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Un gouvernement de droite ou de gauche ? Non, social-libéral !

Pour le PS, le gouvernement Philippe « penche trop à droite ». Pour le journal du PCF, l’Humanité, il « penche dangereusement à droite ». Pour Jean-Luc Mélenchon, « c’est un gouvernement de droite. Point ». Quant aux Républicains, ils dénoncent un « gouvernement de gauche ».


Rédigé par leral.net le Vendredi 19 Mai 2017 à 22:38 | | 0 commentaire(s)|

Quelle confusion !
 
Tous ces responsables raisonnent avec des catégories politiques anciennes qui viennent d’exploser sous nos yeux, ce qu’ils se refusent à admettre. Que ce gouvernement soit de gauche ou de droite n’a strictement aucune importance. Le clivage gauche-droite, avec cette élection, a encore franchi une nouvelle étape vers sa dilution totale. Certes, il existe toujours des citoyens se réclamant de la gauche ou de la droite, des partis politiques en font leur bannière. Il est probable que cette distinction et ces affiliations se perpétueront encore longtemps.
 
Cependant la pertinence de ce clivage pour expliquer les enjeux de société et les alternatives politiques possibles ressemble aujourd’hui, aux astres morts dont on voit encore la lumière alors qu’ils ont disparu.

Avant, la gauche était censée défendre les intérêts des petits, du monde du travail, alors que la droite défendait les intérêts des grands, ceux du capital. Ce clivage a connu une réalité incontestable à différentes périodes de l’histoire. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les grands partis de gauche et de droite sont désormais d’accord sur l’essentiel, c’est-à-dire sur les politiques de mondialisation néolibérale. Les différences entre eux sont devenues secondaires.

 
Partout en Europe, les partis de gauche gouvernent depuis des années avec la droite pour mener des politiques néolibérales identiques.
 
En France, nous venons de copier l’Allemagne avec un gouvernement de « grande coalition » qui ne dit pas son nom
 
Le premier geste politique de Macron, d’ailleurs, en allant voir Angela Merkel à Berlin, possède une très haute valeur symbolique. C’est la confirmation de la soumission de la France à un gouvernement allemand qui porte une responsabilité totale dans la crise européenne, notamment par ses excédents commerciaux colossaux. Si Macron avait voulu « casser les codes », comme on nous le dit sans désemparer sur les grands médias, il devait se rendre à Moscou rencontrer Poutine. Il aurait alors porté un message universel de paix et de réduction des tensions internationales aux grandes conséquences.
 
C’est pourquoi les commentaires du PS, du PCF, de la France Insoumise, de la droite sont inappropriés. Ce gouvernement est à la fois de droite et de gauche. Mais surtout, il est mondialisateur, néolibéral, atlantiste et européiste. C’est tout ce qui importe. Le fait de chercher à savoir s’il est un peu, beaucoup ou pas du tout de gauche ou de droite, n’a aucun intérêt.
 
Cette situation étrange – on peut même parler d’une farce - fait écrire au journal Le Monde daté du 19 mai 2017, sur toute la largeur de sa Une « Macron : le pari osé du pluralisme ». C’est vrai, il y a du pluralisme dans ce gouvernement, on ne peut le nier. Mais il porte sur des questions annexes. Sur les grandes questions stratégiques, les ministres sont tous d’accord, ce sont des mondialisateurs. Il n’y a donc aucun « pluralisme » mais au contraire, une très forte homogénéité social-libérale, c’et la pensée unique.
 
Quelles sont ces grandes questions stratégiques ?
 
C’est la souveraineté de la France dans tous les domaines, la maîtrise de son commerce international, son indépendance face aux marchés financiers, le niveau et la qualité de l’emploi, le développement des services publics et de la protection sociale, la défense de l’environnement, la paix…
 
Avec Macron le système capitaliste a confirmé sa faculté d’adaptation puisqu’il a fabriqué un nouveau produit pour que rien ne change dans son système de domination.
 
Le vrai clivage est aujourd’hui, entre les classes dominantes et les classes dominées, entre l’oligarchie et le peuple, entre les mondialisateurs et les mondialisés, entre les néolibéraux et les démondialisateurs.
 
Seuls les candidats du Parti de la démondialisation portent ce projet magnifique et enthousiasmant de démondialisation pour le XXIe siècle: faire sortir la planète des guerres, de la destruction de la nature, du mépris de l’être humain.
 
La démondialisation ?
 
C’est le moyen de faire redémarrer les processus démocratiques en sortant unilatéralement des instances supranationales néolibérales comme l’euro, l’Union européenne, l’OTAN ou l’OMC. Les conditions seront alors créées pour faire repartir le progrès social et environnemental et la paix. Des mesures protectionnistes permettront de mettre fin à la guerre commerciale et à la concurrence déloyale. Le démantèlement des marchés financiers redonnera aux États les moyens de remettre l’histoire dans le sens de la marche
 
Car avec Macron, c’est En Marche… arrière !