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Transhumants, débarrassez le plancher

Les institutions et les pratiques démocratiques révèlent leurs limites quand ce n’est pas leurs perversions. La transhumance, appelée également nomadisme politique, est rangée parmi ces travers. Empruntée au vocabulaire pastoral, la transhumance désigne la migration périodique des troupeaux à la recherche d’espaces plus favorables à leur sustentation et à leur épanouissement. Transposée à la vie politique, elle renvoie à l’attitude de l’homme politique qui migre d’un parti politique auquel il appartient au moment de son élection vers un autre parti, pour des intérêts personnels.


Rédigé par leral.net le Mercredi 28 Mars 2012 à 19:56 | | 1 commentaire(s)|

La date du 25 Mars 2012 sera à jamais marquée d’une manière ineffaçable dans les annales politiques du Sénégal. Ce jour est caracterisé par ce que j’appelle le début de la « déwadisation inéluctable » de l’espace publique et l’avénement d’une deuxiéme alternance au Sénégal. Les choses se sont déroulée de manière éminament limpide au sens où tous les acteurs politiques, de quelque bord qu’ils soient, de quelque obédience idéologique qu’ils se réclament, se sont retrouvés dans un noyau oppositionnel on ne peut plus dûr, et ont infligé, avec une assiduité incomparable, avec un sens aigu de la chose commune, une défaite sans ambage au régime pourri du PDS. Il va sans dire que les événements pré-électoraux, avec leur lot de morts, a bien sûr terni la jouissance. Que ces morts soient reçus en martyrs au paradis de Dieu.
Voilà qu’une page de douze années faites de souffrance infligée au peuple sénégalais, une page de douze années d’arrogance et de condescendance envers ce même peuple, vient d’être tournée et que de nouvelles perpectives s’ouvrent pour le Sénégal. Une nouvelle espérance est née le 25 Mars 2012. Au demeurant, cet espoir est plus que jamais teinté de perplexité. D’abords l’histoire retient que le Président nouvellement élu a été pendant huit longues années un compagnon du régime en chute. Il n’en était pas des moindres. Il a été chef de plusieurs départements ministériels, il a été Premier Ministre, Président de l’Assemblée, par conséquent il a été sans nulle doute l’un des acteurs responsables de prés de la situation de pénitence que les populations sénégalaises ont vécue et continuent de vivre nonobstant cette lueur d’espoir née de l’issue des récentes élections. Il a d’ailleurs dit, lui Macky Sall, assumer son passé de compagnonage avec Wade. En tant que Premier Ministre, donc coordonnateur de toutes les actions gouvernementales, il a, en vérité, sa part de responsabilité dans les afflictions des sénégalais pour n’avoir pas posé des actes, ni des réalisations concrétes qui peuvent être aujourd’hui pointés du doigt d’une manière tangible et ayant des incidences positives sur les conditions de vie des sénégalais. J’aimerais que quelqu’un me les désigne s’ils s’avérent existants. Cependant, que les choses soient claires, l’objet de mon propos ici n’est pas de fustiger le nouveau régime en train de se mettre en place. J’ai un profond respect pour Macky Sall pour l’avoir connu par l’intermédiaire d’ami commun et l’avoir observer de loin dans son attitude faite de constance. Pour ce qui est de Me Alioune Badara Cissé, son lieutenant à l’APR, mon respect et mon admiration pour lui vont au-delà de l’imaginaire pour avoir guidé mes premiers pas aux USA en 1998 par ses conseils éclairés et de m’avoir donné des consultations juridiques gratuites et utiles au moment du processus d’héritage de Feu mon père, il y a de cela une vingtaine d’années.
Bref, je suis de ceux qui ont jubilé à la sortie des premiers résultats du second tour. Ceci étant dit, je veux simplement que les sénégalais que nous sommes, ne nous laissions pas aller dans un enthousiasme aveugle dépourvu de sens critique. La mauvaise expérience de l’alternance du 19 Mars 2000 est toujours fraiche dans nos mémoires.
