Place Beauvau a, par ailleurs, demandé aux «préfectures de toute la France, particulièrement dans le Sud-Ouest, de renforcer la surveillance et la vigilance autour des lieux d'enseignement israélites». «Il faut être très vigilant. Il y a un ou des tueurs qui sont à l'heure actuelle toujours dans la nature», a mis en garde le porte-parole du ministère. À Toulouse, la rue du drame a été bouclée, de nombreux policiers ont été déployés et une cellule psychologique a été établie dans l'établissement.

Lundi, à 17 heures, un office religieux devait se tenir dans la synagogue de Toulouse. Le maire de la ville, Pierre Cohen, a aussi annoncé que toutes les festivités prévues dans les prochains jours sont annulées ou reportées. «Car Toulouse et sa région sont traumatisées», a lâché l'édile sur les lieux du drame.

À Paris, le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre, François Fillon, se rendront à 19h30 à la synagogue Nazareth, dans le IIIe arrondissement, pour assister à une lecture de psaumes à la mémoire des victimes, a annoncé le Consistoire central. La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, y assistera également. Une heure plus tard, une marche silencieuse en hommage aux victimes, organisée par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), se tiendra dans la capitale, entre la place de la République et la place de la Bastille.

SOURCE:Figaro.fr