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UNE TOUBAB AU PAYS DES BAOBABS

CONCOURS LIBERATION APAJ 2010 SÉNÉGAL

On m’a souvent dit que voyager, c’était rencontrer. Rencontrer des paysages mais aussi des vies. Et c’est seulement quand on entre dans la vie d’une personne que commence le véritable voyage.


Rédigé par leral.net le Vendredi 6 Août 2010 à 09:33 | | 2 commentaire(s)|

UNE TOUBAB AU PAYS DES BAOBABS
Deuxième jour. Je regarde le soleil se lever, assise sur un rocher, les vagues à moins d’un mètre en dessous de mes pieds. Je vois la sublime boule de feu sortir de l’horizon et sens ses rayons chauds caresser mes joues blanches. Il est tôt. Quelle heure exactement ? Je ne pourrai le dire. Mais cela n’a pas d’importance car ici, le temps n’existe pas.

Nous sommes arrivés à Dakar hier matin. Le premier choc fut celui de la vue de cette capitale séparée en deux quartiers. Celui de la misère et celui des villas de luxes. Le second choc, fut celui du harcèlement des jeunes sénégalais qui vous refilent leurs numéros avant même que vous ayez pu sortir de l’aéroport. Le réflexe est identique pour tout le monde : on se contracte, on ment, on fuit.

Mais comment ne pas les comprendre? Épouser une occidentale, c’est épouser l’Europe ! Et l’Europe, c’est la richesse, la vie aisée dans des villas de luxes ! Nous, toubabs*, nous sommes leur passeport pour une vie meilleure. Voilà quelle image ils ont de nous. Une image vraie et pourtant tellement fausse.

Pour arriver à notre lieu de résidence, nous avons pris la chaloupe. Au fil des vagues je rêvais, j’admirais. J’arrivais sur une île magique : Gorée, terre perdue, qui ne ressemble en rien aux métropoles du continent, et qui est un monde à elle toute seule. Ni les marchands, ni les aubergistes n’ont pu chasser de cette île les baobabs et leurs souvenirs. Ancien passage pour les esclaves africains en partance pour l’Amérique, elle a, aujourd’hui, décidé de rejoindre les rangs de la liberté en offrant la meilleure école secondaire pour filles de tout le pays. Et c’est dans cet internat que je réside cette semaine avec les autres participants au voyage.

Le reste de la journée, nous nous sommes installés, avons dîné et sommes allés nous coucher, épuisés par les six heures d’avion.

Le soleil s’est levé à présent et j’entends le délicieux son des djembés. Gorée est si petite qu’elle s’oblige au partage de la musique : les oiseaux s’accordent aux musiciens, les musiciens s’accordent aux oiseaux. Cela donne aux oreilles un magnifique spectacle. Une explosion de notes naturelles qui caressent nos tympans.

Je referme ici mon carnet mais j’écrirai bientôt mes futures découvertes car je sais que j’en ferai, je le sens.

Quatrième jour. Je retrouve mon rocher ! Je n’ai pas pu écrire hier car nos journées remplies et nos soirées divertissantes m’enferment, la nuit, dans un profond sommeil. Ces deux derniers jours, nous avons découvert l’île. D’abord, nous sommes montés jusqu’à un terrain plat bordé de bosquets et d’une vue incroyable sur les alentours, la mer et Dakar. Une fois redescendu, nous avons poursuivi notre ballade entre les yuccas et les maisons. Une chose m’a sauté aux yeux alors: on ne peut pas prendre la beauté en photo. On peut capturer sa couleur, sa lumière, ses façades, mais pas sa magie. Cela vaut aussi pour les mots qui paraissent bien pauvres quand il s’agit de décrire la magnificence de toutes ces petites rues chaleureuses où l’odeur si particulière du sable mélangé au soleil rôde.

