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UCAD : Macky Sall fait-il pire que Wade ? (Par Moustapha Mbaye)

Quand la communication par les armes devient courante, la mort d'homme ne sera point une surprise. L'avènement de ce régime au pouvoir avait suscité un immense espoir dans le milieu universitaire, mais deux ans après, cet espoir se dégonfle amèrement comme un ballon de baudruche : des bacheliers non orientés, des bourses impayées, des étudiants mâtés, des chambres saccagées...


Rédigé par leral.net le Mercredi 20 Août 2014 à 01:03 | | 15 commentaire(s)|

UCAD : Macky Sall fait-il pire que Wade ? (Par Moustapha Mbaye)
La mort de Bassirou Faye ne surprend pas tout observateur averti. Depuis des mois, l'université Cheikh Anta Diop de Dakar est le théâtre de confrontations sanglantes entre forces de l'ordre et étudiants. Il a fallu qu'il ait mort d'homme pour que les gouvernants se ressaisissent : commencer à payer les bourses et retirer les policiers de l'université ; c'est ce qu'on appelle dans une tournure prosaïque médecin après la mort. Gouverner, c'est prévenir.

Cette manifestation qui a coûté la vie à l'étudiant Bassirou Faye n'est pas la première, mais toujours l'Etat a fermé les yeux sur la bavure policière qui caractérise l'université avec notamment des forces de l'ordre qui débusquent les étudiants dans leurs chambres pour les molester et mettre à sac le matériel se trouvant sur place. À cet effet, la problématique de la franchise universitaire revient sur le tapis. La violence symbolique que suscite la présence des éléments du groupement d'intervention mobile dans le campus social a préparé le terrain à la violence physique.

Comment peut-on comprendre que les étudiants soient restés pendant dix mois sans percevoir leur bourse ? Tout en sachant que certains ne dépendent que de cette somme dérisoire pour survivre. Saviez-vous qu'il y a des étudiants qui ont préféré plier bagage pour ne pas vivre dans la mendicité et la promiscuité ? Paradoxalement, jamais on n'a vu un fonctionnaire de l'Etat courir derrière trois mois de salaire. Cela montre l'insigne manque de considération à l'endroit des étudiants.

Du temps de Wade, tout étudiant qui n'avait pas de bourse percevait une aide et le ministre de l'Enseignement supérieur ne tenait pas tout le temps un discours menaçant. Il est vrai qu'on peut parler de manquements du régime de Wade, mais toute enquête ou réforme diligentée doit se faire en tenant compte du temps, or ce régime marche à pas de tortue, cette lenteur constatée ne nous surprend guère surtout quand elle est notée dans tous les domaines. Par ailleurs, quand le ministre de tutelle est inflexible et brandit les muscles dans chacune de ses sorties, sans nul doute, celui qui communique avec un bâton à la main est le premier à inciter à la violence.

Alors les étudiants sont dans l'obligation de défendre leur intérêt sans concession pour ne pas se laisser écraser comme de vulgaires punaises. Au moment où l'on s'attendait à une amélioration des conditions de vie des l'étudiants, l'actuel régime nous sert toutes les formes de violences sur un plateau de slogans creux qui ne font plus rêver. Les étudiants sont tabassés sans aucune justification valable, les amphithéâtres sont toujours bondés d'étudiants, les professeurs sont fréquemment en grève, le problème des nouveaux bacheliers non orientés persiste...deux ans après : pas même une once d'espoir, tout semble ralentir. À quand l'avènement d'un gouvernement proactif ?

tafart@hotmail.fr






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