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Traqué à Banjul, un ancien boss des renseignements gambiens à Dakar

Ancien Directeur général des services de renseignements gambiens, le major Lamin Bo Bdjie, qui a notamment dirigé, du 13 août 2008 au 10 août 2009 la très redoutée National Intelligence Agency (Nia), s’est enfui de la Gambie pour déposer ses baluchons à Dakar. Cet ancien pilier du dispositif de renseignement et de contre-espionnage du régime de Yahya Jammeh cherche à présent des cieux plus céments, loin des menaces de plus en plus précises à Banjul.


Rédigé par leral.net le Lundi 30 Novembre 2015 à 11:23 | | 2 commentaire(s)|

Traqué à Banjul, un ancien boss des renseignements gambiens à Dakar
Selon les sources de nos confrères du journal EnQuête, Bo Badjie, qui vient d’être élargi de prison et qui fait l’objet de menaces venant du régime de Banjul, est en difficulté. Yahya Jammeh cherche visiblement à protéger ses arrières et à se prémunir de certaines anciennes têtes pensantes de son système tombées en disgrâce et traînées dans la boue. C’est le cas de Lamin Bo Badjie qui, deux mois après son limogeage de la Nia et son redéploiement dans l’armée gambienne, fut arrêté dans la nuit du 21 novembre 2009 par des éléments de la garde rapprochée de Yahya Jammeh. Il est directement envoyé au bagne de la prison centrale Mile Two de Banjul d’où il est extrait huit jours plus tard pour faire face aux tortionnaires de l’Agence de renseignements qu’il venait de diriger quelques mois plus tôt.

Accusé d’avoir trempé dans une tentative de coup d’Etat avortée en 2006, soit deux ans avant sa prise de fonction comme patron des renseignements, Bo Badjie est battu et torturé par ses anciens collaborateurs qui voulaient à tout prix lui tirer des aveux pour impliquer le Général Lang Tombong Tamba alors chef d’Etat-major de l’armée gambienne qui venait lui aussi d’être arrêté.

Mais, contre toute attente, Bo Badjie et ses compagnons d’infortune sont graciés par le Président gambien Yahya Jammeh, en juillet dernier, dans la foulée des célébrations marquant les 21 ans du coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir le 22 juillet 1994. Or, certaines de ces personnes graciées ont depuis été arrêtées. D’autres font l’objet de plusieurs formes de harcèlement obligeant ceux qui le peuvent à prendre la fuite.

Reste à savoir si l’Etat du Sénégal va, une nouvelle fois, céder aux caprices de Yahya Jammeh pour expulser Bo Badjie comme ce fut le cas avec Kukoï Samba Sanyang, ou encore Cheikh Sidya Bayo dont l’activisme débordant contre le dictateur gambien leur a valu une caractérisation de persona non grata au Sénégal.






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