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Transhumance de Djibo Kâ : Le pouvoir divisé, l'opposition et les mouvements citoyens indignés

Le départ du chef de file l'Union pour le renouveau démocratique (Urd) de l'opposition vers le camp présidentiel n'a pas fait que des heureux. L'opposition et les mouvements citoyens se sont indignés et ont condamné ce comportement, mais son arrivée divise aussi le parti au pouvoir.


Rédigé par leral.net le Mardi 18 Août 2015 à 14:02 | | 7 commentaire(s)|

Transhumance de Djibo Kâ : Le pouvoir divisé, l'opposition et les mouvements citoyens indignés
L'appel public du chef de l'Etat Macky Sall au leader de l'Urd, Djibo Kâ, n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Mais, en véritable bête politique, M. Kâ a su trouver les mots qu'il fallait pour amadouer tout le monde en minimisant la portée du clin d’œil présidentiel. Pour se faire, il a mis tous les atouts de son coté afin de ne pas se faire passer pour un simple homme politique pressé de se jeter dans les bras du tenant du pouvoir. Maîtrisant bien le terrain de la politique, il a fait comme si de rien n'était en continuant de fustiger, avec véhémence, le régime. Ainsi, Djibo Kâ s'est attaqué récemment à la gestion catastrophique du dossier de la cité Tobago. Mais, la visite nocturne de Macky Sall l'a beaucoup marqué on dirait. Raison suffisante pour pousser le chef de parti de l'Urd à plier bagages et rejoindre celui qu'il a jusque-là renié. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois que l'homme s'illustre par ses retournements de vestes aussi spectaculaires que surprenants. Des socialistes aux républicains en passant par les démocrates, on a l'impression que M. Kâ, comme un caméléon, change au gré des paysages. Si du coté du pouvoir, on ouvre les portes à tous ceux qui veulent contribuer à la réalisation du Plan Sénégal émergent, du coté de l'opposition, on allie constat de traîtrise à l'indignation. Cette dernière analyse est la plus partagée par les mouvements citoyens des partis du centres.

Le grand cadre de l'opposition condamne et appel à s'unir davantage

Selon Lamine Bâ, Djibo Kâ vient de donner un coup de jarnac au Grand cadre de l'opposition. "Le parti ne s'est pas encore réuni pour se prononcer sur la question". M. Bâ s'est donc voulu prudent en donnant sa vision personnelle sur ce départ. "Je n'ai pas de leçon de morale à donner à M. Kâ pour le compagnonnage qu'il a eu avec Wade. C'est son choix, il est le chef de file d'un parti libre et souverain", a dit Lamine Bâ. Du coté de la convergence Bokk Gis Gis, le porte-parole du parti, Moussa Diakhaté a proposé que la famille libérale tire profit de ce départ en laissant les querelles personnelles et s'unir pour faire face au chef de l'Etat et poursuivre les chantiers que leur leader, Me Abdoulaye Wade, a entamé. Cela n'empêche qu'il déplore que des militants de l'opposition migrent vers le camp présidentiel. Et M. Diakhaté d'ajouter que le départ de Djibo Ka n'a pas surpris grand monde, car il est coutumier des faits. Pour lui, le moment est venu pour les grands leaders de la famille libérale comme Wade, Idrissa Seck, Pape Diop et les autres d'oublier leurs querelles personnelles et se donner la main pour faire face ensemble. "On est en train de laisser Macky Sall et on pouvoir dérouler à leur guise", s'est-il offusqué.

Embouchant la même trompette que son camarade de l'opposition, Ndongo Diaw du Fsd/Bj n'est pas passé par quatre chemins pour soutenir que Djibo Kâ est un "looser" qui n'épargne pas le président de la République pour avoir emporté Abdou Diouf en 2000 et Abdoulaye Wade en 2012. Dans l'histoire politique du Sénégal, jamais la transhumance n'a servi un pouvoir et desservi l'opposition. Au contraire, il aide toujours l'opposition, selon lui, à avoir le soutien du peuple.

Avec La Tribune






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