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Un Américain condamné à mort en Iran

le 9 Janvier 2012 à 20:42 | Lu 834 fois

L'ancien Marine d'origine iranienne Amir Mirzaï Hekmati a été reconnu coupable d'espionnage pour le compte de la CIA.


Un Américain condamné à mort en Iran
Le verdict ne va pas contribuer à apaiser les tensions montantes entre les Etats-Unis et l'Iran. L'Américain d'origine iranienne Amir Mirzaï Hekmati a été condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Téhéran, a annoncé l'Iran lundi. L'ancien Marine de 28 ans, né aux États-Unis d'une famille iranienne, a été reconnu coupable d'espionnage pour le compte de la CIA. Il était accusé d'avoir subi un entraînement spécial et servi dans des bases de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan avant de se rendre en Iran dans le cadre de sa mission supposée de renseignement. Le juge, Abdolghassem Salavati, l'a déclaré «moharab (en guerre contre Dieu) et corrompu sur terre». Il a 20 jours pour faire appel.

Le jeune homme avait été arrêté en août dernier, deux semaines après être entré en Iran. Hekmati est-il vraiment un espion? La télévision d'Etat a diffusé mi-décembre des images dans lesquelles il avoue avoir été mandaté par la CIA pour infiltrer le ministère iranien du Renseignement. Le jeune homme, rasé de près, parle couramment farsi ainsi qu'anglais avec un accent américain. «J'ai eu un premier entretien avec la CIA en 2009», raconte-t-il.



Selon l‘agence Fars, il était censé transmettre gratuitement un premier lot d'informations à l'Iran, puis proposer de livrer le reste en échange de 500 000 dollars. La facture qu'il devait recevoir pour cette transaction aurait ensuite été utilisée par les Américains comme preuve du financement iranien d'activités terroristes.
Un «ramassis de mensonges»

Mais les conditions de cette confession sont inconnues. D'après le père du condamné, ces aveux sont un «ramassis de mensonges» obtenus par la force. Il explique que son fils, qui travaillait comme traducteur, était allé en Iran pour rendre visite à ses deux grands-mères iraniennes. De plus, les archives militaires obtenus par ABC News montrent qu'en tant qu'ex-Marine, Hekmati n'a jamais été sous les ordres de l'Armée et qu'il n'a jamais reçu d'entraînement dans le renseignement. La famille déplore que le seul défenseur d'Hekmati soit un avocat mandaté par le gouvernement et qu'il ne l'ait rencontré qu'au premier jour du procès fin décembre. D'ailleurs, la stratégie de défense de ce dernier repose, selon l'agence Fars, sur le fait qu'Hekmati ait échoué dans sa mission, et que dans la loi iranienne, l'intention d'infiltrer n'est pas considérée comme un crime.

Washington a rejeté en bloc ces accusations et appelé l'Iran à libérer Hekmati, précisant que des diplomates suisses, qui représentent les intérêts américains à Téhéran en l'absence d'ambassade, avaient demandé à le voir samedi, mais que cela leur avait été refusé.

Ce n'est pas la première fois que Téhéran annonce l'arrestation de «saboteurs» travaillant pour les États-Unis ou Israël. Dimanche, le ministre des Renseignements a annoncé l'arrestation de plusieurs «espions» chargés par les États-Unis de perturber les élections législatives du 2 mars. En mai dernier, 30 personnes soupçonnées d'intelligence avec les Etats-Unis ont été arrêtées. Par la suite, 15 personnes avaient été inculpées d'espionnage.

Mais cette affaire tombe particulièrement mal, après les nouvelles sanctions contre le programme nucléaire iranien et les menaces de Téhéran de fermer le détroit d'Ormuz, un canal stratégique pour le trafic maritime pétrolier mondial. Le ministre américain de la Défense, Leon Panetta, a prévenu que les Etats-Unis répondraient par la force si l'Iran cherchait à bloquer le détroit d'Ormuz, évoquant une «ligne rouge» à ne pas franchir.

By Le Figaro