Durant notre balade, nous avons croisé beaucoup de marchands qui nous invitaient dans leurs boutiques « juste pour le plaisir des yeux ». C’est ainsi que nous rencontrâmes Abdallah. Après nous avoir montré la peinture avec sable, il nous invita dans sa maison : des ruines. Pas besoin pour lui de nous ouvrir la porte pour nous exposer sa vie. Sa femme nous prépara de la dorade cuisinée sur du charbon de bois. Un véritable délice ! Ensemble, nous nous sommes assis par terre et avons mangé à mains nues. Cela ne fit que renforcer le goût du poisson. Le tout fut saupoudré des histoires de notre ami Abdallah qui nous racontait comment son pays mélangeait art et discipline en évoquant Léopold Sédar Senghor, ancien président et poète, et en nous faisant part de quelques contes Sénégalais. Ce repas m’envouta d’une magie inconnue. Celle du partage sans doute. Quel repas ! Il surpassa largement ceux des restaurants cinq étoiles…

Notre hôte nous proposa de nous accompagner à St Louis, ville au Nord du Sénégal pour laquelle nous partons aujourd’hui, et c’est avec joie que nous acceptâmes. Je me dois donc d’arrêter ici mon récit, il faut que je prépare mon sac. St Louis se trouve assez loin et nous devrons y passer une nuit.

Septième jour. Je suis de retour de St Louis et j’en ai encore des frissons. Je commencerai par louer les belles infrastructures de cette ville placée à l’embouchure du fleuve Sénégal. De beaux édifices tel que ce pont, signé Eiffel, qui rejoint « l’hôtel de la poste », et la misère : le village des pêcheurs, longue route où se partagent mépris des parents, cris des enfants, gémissements des chèvres et qui fait fuir à coup de « Toubab doul » l’étranger non-averti.

A chaque pas que nous faisions je me sentais mal, je pleurais presque cette haine qui vivait dans leurs gestes et dans leur voix. J’aurais aimé passer leur carapace épaisse pleine d’épines et de reproches mais je n’osais pas m’aventurer aux creux de leurs yeux.

Abdallah nous expliqua que certains de ces pêcheurs étaient propriétaires de maisons de l’autre côté du pont, mais que Guet Ndar était comme un royaume pour eux…

Peut être sont ils plus riches, mais ils n’ont pas la richesse de cœur de notre guide. J’appris ce jour là qu’un beau voyage, une belle rencontre, se partage à deux.

Mais je ne jugerais pas. Je n’en ai pas le droit puisque je ne les connais pas. Disons que ce soir, nous mangerons avec Abdallah et sa famille dans un restaurant près de l’embarcadère de Gorée. Ce dernier moment entre la Toubab venue du froid et les frères à la peau brulée me réchauffera sans doute le cœur.

Huitième jour. Aujourd’hui, je dis au revoir au soleil et au rocher qui m’ont accueilli ces quelques matins afin que je puisse retranscrire mes découvertes, mes émotions, ma vie au Sénégal. Je me sentais bien ici, près de l’étendue immense de l’océan qui me rappelle l’infini du ciel. Hier j’ai pu remercier Abdallah de m’avoir accueilli dans sa vie, de m’avoir laissé ouvrir sa porte en m’offrant la clé. Je l’ajoute aujourd’hui à mon trousseau. Un jour, j’aurai reçu suffisamment de clés que pour ouvrir ma propre porte. Car c’est au fil des voyages que l’on apprend à connaître notre infini mystérieux, notre océan. Le voyage est un miroir qui reflète ce que nous avons au plus profond de nous. Et j’ai cru voir dans mon reflet un contraste qui sommeille en moi. Je suis un levé de soleil sur l’océan. De l’eau et du feu. Un contraste de culture. La jeunesse qui ne demande qu’à découvrir. Une occidentale au cœur africain.

Ce soir, je quitte Gorée, mais j’en suis tombée amoureuse. J’y laisse donc, sous un rocher, mon cœur pour un jour venir le récupérer.

Toubab.

*(européen en wolof)



1.Posté par Etranger le 06/08/2010 12:05 | Alerter
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C'est peut-être bien écrit mais cela n'a pas sa place dans la presse.
Que d'approximation, d'amalgame, de confusion, de raccourcis...c'est du grand n'importe quoi!

2.Posté par lazou le 06/08/2010 19:44 | Alerter
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c'est bien rien pour le texte poétique.a lire surtout pour les élèves.........

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