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‘’Un café avec’’ Macky Sall - Par Ibra Pouye


Rédigé par leral.net le Samedi 21 Mars 2015 à 09:39 | | 28 commentaire(s)|

‘’Un café avec’’ Macky Sall - Par Ibra Pouye
Un merci du bout des lèvres au producteur d’une des séries cultes du petit écran sénégalais dont raffolent la jeunesse et la diaspora, nostalgique des moments de braise et de fête. Série tv honnie ou aimée, comprenne qui voudra. ‘’Un café avec’’ est un feuilleton où on aime se retrouver et se calfeutrer dans son fauteuil tout en rêvassant de ce pays qui
nous est si loin mais très proche du cœur.

Ce titre, un tantinet pompeux, nous rappelle une chronique qui s’intitule Dans la tête de Macky Sall et qui a fait saliver bon nombre de lecteurs assidus. Des mordus de mes chroniques à la saveur politicienne que je couche sur du papyrus durant mes heures de pérégrination. ‘’Un café avec’’ Macky Sall n’est rien d’autre qu’une fiction.

Rien d’autre qu’une conversation dans l’imaginaire collectif. Discuter avec le président de la République est naturel. Parler avec son président, élu au suffrage universel, s’inscrit dans la logique des choses. En effet, tout le monde ne peut pas discuter avec Macky Sall, tenaillé par les affaires de l’Etat. Cela est vrai et est fort de café. Un café avec Macky Sall, c’est enchaîner une discussion à bâtons rompus avec le maître de céans sur les sujets brûlants de l’actualité de notre pays. Une discussion teintée d’une once d’humour qu’on lui reconnaît à ce danseur de wango ou de yéla.
Plantons le décor et parole au président de tous les sénégalais et de toutes les obédiences politiques confondues. Que sonnent tambours et trompettes (…) Silence, je prends un café avec Son Excellence Macky Sall.

La situation politique actuelle du pays

‘’Moi, Macky Sall, je ne comprends pas ce peuple, mon peuple. A peine élu, l’on me demande des résultats. Depuis que je suis élu, je ne dors plus. Pour dire vrai, je ne dors que d’un œil. Etre président n’est pas qui veut. Je me demande pourquoi je n’ai pas fait comme Sarkozy. Lui il a trouvé l’astuce. Il est allé se reposer sur le yacht de son ami Bolloré. Et cela lui a permis de se mettre dans les habits d’un président de la République. Sarkozy ? Terrible président et mafieux de surcroît. Moi, je ne pouvais pas parce que la demande sociale était pressante et était à son comble. Et en plus, où pouvais-aller en villégiature ? En Casamance, à Paris ? Non ce serait trop compliqué et que dirait la presse ‘’*wooy ya yooy’’.Vocable de mon ancien Premier ministre qui ne savait pas faire de la politique. Il aimait plastronner et me faisait de d’ombre. J’abhorre cette attitude! Résultat des courses, viré et pour de bon. Sacré artiste celui-là.’’

‘’Là tout part en vrille. Tout risque de péter dans ce pays. On est assis sur des œufs voire sur des braises incandescentes. La demande sociale croit de jour en jour. Point de répit. Une impression que les lignes bougent mais le bas peuple en demande plus. Saperlipopette ! Dur d’être président d’une République plus encline à cet acronyme LMD, Lutte-Musique-Danse. Nous devons forger les mentalités. Ceci est le plus grand chantier parce que tout émane de la tête.’’

‘’Nous devons travailler, encore travailler et toujours travailler. Chanson de mon ancien mentor de l’époque. Celui-là doit aller se reposer sous les cocotiers et écrire ses mémoires d’outre-tombe. Je ne peux que lui souhaiter ce moindre mal. Rire sous cape. Nous sommes en train de combattre tout fléau qui peut miner la société et même ceux qui essaient d’attenter à la sûreté de l’Etat. Que l’opposition sache, cette riche opposition qui s’est enrichie sur le dos du pauvre contribuable, que force restera toujours à la loi et que cette force nous est très légitime. Cette meute de loups a toujours l’injure à la bouche et est prête à tout pour s’accaparer du pouvoir. *Ngour neh na mais pas à n’importe quel prix! Ils veulent que tout pète dans ce pays. Mais ce ne sera pas le cas. Nous n’allons pas transiger là-dessus. En effet, la police et l’armée sont là et sous ma férule. Mon camp est là même si dès fois, je me sens seul. Terriblement seul. Heureusement qu’elle est là ma femme, ma dulcinée, ma compagne, bienfaitrice des couches sociales les plus vulnérables. Demandez à mon ministre de la communication, Magnick Ndiaye, il ne vous dira pas le contraire, à qui j’ai conseillé de ne parler que dans sa langue natale. Un sacré gaffeur ce compagnon de route.’’

