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USA Présidentielle : James Comey, le patron du FBI qui fait trembler le camp Clinton

Rédigé par Massene Diop le 31 Octobre 2016 à 21:58 | Lu 936 fois

AFP | Le directeur du FBI, James Comey, le 28 septembre, lors d'une audition devant la Chambre des représentants à Washington.
AFP | Le directeur du FBI, James Comey, le 28 septembre, lors d'une audition devant la Chambre des représentants à Washington.
La lettre envoyée au Congrès américain annonçant la découverte de nouveaux éléments sur les emails d’Hillary Clinton a mis le directeur du FBI, James Comey, sous le feu des projecteurs, à dix jours de l’élection présidentielle américaine.
 
En relançant l’affaire des emails d’Hillary Clinton, vendredi 28 octobre, à dix jours du scrutin présidentiel, alors que la candidate démocrate avait été blanchie quatre mois plus tôt, le directeur du FBI James Comey a pris le risque d’être accusé de rouler pour le camp républicain. Dès cette annonce rendue publique, la candidate démocrate à la Maison Blanche a vivement protesté, tandis que Donald Trump, lui, s’empressait d’encourager son public en meeting à scander "Enfermez-la !" Depuis, les sondages se resserrent et l’affaire est omniprésente dans les médias. À défaut de savoir si le coup était prémédité, impossible de nier son impact dans les derniers jours de la campagne.
 
Le directeur du FBI est un habitué des actions d’éclat. Né en 1960 d’un père agent immobilier et d’une mère consultante informatique, James Comey a fait la une des médias locaux alors qu’il n’avait que 16 ans. Selon le quotidien local, le Bergen Record, qui a réalisé son portrait au moment de sa nomination à la tête du FBI, le jeune adolescent s’est retrouvé séquestré, une nuit d’octobre 1977, avec son petit frère Peter dans la maison familiale d’Allendale, dans le New Jersey. Un criminel surnommé le "violeur de Ramsey", recherché pour plusieurs cambriolages et le viol de deux baby-sitters, pénètre cette nuit-là par effraction chez les Comey et, après les avoir menacés avec un pistolet, enferme les deux adolescents dans la salle de bain. Les deux frères parviennent malgré tout à s’échapper par la fenêtre mais, une fois dans le jardin, tombent nez à nez avec le criminel. James et son frère retournent alors dans la maison pour s’enfermer et appeler la police.
 
Un événement qui, pour toujours, "lui apprit beaucoup sur les séquelles psychologiques que subissent les victimes de crimes", explique le quotidien, et qui contribua à façonner sa réputation de grand professionnel, "dur mais moral".
 
Opposé à George W. Bush en 2004
 
Mais le principal fait d’arme de James Comey remonte à 2004. Alors qu’il est adjoint du procureur général John Ashcroft au département de la Justice [équivalent en France du ministre de la Justice], il empêche cette année-là l’administration Bush de mettre en application un programme de surveillance de l'Agence de sécurité nationale (NSA).
 
En effet, alors que John Ashcroft est hospitalisé en mars 2004, George W. Bush envoie son directeur de cabinet Andrew Card et l’avocat de la Maison Blanche Alberto Gonzales pour convaincre le chef de la Justice américaine de bien vouloir changer d’avis sur le fameux programme de la NSA.
 
Mis au courant de cette visite, James Comey ne perd pas une seconde et part en courant dans les rues de Washington, puis monte les marches de l’hôpital quatre par quatre pour arriver avant les émissaires de la Maison Blanche, et s’assurer que son patron ne revoit pas sa décision sous la contrainte.
 
Un épisode digne de la série politique à suspense House of Cards qui provoqua dans les jours suivants une passe d’armes entre la Maison Blanche et le département de la Justice, duquel John Ashcroft, James Comey et de nombreux hauts responsables menacèrent de démissionner. George W. Bush n'eut d’autre choix que de faire machine arrière.
 
Le rôle joué par James Comey dans cette affaire, révélé dans un article du New York Times puis officiellement documenté lors de son audition, en mai 2007, devant le Sénat, permet au fonctionnaire de gagner l’estime des républicains comme des démocrates soucieux du respect des principes fondamentaux des institutions.
 
Plusieurs enquêtes contre les Clinton
 
C’est sans doute en partie pour cette raison que Barack Obama décide de le nommer en juillet 2013 à la tête du FBI, décrivant lors de son intronisation un homme "qui se tient droit… et haut… pour la justice et l’État de droit", faisant ici également référence aux 2,05 mètres de James Comey.
 
 
L’ancien procureur général adjoint est par ailleurs connu pour avoir travaillé, durant sa carrière, sur plusieurs affaires majeures. Il participe ainsi au début des années 1990 aux investigations sur la famille mafieuse Gambino et se voit confier l’enquête, en 1996, sur l’attentat des tours de Khobar en Arabie saoudite.
 
La famille Clinton apprend aussi à le connaître. En 1995, en tant que conseiller juridique, il enquête au sein d’une commission du Sénat sur l’affaire Whitewater, un scandale immobilier qui éclabousse Bill et Hillary. Le couple Clinton ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire. Puis en 2002, en tant que procureur fédéral, il est chargé d’examiner les modalités de la grâce présidentielle accordée par Bill Clinton à l’homme d’affaires controversé Marc Rich. Mais là encore, rien n’est finalement reproché à l’ancien président des États-Unis.
 
Alors lorsqu’a été annoncé, le 7 juillet 2016, que le FBI ne poursuivrait pas Hillary Clinton dans l’affaire des emails, certains ont sans doute pensé qu’il s’agissait là du dernier acte du feuilleton des enquêtes de James Comey sur les Clinton. C’était bien sûr sans compter sur un nouveau rebondissement dont seul le directeur du FBI a le secret.
 
Source FRANCE24.com


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