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Troisième mandat de Wade: Un danger pour la République et la démocratie sénégalaise


Rédigé par leral.net le Jeudi 2 Février 2012 à 14:40 | | 1 commentaire(s)|

Troisième mandat de Wade: Un danger pour la République et la démocratie sénégalaise
Le Conseil Constitutionnel vient de confirmer la recevabilité de la candidature du président Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle du 26 février 2012. L’opposition s’y attendait. Une bonne frange de la population aussi. De manière presque certaine, cette décision semble avoir été rendue par des juges aux ordres du roi. Pour la énième fois, Wade va solliciter le suffrage du peuple. S’il est réélu, il entamera un troisième mandat et restera en fonction pendant une période de sept ans. Mais, vu son âge avancé, cette candidature pose problème car elle peut avoir des conséquences irréversibles sur notre jeune démocratie et fragiliser la République.

Me Wade a toujours soutenu mordicus que sa candidature ne souffrait d’aucune irrégularité. Il avait raison. Pour lui, c’est comme ça. On ne peut rien y changer. La justice constitutionnelle vient de lui délivrer un blanc-seing. Il est sûr et certain également que l’élection présidentielle qu’il va organiser est déjà dans la poche et il compte la gagner dès le premier tour comme en 2007. Le vieil homme sait où il va et ne lésinera certainement pas sur les très gros moyens de l’Etat pour parvenir à ses fins. Si la question de son maintien au pouvoir n’est plus qu’un secret de polichinelle, ses profondes motivations, elles, restent un mystère. D’aucuns lui prêtent les intentions de vouloir mettre en selle son fils Karim par tous les moyens. Ce qui pourrait simplement être la folie du pouvoir chez lui. Le pouvoir, on le sait, rend ivre et aveugle. D’autres voient dans son obsession une volonté de fuir la justice qui ne manquera certainement pas de fouiller dans sa gestion peu orthodoxe des affaires publiques une fois la page de sa présidence tournée.

Quoi qu’il en soit, sa candidature inquiète plus d’un. Elle serait même dangereuse, voire suicidaire. On la qualifierait de « trop » dans des pays comme le Mali, le Ghana ou le Cap-Vert où les présidents font deux mandats et s’en vont tranquillement. Avec Wade, les choses ne seront pas si simples. L’homme est différent de tous et ne fait jamais rien comme personne. Ambitieux, il sait se montrer démagogue, calculateur, brutal et populiste à souhait dans le seul dessein d’assouvir ses intérêts politiques. Homme d’une ténacité redoutable, l’opposant Wade s’est battu, sans discontinuité , contre Senghor en 1978, puis contre Diouf en 1983, 1988, et 1993 pour, enfin, prendre les rênes du pays de la plus belle manière en 2000 à l’âge de 74 ans.

Parmi tous les présidents de la République du Sénégal, il a été le mieux élu. Il a le plus bénéficié de la ferveur populaire. L’alternance politique qu’il a réalisée, avec le soutien fort du peuple, a été saluée comme une victoire de la démocratie partout dans le monde. Une fois au palais, les Sénégalais l’ont soutenu dans sa présidence en lui donnant une nouvelle constitution, une nouvelle Assemblée nationale, un Conseil de la République et, plus tard, un Sénat dont 65 % des membres sont nommés par lui-même. Cerise sur le gâteau, il sera réélu haut la main en 2007.

Aujourd’hui, Me Wade, à qui les Sénégalais ont tout donné, est devenu un accroc du pouvoir. Il ne veut pas lâcher prise malgré ses 86 ans. Devant l’image pathétique et navrante que renvoie ce vieillard usé et potentiellement malade, on est en droit de nous demander pourquoi, après avoir exercé le pouvoir pendant douze longues années, il ne veut pas passer la main maintenant et en douceur ? A-t’il encore la force de porter tout le poids du Sénégal sur ses frêles épaules ? Pour qui se bat-il encore ? Pour lui ? Nous en doutons ! Tous le soupçonnent de velléités dynastiques c’est-à-dire de vouloir transmettre le pouvoir à son fils après avoir probablement remporté l’élection présidentielle de 2012, sa dernière sans aucun doute. Plusieurs tentatives semblent avoir été menées dans ce sens. Mais, avant d’avancer, parlons un peu de ce fils que les sénégalais ont découvert sur le tard c’est-à-dire seulement après l’alternance.

Karim Meissa Wade, de son vrai nom, est quelqu’un qu’on pourrait qualifier de chanceux : il est fils de président. Son père le présente comme le meilleur de tous les fils du Sénégal et n’hésite pas à lui tresser publiquement des lauriers. « Mon fils, disait-il un jour, je rapporterai à ta mère que tu as bien travaillé ». A ce fils, le dieu Wade a tout donné pour régner sur ses concitoyens : les affaires religieuses (organisation du sommet de l’OCI), le feu (l’énergie), le ciel (les transports aériens), la terre (aménagement du territoire) et les cordons de la bourse (la coopération internationale). L’homme est au cœur de l’Etat et dispose de pouvoirs exorbitants. Il ne rend compte à personne si ce n’est à son propre géniteur. Ceux qui ont eu l’outrecuidance de vouloir l’entendre devant l’Assemblée nationale sur sa gestion calamiteuse de l’ANOCI en ont été exclus. C’est normal, on ne touche pas à un seul cheveu du fils du patriarche !