La Karimgate et le Plan Sénégal Emergent (PSE)

‘’Ah là, il s’agit d’un terrain boueux. Merci à M. Félix Paganon, l’actuel ambassadeur de la France. Il a fait le job. Eh bien, il a déjà fait germer dans le conscient collectif du peuple la future condamnation du fils d’Abdoulaye Wade. Il est bien dans le secret des dieux ! Beau travail ! Je recueillerai moins d’insultes à mon égard. Félicitations à ce diplomate qui a su tenir son rang et sa langue à Touba. Il est diantrement couillu ! Pas de *wiri wiri nari, en plein dans le mille! N’en déplaise à ceux qui hululent comme des hiboux, c’est leur problème. Ils n’ont qu’à aller rendre des comptes à dame justice que j’assimile souvent à mon ancien Premier ministre, Mimi Touré, dame toujours debout, laminée par Khalifa Sall, l’actuel locataire de la mairie de Dakar. Khalifa? Celui-là, il lui pousse des ailes et passe tout son temps à se faire passer pour une victime. Il pratique la politique de l’autruche avec son fameux emprunt obligataire. Je ne l’empêche pas de tracer sa route mais il gesticule comme Karim Wade.’’

‘’Mais je le laisse avec Ousmane Tanor Dieng, son patron, qui se chargera de le déplumer à condition que ce dernier ne me pas plante un couteau dans le dos. Ces socialistes et tous les autres, tous des trotskistes ! Cela, Wade, mon père spirituel, me l’avait bien appris même si aujourd’hui je le désavoue publiquement. Le compagnonnage en politique ne rime jamais avec amitié. Tous des traitres ! Je peux l’avouer mais j’ai été de cette race de politiques et je ne le suis plus. Quant à Karim, lol. Du fond de sa cellule, dopé par je ne sais qui ; les sondages, ses troubadours, ses lèche-bottes, son pater, il se voit futur président de la République. Ce gosse rêve debout. Au lieu de se dépêtrer de la CREI, il pense à un destin national. Eh oui tout est possible sous nos cieux.’’

‘’Il a raison tout de même mais bon le verdict est déjà tombé. Demandez à M. Paganon, mon ami, l’effaceur. Moi je n’ai jamais pensé que je deviendrai un jour président, pire quand je rasais les murs au Pds. Quel parti ! Il n’est plus que l’ombre de lui-même. Son fondateur, de nos jours, s’adonne à un sport favori. L’insulte à la bouche. J’ai connu Abdoulaye Wade frétillant de jeunesse eu égard à son âge mais là, on dirait un homme sorti des temps de glace. Je me réjouis de ce qui se passe au Pds, ce parti de pilleurs de deniers publics.’’

‘’Quant à moi, je n’ai jamais pris un centime de l’état sénégalais mais mon maître Wade était généreux, l’homme le plus diplômé du Cap au Caire, qui est tombé plus bas que son postérieur. Karim Wade, laisse béton ! Laissons-le se défendre ! A-t-il une chance avec cet ‘’avocaillon’’ d’Amadou Sall qui le défend contre vents et marées tout en se prenant pour Hercule. Pauvre petit avocat ! Je me demande où il a appris le Droit. Lui et l’Esprit des Lois, ce sont deux choses diamétralement opposées ! Il faut le dire. On appelle un chat un chat. Limité et l’injure facile suintante. A la place des neurones des muscles. Il est de même acabit que Wade père. Il mérite Rebeuss mais je me demande si Rebeuss le mérite…’’

‘’De Karim Wade, je peux vous assurer que je garde de bons souvenirs. De garçon sympathique et bien élevé à Papa m’a dit, il n’y a qu’un pas et c’est le gnouf. Je le leur avais dit implicitement mais les Wade n’en font qu’à leur tête. Même Idrissa Seck le leur avait dit, mais que nenni. Quel destin oblique ! Vous savez que dans mon programme de campagne il était mentionné,’’ Que celles et ceux qui ont violé les lois et pillé l’économie de notre pays croupissent à Rebeuss !’’ Ceci est une demande sociale et n’est pas de mon ressort.’’

