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Transfert international de munitions en zone de guerre, une "gestion amateuriste" du ministère de l'Intérieur décriée


Rédigé par leral.net le Samedi 27 Août 2016 à 19:35 | | 7 commentaire(s)|

25 cartons de munitions de guerre en provenance de Dakar interceptés à Diboli, poste frontalier malien suivi de l'interpellation d'un officier de police sénégalais aux fins d'interrogation par la Gendarmerie de Kayes, tel a été le titre le plus partagé par la presse ouest africaine.
Mais que s'est il vraiment passé pour qu'une institution comme la police sénégalaise daigne délaisser tous les circuits officiels (avion militaire, cortège sécurisé, convoi militaire, etc....) pour embarquer des munitions de guerre dans un car de transport public ?
C'est le samedi 20 août 2016 dernier qu'un véhicule de la société «Nour Transport» immatriculé AS-4912-M7 a été stoppé puis fouillé par les éléments de la Douane malienne et la stupeur a été la chose la plus partagée quand les gabelous ont découvert dans la soute plusieurs caisses de munitions de guerre et avec comme seul document y afférent un descriptif portant la mention suivante : "Direction Générale de la Sûreté Nationale du Sénégal. Armement DM. Bordereau d’envoi numéro 6421 du 19 août 2016".
Le convoyeur, un officier de police du nom de Moussa Ndiaye présentement en mission à la MINUSMA ne détenait aucun autre document officiel hormis sa carte d'identité professionnelle et son passeport onusien. Et, plus grave, le Capitaine Moussa Ndiaye n'avait pas de lettre de mission.
Dans une récente sortie le BRP de la police déclarait que l'officier n'a jamais été interpellé ni entendu, mais dakarposte.com est en mesure de prouver le contraire car dès les premières minutes de la découverte, les gendarmes de Kayes, compagnie de gendarmerie compétente ont pris les choses en main. Ce qui a failli perdre l'officier est la mention : "direction générale de la sureté nationale Armement DM. Bordereau d'envoi N°6421 du 19 août 2016" alors que le Sénégal dispose depuis la Loi n° 2009-18 du 9 mars 2009 d'une direction générale de la police nationale. Il a fallu tout l'entregent de notre ambassadeur au Mali, lui même ancien DGPN pour faire accepter cet impair aux maliens.
C'est au bout d'une audition de plusieurs heures dans les locaux de la gendarmerie de Kayes et des échanges au plus haut niveau que les gendarmes ont accepté d'escorter la cargaison jusqu'à Bamako où la MINUSMA a pris le relais pour convoyer le colis à Gao siège de la SENFPU2.
Nos contacts au niveau des services de renseignements maliens nous renseignent sur la légèreté dont ont fait montre les autorités sénégalaises car il suffisait juste de câbler leurs homologues maliens pour que les dispositions soient prises dès le franchissement de la frontière. Et notre source de rappeler il n'y a guère longtemps de la découverte de caisses d'armes avec enseigne "gendarmerie nationale sénégalaise" découvertes dans le Nord mali au tout début du conflit qui a fini d'installer le pays dans l'insécurité actuelle, ajoutant que rien que cet épisode devrait obliger les officiels sénégalais à être plus alertes et ne pas verser dans l'amateurisme.
Un officier sénégalais en mission dernièrement au Mali dit être tombé des nues à l'annonce de cette nouvelle car il ne comprend pas que le DGPN, homme de renseignements, puisse laisser passer de telles choses. Et de se féliciter de la vigilance des services maliens car cette cargaison constituée de munitions de guerre pouvait bien tomber entre les mains des djihadistes en cas d'attaque du bus, ce qui est récurrent dans cette zone, avant de nous rappeler il n'y a guère longtemps les attaques à Mopti et Nampala.






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