Pour les courtisans éhontés de son roi de père, il est le plus beau, il est le plus grand, il est le plus fort ! Comme tout enfant de chef d’Etat africain, il a droit aussi à quelques petites gâteries : une armada de conseillers, des bureaux ultramodernes, un… jet privé loué (ou acheté) avec l’argent du contribuable qui n’en peut plus de tirer le diable par la queue. Faire de ce fils le prochain président de la République est le rêve secret que caresse Wade dit-on. Cette entreprise dynastique est, selon certaines personnes bien introduites dans les arcanes du pouvoir libéral, savamment entretenue par des hommes et femmes que la politique nourrit et dont l’ambition inavouée est de continuer à vivre aux frais de la princesse. Ils sont ministres, ministres-conseillers, conseillers de toutes sortes, chefs de partis alliés, anciens barons socialistes, membres de la Génération du Concret,…).

Avec les Wade, beaucoup de gens se sont servis. Lui-même disait un jour avoir fait des riches. C’est la raison, sans doute, qui pousse ces individus à vouloir faire remplacer le père par le fils afin de continuer à bénéficier des faveurs d’un régime qu’on pourrait dénommer Wade II. Gorgui n’a peut-être pas compris tout cela ; il se fait leurrer par une caste de redoutables troubadours et prédateurs qui n’ont d’yeux que pour leurs intérêts bassement matériels.

Cette intention (vraie ou fausse) que l’on prête à Wade ne se réalisera sans doute jamais un jour car ce qui est possible en Syrie, au Gabon, au Togo ou en RD Congo n’est même pas imaginable au Sénégal. La « papacratie » ne saurait prospérer ici. Notre très cher pays n’est pas la propriété d’un homme, d’une famille ou d’un clan. Il nous appartient à nous tous. Si la succession doit se faire au sommet de l’Etat, elle se fera selon la constitution. Le sort du pays ne doit pas dépendre du bon vouloir d’un seul homme. A Wade, on ne reprochera jamais de vouloir léguer à son fils un lopin de terre, une paire de basket, du bétail ou des filets de pêche. Tout bien personnel peut revenir de droit à sa progéniture mais qu’il sache que le Sénégal n’est pas son patrimoine. Il doit nous le rendre en un seul morceau !

L’heure est grave. Il est impérieux que nous repensions nos institutions (en commençant par la fonction présidentielle aujourd’hui dévalorisée) et que nous nous projetions vers l’avenir. Il est venu le temps de respecter enfin la constitution de notre pays, ses lois et règlements, ses différences ethniques et religieuses, etc. Tous les patriotes sincères doivent réfléchir sur la candidature de Wade et essayer d’analyser le danger qu’elle peut représenter pour la République et la démocratie. Regarder impassible un vieillard de presque 90 ans donner libre cours à ses désirs peut mener notre pays vers un indescriptible chaos. Le Sénégal n’a pas besoin d’arriver à une situation où on serait amené à trouver d’urgence un remplaçant à un président démissionnaire, malade ou frappé d’incapacités irréversibles.

Ce risque pourrait arriver si nous ne demandons pas à Wade de partir alors qu’il est temps car il n’est ni irremplaçable ni investi d’un pouvoir divin. Nous craignons que sa réélection pour un mandat de sept ans, qu’il n’est pas sûr de terminer du fait de son âge très avancé, installe notre pays dans une instabilité politique. L’histoire récente de la Côte d’Ivoire doit nous inspirer et nous servir de leçon. La responsabilité de tous sera engagée si nous laissons à la tête de ce pays qui regorge de ressources humaines de qualité un vieillard au soir de sa vie qui ne nous a pas encore tout dit sur ses motivations réelles de vouloir briguer un troisième mandat contre vents et marées .

Amadou SARR
saramadou2008@gmail.com




1.Posté par fand le 02/02/2012 18:02 | Alerter
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refflechissons bien depuis ke abdoulaye wade a pri le pouvoir juska nos jours on note des conflits inter-confreries or Dieu nous a di tjrs ke ''luttez vous contre satan ne vous laissez pas kil vous separe'' et en realite d'apres les constats c abdoulaye wade ki est ce satan ensemble luttons nous contre lui il nous suffit tout simplema avant de faire koi ke ce soit de dire ''ahouzoubilahiminalabdoulayewade raguime'' vous serez donc bien protegez contre satan framacooooooooooooooooooon

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