‘’Je peux avouer que Karim, avec l’aide de la presse locale et internationale, a tout foiré et surtout la visibilité de mon Plan Sénégal Emergent. Mon fameux PSE. Ce beau programme conçu par des experts et qui m’a coûté la peau des fesses. Plan conçu sur le dos du pauvre contribuable sénégalais, l’abonné toujours absent aux décisions. Wade avait son NEPAD et son plan de retour à l’agriculture.’’

‘’A moi mon fameux éléphant blanc que d’aucuns moquaient. Le PSE fait son chemin, *bilahi walahi talahi. Clin d’oeil à Fabrice Nguema pour cette phrase, le fameux ‘’revueur’’ de presse. Et que dire d’Ahmet Aidara avec cette voix qui dérange. Vivement l’enchantement de ce pays même si tout est gris et triste ! Cherté de la vie, grève dans le milieu scolaire et universitaire. J’essaie d’apporter des solutions. Je ne cherche pas à les comprendre parce que ce serait peine perdue. Au Sénégal, il faut avancer et essayer de ne rien comprendre sinon *do dém. Un homme averti en vaut deux.’’
‘’Je m’attends à des lendemains qui déchantent. Surtout le 23 mars, jour du fameux verdict du procès de Karim Wade, mon frère. Hélas je ne peux rien faire pour lui, les dés sont déjà pipés, oups, jetés. Dans ce pays, il existe une séparation du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire. Et oui mon frère, je ne peux sauver ta ronde tête de semi-sénégalais. Je te l’avais dit, tabaski viendra et tu vas bien bêler comme un mouton. L’agneau du sacrifice, je peux dire du bout des lèvres. Dans ce dossier chaud comme la braise, je ne peux ni avancer ni marcher à reculons sinon je serai guillotiné sur la place publique. Aléa jacta est ! Je ne peux rien faire, frère de parti. Non de mon ancien parti’’.
‘’Ce qui risque de mettre encore de l’huile sur le feu est la durée de mon mandat présidentiel. Comme je suis un peu bête, piqué par je ne sais quelle mouche de Magnick, et à cause de mes réactions épidermiques et une fierté inouïe, j’ai décidé de réduire le mandat de sept à cinq ans. Je ne vais pas faire comme l’apôtre du *wah wahett. Le peuple ne me le pardonnera jamais. Je serai obligé de passer par la voie référendaire qui sera soumise au peuple en 2016. Ce référendum coûtera cher mais les sénégalais aiment les élections. Un pays en perpétuelle campagne électorale, incroyable mais vrai.’’

Ma famille et les affaires de l’Etat

‘’Hé oui, le Sénégal est un sacré pays de démocratie que j’essaie de mettre sur les rails de la bonne gouvernance. Bonne gouvernance, oui, mon cheval de bataille du fameux PSE. Je parle de cela à tue tête et muni de mon bâton de pèlerin à travers villes et campagnes. J’ai l’impression que le travail que j’abats est en train d’être sapé par ma famille dont mes contempteurs qualifient de ‘’triumvirat’’, d’où cette fameuse appellation, Sall-Faye-Timbo-Gassama. On m’a toujours appris en politique à ne jamais mélanger les jus de bissap et de gingembre sinon ça pourrait être un cocktail détonant. Et oui les faits sont là et sont têtus. Le cas des Wade père et fils. A vouloir vaille que vaille mêler sa famille dans les affaires de l’Etat, le café sera amer à boire. Un café avec, après mon règne risque de créer des problèmes. Alors il est temps que je réagisse avant que le feu n’atteigne la paille de ma maison et brûle tout.’’

POUYE Ibra
ibpo2004@gmail.com


‘’*wooy ya yooy’’ : la presse qui parle de tout sujet et polémiste de surcroît
*Ngour neh na mais pas à n’importe prix!: il est bon d’être au pouvoir mais pas à n’importe quel prix!
*wiri wiri nari : tourner autour du pot
*bilahi walahi talahi : jurer avec insistance
*do dém : ne pas avancer
*wah wahett : dire et se dédire











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