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Tunis décourage les défilés salafistes

le 24 Septembre 2012 à 12:47 | Lu 180 fois

Les forces de l'ordre ont empêché les manifestants de s'approcher de l'ambassade de France.


Tunis décourage les défilés salafistes
Envoyé spécial à Tunis

Les salafistes n'ont pas voulu défier le gouvernement «islamiste modéré» d'Ennahda qui, cette fois-ci, avait déployé un très important dispositif sécuritaire et bouclé le centre-ville de Tunis à l'heure de la grande prière hebdomadaire. Alors qu'il y a une semaine, les forces de police n'étaient pas parvenues à protéger l'ambassade et l'école américaine, ce vendredi 21 septembre, leur face-à-face avec les fidèles sortants de la mosquée el-Fatah, qui cristallisait toutes les attentions, n'a pas duré plus d'une demi-heure. Mais ce n'est que partie remise, tout le monde s'attendant à ce que les groupes salafistes montent prochainement un nouveau coup de force, selon leur propre agenda, qui se trouve souvent coïncider avec celui d'Ennahda, ce pourquoi l'opposition accuse islamistes «modérés» et «radicaux» d'avoir partie liée.

Appels au calme
Peu après le début de la prière, vers 12 h 30, les haut-parleurs de la mosquée el-Fatah ont diffusé les propos de l'imam invitant «les musulmans à rester calmes» et «à se tenir à l'écart des conflits». À l'issue de cet office, les fidèles, parmi lesquels on ne distinguait pas de salafistes, ont buté sur les différentes forces de police, elles-mêmes adossées à plusieurs voitures militaires, qui interdisaient cette avenue Bourguiba où est installée l'ambassade de France. Tout de noir vêtus, casqués, armés de matraques ou d'armes à feu, parfois également protégés par des boucliers, les policiers n'ont pas eu à bouger. Seuls les claquements des rideaux fer des boutiques fermant les unes après les autres, les moteurs pétaradant des motos des «voltigeurs» et le vrombissement d'un hélicoptère dans le ciel donnaient un peu de relief à cette scène, assez calme et silencieuse. Au final, juste un ou deux slogans contre «les médias semeurs de zizanie» ont été lancés à l'adresse des caméras et appareils photographiques, par des fidèles qui n'ont jamais tenté de tester ou contourner l'important dispositif policier.

Complètement dépassé par les événements une semaine plus tôt, le ministre de l'Intérieur Ennahda, Ali Larayedh, n'avait pas mégoté sur les moyens sécuritaires. Tout le centre-ville de Tunis a été bloqué à la circulation. Était également fermée la route qui mène, 8 km plus loin, de l'ambassade américaine et, au-delà, à la banlieue chic de La Marsa où résident beaucoup de Français. Après la publication de caricature du prophète Mahomet dans Charlie Hebdo, les quelque 25 000 Français, souvent des binationaux, retenaient leur souffle, claquemurés chez eux. En centre-ville, l'ambassade de France, vidée de tout son personnel, était protégée par des barbelés, par plusieurs véhicules militaires et policiers, ainsi qu'un camion avec lance à eau.

L'avenue Bourguiba, sur laquelle des policiers avaient sommé les badauds de circuler dans la matinée, a peu à peu retrouvé son allure habituelle.




Par Thierry Portes