L’une des choses qui présentement est en passe de me donner des convulsions et me met en boule, c’est précisement le processus de transhumance qui semble être enclanché dans les rangs du parti de Macky Sall. Son numéro deux de parti, en l’occurrence le ci-devant Me Alioune Badara Cisse a dit dans l’émission « le Grand Oral » de la RFM, je le cite : « l’APR est le point de chute naturel des mécontents du PDS, nos portes leur seront grandement ouvertes ». Cette affirmation est plus qu’inquiétante dans la mesure où elle peut être interprétée de diverses manières. Premiérement, on peut se dire que les gens de l’APR n’ont pas comme souci le fait que ces gens qui transhument vers eux, soient en réalité les mêmes qui viennent d’être rejetés par le peuple sénégalais. Ceci est en soit une forme de trahison et de manque notoire de respect envers 65% des sénégalais qui ont voté, non pas pour Macky Sall, mais contre Me Wade, contre son régime truffé de malversations financières. Ces troupeaux de vaches embourgoisées, composées de nouveaux riches pourtant chômeurs d’avant la première alternance, seront intrinséquement les mêmes sur le plan de leur conception de la gestion de la chose publique, c'est-à-dire des malfrats, des délinquents financiers. L’habitude étant une seconde nature. Et le vote des sénégalais dans tout cela ? Mouhamadou Mbodj (grand Doudou) du Forum Civil l’a rappelé l’autre jour sur une des chaines de télé. Ce serait un manquement grave à l’éthique politique que d’ouvrir les portes du nouveau régime à des gens qui ont donné la preuve de leur incompétence, de leur égoisme lorsqu’il s’est agi de la gestion des deniers publics à eux confiés pendant 12 ans. Ce sont des politicards qui ne sont mus que par leurs intéréts de ventre et de bas-ventre. Deuxiémement, cela pourrait donner raison à ceux qui prétendent que l’avénement de l’APR et la dissidence de Macky Sall, sont tout simplement un complot ourdi par le monstre politique qu’est Me Wade pour s’assurer une retraite paisible dépourvue à l’abri de poursuites judiciaires et que Macky Sall lui en a donné la garantie une fois élu. En plus, l’APR sera chargée de perpétuer la doctrine dite libérale.
Je suis inquiet parce que ce qui a fait chavirer le navire libéral, entre autres choses, c’est justement ces transhumants de l’ancien régime socialiste qui sont venus peupler les allées du pouvoir et qui se sont vus confiés des postes parfois juteux et qui tout naturellement avaient repris de plus belle leurs actes blâmables d’enrichissement illicite. Ils ont méme excellé là-dedans dans la mesure où leurs hôtes libéraux étaient eux aussi sans foi ni loi devant les mannes financières offertes gracieusement par le libéral-en-chef en l’occurrence Me Wade.
Toute chose confondue, je me suis dit que si le Président Macky Sall veut que l’histoire retienne de lui un homme de bonne foi, un homme de rigueur, un travaileur, un homme soucieux de la demande sociale, un homme qui vient se positionner en sauveur de ce Sénégal désespérément pauvre, il est impérieux qu’il se départisse de ces pieuvres (ex-liberaux) qui ne tarderont pas à se laisser phagocytés dans le nouveau régime. Les sénégalais sont trop pressés de voir de véritables changements dans les comportements, ils sont assoiffés de nouvelles régles de bonne gouvernance, de redressement des institutions, de la séparation réelle des pouvoirs, de la réduction du train de vie dispendieux de l’Etat. La liste est longue. Les paysans ont besoin d’être aidés dans ces périodes de soudure pénibles après l’échec lamentable de la politique agricole du désormais ancien régime. Les jeunes ont besoin d’emploi. Les denrées de première nécessité dont les prix ont atteint des niveaux insupportables sont là. Le probléme de la Casamance dont la durée et la complexité ont atteint des proportions incommensurables avec des conséquences dévastatrices dans l’essor économique et touristique de la partie sud du pays avec son lot de morts dans les rangs de l’armée qui manque criardement de moyens logistiques pour faire face aux assauts des rebelles. Autant de choses qui me font dire que le Président Macky Sall ne devrait pas perdre une seule minute à gérer ces gens venues des prairies bleues et qui ne sont là que pour conjurer d’éventielles poursuites suite à leurs malversations financières prouvées ou non. Les audits qui ne manqueront pas d’être initiés, révêleront immanquablement des fautes de gestion et des abus financiers. Transhumer juste pour échapper à d’eventuelles représailles de la part de la justice est un comportement que Macky Sall doit bannir dans ses rangs s’il veut poser dès les premiers mois de son « administration » des actes irreprochables et pérennes de transparence dans la gestion de la chose publique. Il y a dans les rangs de la coalision Macky2012 des hommes et des femmes compétents, des gens propres qui, si Macky Sall leur inculque dès l’envol le sens de la circonspection dans leurs comportements financiers, peuvent apporter à n’en pas douter des changements dans ce pays. Il y va de la crédibilité de son régime naissant. Cette crédibilité ne sera engendrée que par l’intégrité de ses actes.



Mame Demba Fall - Saint Louis, Missouri USA




1.Posté par Xeur le 28/03/2012 20:15 | Alerter
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