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Un athlète profite des JO pour demander l'asile politique

Rédigé le Vendredi 27 Juillet 2012 à 12:42 | | 0 commentaire(s)

Un coureur d'Afrique de l'Ouest a déclaré à un commissariat de police qu'il faisait l'objet de persécutions dans son pays. Ce n'est pas la première fois qu'un sportif profite d'une compétition internationale pour s'enfuir.



Un athlète profite des JO pour demander l'asile politique
Certains athlètes ne vont pas aux Jeux olympiques de Londres pour remporter des médailles. Ils visent quelque chose d'autrement plus précieux à leurs yeux: l'asile politique. Ainsi, n'attendant même pas le début des épreuves, un coureur d'Afrique de l'Ouest s'est enfui de son camp d'entraînement dans le Yorkshire, révèle jeudi le tabloïd britannique The Daily Mail. Le jeune homme, dont l'identité n'est pas connue, s'est présenté dans un commissariat à Leeds pour déclarer qu'il était persécuté dans son pays et demander le droit d'asile. Les services de l'immigration sont en train d'étudier son cas. Selon le quotidien, sa démarche devrait probablement l'empêcher de participer à la compétition.

Si ce jeune sportif est le premier à se manifester ainsi, son cas ne devrait pas être isolé. L'office de l'immigration britannique craint que 2% des sportifs, officiels et fans, notamment d'origine africaine et moyen-orientale, pourraient tenter de profiter de leur présence pour réclamer l'asile, ou pour «disparaître» et rester clandestinement en Europe. Certains pourraient par ailleurs suivre le conseil de Mark Stephens. Cet avocat britannique a appelé en mai les athlètes gays et lesbiennes venant de pays réprimant l'homosexualité à en profiter pour demander l'asile, comme le permet depuis 2010 une décision de la Cour suprême britannique.

Soucieux d'éviter un afflux d'immigrés illégaux, le gouvernement britannique a pris des mesures strictes concernant les 20 000 personnes non issues de l'UE ayant reçu un visa de six mois pour les JO: interdiction formelle de se marier, d'entamer des études ou de prendre un emploi durant le séjour. Et les visiteurs doivent prouver qu'ils ont assez d'argent pour s'entretenir pendant six mois et pour payer le billet de retour. Empruntes digitales et scanner facial sont également prévus à l'arrivée.

Une tradition de longue date
La disparition d'athlètes à l'occasion de compétitions internationales est une tradition de longue date. Pendant la guerre froide, ces défections étaient favorablement accueillies par les pays occidentaux. Aux JO de 1956 à Melbourne, 45 sportifs hongrois avaient profité de la compétition pour demander l'asile, avec le soutien des États-Unis. Mais les pays riches ne sont plus aussi hospitaliers et voient désormais d'un mauvais œil ce phénomène récurrent.

La Grande-Bretagne, en l'occurrence, est habituée. Rien que l'année dernière, aux Jeux du Commonwealth qui se déroulaient à Manchester, deux athlètes camerounais de 16 ans ont pris la fuite de l'aéroport juste avant de prendre le vol de retour. En 2008, six coureurs érythréens étaient restés à Edimbourg lors d'un championnat de cross-country. Après les Jeux du Commonwealth de 2002, encore à Manchester, la Sierra Leone n'a récupéré que 10 joueurs sur 30, les autres s'étant évaporés après la cérémonie de clôture. Et les sportifs n'attendent pas toujours la fin de la compétition pour faire la belle. Lors de l'Open de golfe de 2002 en Écosse, sur 58 joueurs du Nigeria et du Ghana, seulement 5 ont foulé le terrain de golf, les autres se sont évadés aussitôt après avoir atterri.

Le Royaume-Uni n'est bien sûr pas le seul pays à nourrir, pour les sportifs en déplacement, l'espoir d'une vie meilleure. En 2006, quatre footballeurs érythréens ont demandé l'asile politique au Kenya au moment d'un match de la Ligue des champions d'Afrique. À l'issue des IVe Jeux de la francophonie en 2001, 106 athlètes ont réclamé l'asile politique au Canada. Au début des années 1990, l'équipe de football éthiopienne a saisi l'opportunité d'une escale à Rome pour faire défection. Arrivée en Égypte, où elle devait participer à un match de la Coupe d'Afrique des nations, la sélection nationale était amputée de près de la moitié de son effectif. Après les JO d'Atlanta en 1996, c'est aussi la quasi-totalité de l'équipe de basket féminine de l'ex-Zaïre qui en a profité pour rester aux États-Unis.

Les équipes cubaines de base-ball, de football, de judo et de boxe subissent aussi régulièrement des désertions. La judokate Yurisel Laborde, double championne du monde et médaillée de bronze olympique à Athènes, a notamment profité des Jeux panaméricains organisés en mai 2008 à Miami pour demander l'asile politique aux États-Unis. L'année d'avant, Odlanier Solis, Yan Barthelemy et Yuriorkis Gamboa, tous trois boxeurs médaillés d'or aux Jeux d'Athènes, ont profité d'un déplacement au Venezuela pour s'évanouir dans la nature.


Par Laura Raim




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