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Un ancien de la CIA accusé de fuites dans la presse

le 24 Janvier 2012 à 11:14 | Lu 908 fois

Un ancien espion américain est suspecté d'avoir divulgué des informations secrètes à des journalistes. Il risque trente ans de prison.


Un ancien de la CIA accusé de fuites dans la presse
John Kiriakou, un ancien responsable de la CIA, l'agence centrale de rensseignement des États-Unis, a été accusé lundi d'avoir divulgué des informations secrètes à des journalistes,dont le nom d'un collègue travaillant sous couverture, ainsi que des éléments sur l'interrogatoire d'un membre d'al-Qaida, a annoncé le ministère de la Justice américain. John Kiriakou, salarié de la CIA de 1990 à 2004, devait être présenté dans la nuit de lundi à mardi devant un tribunal fédéral de Virginie pour y être formellement inculpé, a précisé le ministère américain dans un communiqué.

Il lui est reproché d'avoir révélé à un journaliste, lors d'échanges par courriel qui sont intervenus entre juillet et août 2008, l'identité d'un agent secret, en le présentant comme le «chef d'équipe» de certaines opérations. Il aurait aussi révélé l'identité d'un autre agent, Deuce Martinez, qui était impliqué dans la capture et l'interrogatoire d'Abou Zoubaydah, une figure d'al-Qaida que la CIA avait interrogé en ayant notamment recours à des simulations de noyades.
Il se décrit comme «un espion réticent»

Selon le journal en ligne Politico, John Kiriakou aurait parlé à un journaliste du New York Times, Scott Shane. John Kiriakou n'est pas un inconnu. Après avoir pris sa retraite de la CIA, il a publiquement reconnu avoir utilisé la torture, et a pris part aux discussions concernant l'utilisation du waterboarding, une forme d'interrogatoire particulièrement violente qui consiste à simuler une noyade. Il a reconnu être mal à l'aise avec l'utilisation de cette méthode. En 2010, il a publié un livre L'Espion réticent: ma vie secrète à la CIA pendant la guerre contre le terrorisme, avec l'écrivain Michael Ruby.

Kiriakou est poursuivi pour avoir violé la loi sur l'espionnage en divulguant des informations touchant à la sécurité de l'État, pour ne pas avoir protégé la loi sur la protection des identités, et pour avoir menti à la CIA. Il risque trente ans de prison.

Le Figaro